Devant la presse ce vendredi 3 décembre 2020 à Kinshasa, le patron de l’église catholique congolaise, Fridolin Ambongo aura été trop direct dans ses différentes réponses.
Loin de craindre que l’aveux selon lequel la RDC soit en guerre ne suscite la frilosité des investisseurs à venir au Congo, l’archevêque de Kinshasa estime plutôt que les investisseurs ne sont pas ignorants de la situation que traverse la RDC.

« les investisseurs connaissent très bien la situation du Congo. Et ce sont ces mêmes investisseurs qui sont parfois derrière le désordre à l’Est là bas. Soyons réalistes, il y a beaucoup de gens qui ont fait des affaires au Congo pendant les périodes troubles plutôt qu’en temps de paix. Les investisseurs sont des braves garçons, des braves filles qui savent comment trouver leur chemin dans cette situation. D’abord il n’y a même pas d’investissement au Congo. Nous ne parlons pas de la guerre et il n’y a pas d’investissement. Le Congo est considéré comme un pays à haut risque pour les investissements. Ceux qui investissent, c’est généralement de façon mafieuse. Ce sont des grands mafieux qui font des affaires au Congo avec la complicité des fils et des filles du Congo qui sont en situation de pouvoir, que ce soit les politiciens ou dans l’armée. Les vrais investisseurs n’investissent pas au Congo. Nous avons tout intérêt de regarder la réalité en face et que la presse fasse son travail de communication et d’éducation de la population », a déclaré le cardinal Fridolin Ambongo en réponse à une question lui posée par un confrère.

Il pense qu’il appartient à la presse de relayer son message dans ce sens, car le pays est réellement en guerre, affirme le prélat catholique; et cela concerne tous les congolais – de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud – dans la mesure où la situation que connait les populations de Beni-Bitembo, Uturi-Bunia et à Rutshuru-Minembwe est catastrophique et très critique.

Par conséquent dit -il, aucun congolais digne ne peut rester indifférent alors qu’une partie de la nation est en proie à des activités criminelles.

La mafia a horreur d’un pays organisé et respectueux des procédures légales, trop longues et complexes. Elle préfère une situation désorganisée qui permet de contourner les barrières législatives en un temps record pour tirer le maximum d’avantages. Et la figure du Congo épouse les contours de ce profil favorable à la mafia. Rien que le nombre de détournements et de contrats sans le moindre appel d’offres en sont les symptômes.

Alain St. Bwembia