C’est un Faustin Boika très critique, avec un regard interrogatoire sur l’avenir de la RDC que votre média en ligne, a interviewé ce mardi 28 janvier 2020.
Les yeux rivés sur plusieurs rapports et documents d’enquêtes parlementaires,le député national – élu de la circonscription électorale de Bikoro – dans la province de l’Equateur et Secrétaire National du Mouvement de Libération du Congo chargé des Transports et voies de communication, comme beaucoup d’autres députés, dresse plutôt un  bilan lamentable et catastrophique pour l’an 1 du successeur de Joseph Kabila à la magistrature suprême.

Ci-dessous l’intégralité de cette interview.

Politiquerdc : Monsieur le député Faustin BOIKA bonjour!
Quel est le bilan de cette première année de Félix Tshisekedi au pouvoir ?

Faustin BOIKA: Bonjour monsieur le journaliste !

Je dois vous répondre sans ambanges, que le bilan de l’an 1 de Félix Tshisekedi est lamentable et catastrophique. Son était essentiellement basé sur l’amélioration des infrastructures des Transports et voies de communication. C’est le cas du programme d’urgence ou des 100 jours; on dirait mieux le programme de son quinquennat dans la mesure ou je remarque que plusieurs travaux lancés n’ont pas encore pris fin et continuent à faire saigner l’argent du Trésor Public.
Évaluer à plus de 350 millions de dollars, nous en sommes aujourd’hui à plus de 2 milliards 800 millions de dollars américains décaissés. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est un rapport officiel de l’ODEP , l’Observatoire de la Dépense Publique. 84% des marchés publics sont passés de gré à gré. Prenez le cas de la réhabilitation de l’avenue de l’Université et l’avenue Assosa dans la commune de Kinshasa qui ont été déjà financé par le gouvernement sortant avant l’arrivée de Félix Tshisekedi; ces routes ont été financées pour la deuxième fois par l’équipe de l’actuel président dans le cadre du programme des 100 jours. Je me pose des questions en tant qu’élu : à quoi joue-t-on en faisant ce double financement? Si ce n’est pas NOS POCHES D’ABORD au lieu du peuple d’abord? Et ce matin c’est le ministre des Finances Sele Yalaghuli qui a dit sur Top Congo, qu’il y a un écart entre l’exécution financière et l’exécution physique des travaux.

Politiquerdc: plus de 4 provinces ont été ciblées pour la réhabilitation des routes en plus des provinces de l’espace Kasaï. Cela n’est-il pas une satisfaction pour le peuple?

Faustin BOIKA : (…rire…) De quel peuple vous parlez? Parce que moi je suis un élu du peuple et au niveau national. C’est nous qui recevons les appels , les plaintes, les doléances , les joies et peines de ce peuple chaque jour…
De 375 km de routes réhabilitées… laissez-moi vous dire que le peuple ne trouve pas son compte. C’est du tape à l’œil. tous ces projets orchestrés à la vas-vite pour saigner les caisses de l’État et se remplir les poches. Vous avez des exemples devant vous, les sauts-de-mouton à Kinshasa. Ça fait 4 semaines que les chantiers sous exécution de Safricas sont aux arrêts, les ouvriers renvoyés chez eux par manque d’argent. Ne parlons pas des embouteillages inévitables que cette situation cause. Et cela a une incidence directe sur les coûts de transport des Kinois,rendant la circulation extrêmement difficile à Kinshasa. Le prix de taxi a augmenté. Est-ce que les 375 km de route réhabilités ont permis aux villageois d’évacuer leurs produits agricoles de Bikoro à Mbandaka? Non. Pour un gouvernement qui déclare l’agriculture priorité des priorités, ce sont les routes de désertes agricoles qui sont plus importantes que de couler du béton sur le macadam qu’on a à Kinshasa? Pourquoi pas améliorer la navigabilité des nos cours d’eau qui peuvent faciliter la liaison fluviale entre la capitale et nos provinces ?. Je n’aimerais pas parler de nos aéroports. Tenez à l’aéroport de Gbadolite, le transporteur d’une pièce de 2 tonnes pour la centrale Hydroélectrique de Mobayi Mbongo n’ a pas pu être déchargé… Ils ont été obligé d’aller à Gemena. Cet aéroport n’est pas entretenu ni équipé. Aucun aéroport n’a subit la moindre réhabilitation. Et aucune politique n’a été mise en place de manière urgente ou juste pour renforcer l’aviation civile… Le président lui-même à été frappé au plus profond de son être par un accident d’avion. Ne parlons pas des naufrages dans nos Lacs. Les moyens et les infrastructures de transport ont été tout simplement oubliés par ce pouvoir qui commence. Alors qu’un pays ne peut pas émerger sans développer et investir dans les voies de communication qui améliorent le transport des citoyens et de leurs marchandises .

Politiquerdc: votre mot de la fin?

Faustin BOIKA : Je présente mes vœux à mon électorat. Je vais bientôt en vacances à Bikoro et je dois faire 4 jours pour parcourir la centaine de kilomètres qui séparent Mbandaka de Bikoro. Le régime précédent et celui-ci ont mis de côté depuis très longtemps le Grand Équateur. Le régime précédent comme celui n’ont jamais coupé un seul ruban dans la province de l’équateur. Et tant que cette situation persistera, nous eleverons toujours très haut notre voix pour les intérêts de la population. Merci !

Propos recueillis par : Alain Bwembia