Politique

RDC : en pleine capitale, l’Assemblée provinciale de Kinshasa a voté son bureau définitif dans le noir

C’est à une scène incroyablement honteuse qu’ont assisté les journalistes et autres visiteurs venus assister à la plénière de ce lundi 11 mars 2019 à l’Assemblée provinciale de Kinshasa, APK en sigle.

En effet, on savait que le délestage est entré dans les mœurs au sein de nombreux foyers de la RDC, mais personne ne pouvait imaginer que ce fléau a atteint même une respectable institution qu’est l’Assemblée de la capitale Kinshasa, vitrine de la RDC. La réalité est cruelle, mais c’est la vérité.

En effet, les députés provinciaux ont passé la journée parlementaire comme s’ils étaient en pleine forêt de l’arrière-pays. Et pour cause, la séance plénière de ce jour s’est déroulée dans une salle plongée dans le noir, faute d’électricité.

Toute la journée consacrée à l’élection des membres du bureau définitif s’est déroulée dans une atmosphère particulièrement difficile. Sans électricité, d’autres difficultés se sont ajoutées à l’état sombre de la salle: la chaleur et les difficultés de porter la voix dans l’autre bout de l’hémicycle. Tout le monde avait les habits trempés de sueur, sans parler des odeurs corporelles.

Jusqu’au moment où nous quittions la salle de plénières aux environs de 19heures, les lieux étaient dépourvus d’éclairage alors que le soleil avait retiré ses rayons. La mise en mouvement de l’article 15 – entendez la débrouillardise – a heureusement permis aux députés de sauver la face. 3 lampes torches de fabrication chinoise ont été utilisées pour tenter d’éclairer l’hémicycle. Le vote a pu avoir lieu et le bureau a été constitué, heureusement.

Mais pour se faire entendre dans la salle, le bureau a recouru à un mégaphone de fortune.

De l’aveu de quelques députés qui se sont confiés à politiquerdc.net, la situation rencontrée ce jour par l’APK dénote incontestablement la mauvaise organisation, à la fois du bureau provisoire et de l’administration de cet organe délibérant.

Et d’aucuns se demandent comment la première institution de la capitale pouvait tomber si bas, au point de manquer un groupe électrogène – même de location – pour pallier à toutes les éventualités et permettre aux députés de travailler dans les conditions plus acceptables? Et le comble du ridicule, même pour communiquer, le microphone passait d’un intervenant à un autre.

Le nouveau bureau dirigé par le pasteur et député FCC, Godefroid Mpoyi Kadima, devra tout entreprendre – sans délai – pour remédier à ces insuffisances.

Pour rappel, le siège de l’Assemblée provinciale de Kinshasa a été construit et équipé grâce au financement de l’Union Européenne. À ce jour, le seul groupe électrogène offert par l’Union Européenne est hors service et l’institution n’a pas réussi à le faire réparer ni à le remplacer. Faudra-t-il ranger slogan souverainiste au placard pour tendre à nouveau la main au bienfaiteur étranger ?

Dossier à suivre !

Rédaction

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