Analyses

RDC : en se desengageant du pacte de Genève, F.Tshisekedi et V. Kamerhe tolalement disqualifiés dans l’opinion

Alors que l’encre de leur signature à l’accord de Genève n’a pas encore séché, deux des sept leaders de l’opposition congolaise viennent d’opérer un revirement spectaculaire qui aura laissé plus d’une personne bouche bée.

Félix Tshisekedi, président de l’udps, et Vital Kamerhe, président de l’UNC ont tous deux renié l’engagement pris de commun accord avec leurs pairs de l’opposition 24 heures auparavant, sur un même mode opératoire.

L’un après l’autre, au téléphone de nos confrères de Top Congo FM, une radio émettant de Kinshasa , filmé par un complice et récitant presque texte identique en guise de prétexte, ont déclaré avoir retiré leur signature à la demande de leurs bases politiques respectives. Cette coïncidence est troublante.

Et pourtant, juste après la signature du communiqué final à l’issue du conclave de Genève, c’est Félix Tshisekedi qui était le premier à se prononcer favorablement au choix de Fayulu, promettant au passage de convaincre sa base d’agréer et de soutenir le résultat du vote auquel il a participé, sans contrainte ni réserve.

 » (…), le changement passe aujourd’hui par Martin Fayulu. S’ils veulent (Ndrl, les militants de l’udps) continuer avec la gouvernance de la Kabilie, ils auront à faire leur choix, mais moi, j’ai opéré le mien, celui du changement. Et aujourd’hui, c’est Fayulu qui incarne le changement ». C’est ce que Félix Tshisekedi déclarait encore dimanche soir à la presse.

Tout le monde s’accordait à dire que l’unité de l’opposition que l’on croyait impossible s’est réalisée à la date anniversaire de l’armistice, mais il aura fallu 24 heures seulement, dans l’après-midi de ce lundi 12 novembre, que l’on enregistre la dissidence des deux précités.

Qu’est-ce qui aurait pu – pour le cas de Felix Tshisekedi – expliquer ce rétropédalage 24 heures plus tard ?

En retirant sa signature de l’accord, Felix Tshisekedi a-t-il désormais avalisé le statu quo, c’est-à-dire le maintien de la Kabilie, contre laquelle il s’opposait pour justifier le choix de Martin Fayulu, à l’issue du conclave de Genève ?

Nombre d’observateurs sont médusés devant cet étrange volte-face de l’héritier politique de feu Étienne Tshisekedi Wa Mulumba, suivi immédiatement de celui de l’ancien secrétaire général du PPRD au point de se demander quelle crédibilité peuvent-ils encore mériter devant les partenaires politiques nationaux et internationaux, sans parler de leur image au sein de l’opinion congolaise?

Comme l’on pouvait naturellement s’y attendre, c’est le camp de la Kabilie qui se frotte les mains, allant jusqu’à adresser l’averse de félicitations à ces deux « opposants » pour leur supposé courage, d’avoir renoncé aux engagements pris en toute liberté.

 » Je vous dis sincèrement que Felix Tshisekedi et Vital Kamerhe auront de la peine à convaincre sur le plan politique et diplomatique. Leur chance de diriger un jour ce pays s’amenuise. Moi, je pense qu’un véritable leader est celui qui montre la voie à suivre et non celui qui se laisse entraîner par les émotions de sa base. Pire, leur volatilité est indigne d’un homme d’Etat et elle n’est de nature à attirer ni à rassurer un partenaire sérieux. L’incertitude révulse et d’aucuns ne souhaiteraient, pour rien au monde, travailler avec un cocontractant prompt à remettre en cause son engagement (…). C’est du moins ce que l’on a pu relever sur les réseaux sociaux dans la vague des réactions après ce brusque changement de position des deux compères, Felix Tshisekedi et Vital Kamerhe.

Longtemps suspecté de rouler au compte de la Kabilie, Vital Kamerhe vient de renforcer l’image de taupe qui lui colle solidement à la peau et qu’il faudra du temps, peut être encore des années pour s’en défaire. Il en est de même de Fatshi dont on dit qu’il est tenu en laisse par la Kabilie, tel un chien, à la suite de certaines pièces de son dossier de candidature.

Nonobstant ces deux défections, Martin Fayulu peut encore compter sur le soutien de Jean-Pierre Bemba, Moïse Katumbu, Freddy Matungulu et Adolphe Muzito, tous les quatre résolument déterminés à l’accompagner jusqu’au bout.

Rédaction politiquerdc.net

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