Analyses

RDC : Grognes sociales, un enjeu de plus, pour F.Tshisekedi!

À peine installé au pouvoir, Felix Tshisekedi est confronté à plusieurs défis, sans doute hérités de son successeur.

Au nombre de ceux-ci, on peut épingler la sempiternelle insécurité de la partie orientale du pays, mais aussi les problèmes de fourniture régulière d’eau et d’électricité, pour ne citer que ces besoins primaires.

Ce faisant, les soucis du nouveau président viennent du côté où on s’y attendait le moins. C’est la grogne sociale. Les agents et fonctionnaires de plusieurs entreprises et établissements publics accusent des arriérés de salaire et le font bruyamment savoir.

L’une des questions qui taraudent les esprits est de savoir si Félix Tshisekedi aura la gorge assez humide pour avaler la patate chaude que Kabila lui a filé! En clair, Felix Tshisekedi dispose-t-il des moyens aptes à donner satisfaction aux nombreuses revendications sociales qui se multiplient ?

Contesté au lendemain de son investiture par la cour constitutionnelle, par Martin Fayulu de la coalition Lamuka, le nouveau président de la République a du mal à passer une journée paisible.

Au-delà des grèves en chaîne, le congolais Lambda semble sceptique quant aux capacités réelles du pouvoir actuel de répondre efficacement aux doléances légitimes de ses concitoyens.

En théorie, même si le prochain gouvernement pourrait recourir au parlement pour un collectif budgétaire, lors de la session de mars prochain, les grévistes devront en principe attendre l’élaboration du prochain projet du budget de l’État en septembre prochain et son exécution – après vote – en janvier 2020 pour espérer rentrer dans leur droit.

Il reste que, dans l’entre-temps, le président devra encore cheminer avec l’encombrant réseau tentaculaire de son prédécesseur. De son propre aveu, Félix Tshisekedi a précisé que Joseph Kabila ne doit pas être considéré comme un adversaire, mais plutôt comme un partenaire.

Et le pré-carré de l’ancien président est omniprésent autour de son successeur. Peut-on compter sur ceux qui n’ont pu résoudre le problème ou l’ont créé de le solutionner ? Seul l’avenir nous le dira.

Toutefois, Tshisekedi est d’avis que la gestion du pays devra reposer sur Cach – sa plateforme électorale – et sur le FCC de Joseph Kabila, qui dispose d’une majorité parlementaire confortable de 350 députés à l’Assemblée nationale.

Peut-on croire que l’animal politique Kabila permettra à son allié de circonstance de marquer les points là où il a lamentablement échoué, en 18 ans de pouvoir?
En tout cas, de nombreux analystes répondent par la négative!

Dès lors, l’espoir du changement tant réclamé ne peut que s’amenuiser. Certains pensent que le nouveau président de la République aura l’occasion, après le temps d’apprentissage, pour le voir imprimer sa marque propre.

En attendant, grognes sociales ou pas, Félix Tshisekedi a du pain sur la planche.

Rédaction

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