Invité vendredi à répondre à l’interpellation du député national Emil Saidi Balikwisha à l’Assemblée nationale, le vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, s’est montré plus que convaincant, selon les nombreuses réactions enregistrées dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Pour sa première intervention devant la tribune de la chambre basse du Parlement depuis sa nomination au gouvernement, Jean-Pierre Bemba devait fournir des explications sur « l’accessibilité, le coût, les délais ainsi que la transparence du processus de production et de délivrance des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce » en RDC.
Dès l’entame de son exposé, M. Bemba a suscité l’enthousiasme des élus du peuple, marqué par des applaudissements frénétiques.
Loin des préjugés et des étiquettes que certains lui ont souvent collées, plusieurs députés ont dit avoir découvert une autre image de Jean-Pierre Bemba : celle d’un homme d’État animé par un sens élevé de la responsabilité, de l’éthique, de l’humilité et de l’écoute.
« C’est avec un profond respect pour les institutions de la République, un attachement indéfectible aux valeurs démocratiques, un sens élevé de la responsabilité gouvernementale et de la redevabilité que je me présente devant votre auguste Assemblée, expression suprême de la souveraineté populaire et dépositaire légitime de la confiance du peuple congolais », a déclaré en liminaire le numéro1 des Transports en RDC.
« Je suis bien loin de vouloir me soustraire à l’autorité des dignes représentants du peuple », a-t-il enchaîné.
Le vice-Premier ministre a commencé également par rappeler les précédentes initiatives parlementaires dont il a déjà fait l’objet sur ce même dossier.
« Depuis ma prise de fonctions en qualité de vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, en juin 2024, j’ai inscrit ce dossier au rang des priorités stratégiques de l’action gouvernementale, conscient qu’il touche directement à la mobilité des citoyens, à la sécurité routière et à la crédibilité de l’État, car le permis de conduire n’était plus délivré en République démocratique du Congo depuis 2017 », a déclaré le VPM des Transports.
Rappelant au passage qu’« un contrat de partenariat public-privé a été conclu le 8 février 2022 pour une durée de dix ans avec la société OTOJUSTE SARL pour la production de cinq millions de permis de conduire biométriques sécurisés avec puce », il a expliqué que l’évaluation de ce partenariat avait conduit,après sa nomination au ministère des transports, à plusieurs innovations.
« Un avenant a porté la production à sept millions de permis et la clé de répartition des revenus a été revue à 50 % pour l’État et 50 % pour le partenaire privé, contre 40 % et 60 % initialement convenus », a-t-il précisé.
Selon ses explications, le partenaire privé s’est engagé à financer le projet à hauteur de 102 134 539 dollars américains TTC.
« La relance de la production et de la délivrance se fait dans un cadre institutionnel rigoureux, associant l’ensemble des services techniques et des institutions concernées, et reposant sur les principes de transparence, d’efficacité et de bonne gouvernance à travers les 23 sites prévus », a-t-il indiqué.
Et de poursuivre : « ce dossier n’est pas une simple réforme administrative. Il est l’expression de la volonté irréversible de l’État congolais de moderniser ses instruments de souveraineté, de garantir à chaque citoyen l’accès à un document sécurisé, reconnu à l’international, et de restaurer la confiance du peuple dans l’action du gouvernement».
Après ses réponses aux sept questions de l’interpellateur, plusieurs députés se sont succédés à la tribune et ont, de manière presque unanime, salué l’action du vice-Premier ministre Jean-Pierre Bemba.
« Nous avons compris que le VPM est un patriote, quelqu’un qui aime ce pays. Il y avait beaucoup d’intoxication. Certains disaient qu’il avait peur de l’Assemblée nationale, mais aujourd’hui ils sont confondus », a déclaré un député.
Un autre élu a estimé que « le VPM ici présent est un homme très compétent » et a recommandé « un meilleur suivi des instructions données sur le terrain ».
« J’apprécie totalement votre politique au ministère des Transports », a salué un autre intervenant.
Un député a également déclaré : « de façon magistrale, il a répondu à toutes les préoccupations. C’est grâce à lui que nous avons aujourd’hui un aérodrome homologué à Bolomba. »
« Félicitations pour ce discours magistral qui a démontré votre capacité à changer la situation », a lancé un autre parlementaire.
« Cela fait trois ans que nous réclamons la présence du VPM dans cette Assemblée… Il faut reconnaître que le permis de conduire est une réussite », a souligné un autre intervenant.
Les éloges adressés au vice-Premier ministre ont finalement conduit à une motion de procédure mettant fin aux débats après une vingtaine d’interventions, afin d’éviter les répétitions et de passer directement aux recommandations.
Dans sa conclusion, l’auteur de l’interpellation, visiblement convaincu par les explications fournies, a recommandé au VPM de retirer son communiqué portant sur le moratoire accordé à la population jusqu’au 30 juin 2026 avant le lancement des contrôles sur le terrain. Selon lui, cette mesure demeure difficilement applicable tant que les sites de délivrance ne sont pas encore installés sur l’ensemble du territoire national.
Il a également recommandé au VPM des transports de veuiller à la décentralisation des services de délivrance de permis partout et non seulement aux chef-lieu des provinces, ainsi que de renforcer la communication avec les usagers .
Concernant justement le déploiement des centres de délivrance à l’intérieur du pays, Jean-Pierre Bemba a expliqué que le processus accusait un retard en raison du fait que plusieurs gouverneurs n’ont pas encore mis à disposition les sites nécessaires à l’installation des infrastructures du partenaire privé.
Il a promis de revoir cette question avec les gouverneurs concernés.
S’agissant du coût du permis, le VPM a indiqué que le permis pour les motocyclistes est fixé à 38 dollars, soit en dessous du seuil de 50 dollars recommandé par certains députés.
Il a également promis, sans toutefois prendre d’engagement formel, d’examiner avec le partenaire privé la possibilité d’une réduction du coût des permis destinés aux conducteurs de véhicules. Il a néanmoins précisé que cette démarche ne serait pas aisée, les modalités du contrat ayant déjà été validées par le Conseil des ministres.
L’Interpellation (la mise en cause de la responsabilité), c’est le moyen de contrôle parlementaire le plus rigoureux. Il vise à mettre en cause la responsabilité politique d’un membre du Gouvernement ou du Gouvernement tout entier (Premier ministre).
Conséquences : À l’issue d’une interpellation, les députés peuvent décider de déposer une motion de défiance (pour un ministre) ou une motion de censure (pour le Premier ministre ou le Gouvernement). Si la motion est votée, la personne interpellée est obligée de démissionner. Ce qui n’était pas le cas pour le VPM Bemba, la plénière, tout comme l’initiateur de l’Interpellation, ayant été convaincus des explications fournies par le patron des transports.
Rédaction






















































