Alors que la polémique enfle autour de la disparition « suspecte » de la participation de l’État congolais dans le capital de Plantations et Huileries du Congo (PHC S.A.), les explications avancées par l’ancien ministre du Portefeuille, Jean-Lucien Bussa « à travers le directeur général de cette société », peinent à convaincre le député Bushab, qui suit de prêt ce dossier. Pour ce dernier, la thèse d’un simple retrait de l’État de l’actionnariat ne résiste ni aux faits ni aux exigences de la loi.
Dans une miseau point publiée mercredi sur les réseaux sociaux, ce parlementaire estime que l’argument selon lequel l’État congolais aurait perdu sa qualité d’actionnaire faute d’avoir honoré ses engagements financiers apparaît difficilement soutenable.
Il rappelle que l’État figurait officiellement parmi les actionnaires de PHC SA et que toute sortie du capital d’une entreprise du portefeuille public doit obéir à une procédure strictement encadrée par la loi n°08/008 du 7 juillet 2008 relative au désengagement de l’État des entreprises publiques.
Or, c’est précisément sur ce point que se cristallisent les critiques.
Ainsi, a-t-il dénoncé un « passage en force » lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 11 août 2025, au cours de laquelle aurait été entérinée la disparition de la participation de l’État sans respect des mécanismes légaux prévus en la matière.
Par ailleurs, le même 11 août 2025, Jean-Lucien Bussa a signé une procuration spéciale désignant William Bolima Bolitshi pour représenter l’État à cette assemblée.
Une démarche qui soulève des interrogations puisque l’ancien ministre expédiait alors les affaires courantes après sa permutation au ministère de l’Aménagement du Territoire, à la suite du remaniement gouvernemental du 7 août 2025.
Pour ce député, « cette circonstance est loin d’être anodine ». Il invoque l’article 6, alinéa 4, de l’Ordonnance n°24/88 du 11 novembre 2024, qui interdit toute décision engageant les actifs de l’État pendant la période d’expédition des affaires courantes. Dès lors, la légalité de la représentation de l’État lors de cette assemblée et, par extension, celle des décisions qui y ont été prises se retrouvent au cœur des interrogations.
Au-delà des arguments développés dans les communiqués et contre-communiqués, une question demeure : comment une participation publique représentant près d’un quart du capital d’une société stratégique a-t-elle pu disparaître sans qu’aucune procédure formelle de désengagement de l’État n’ait été clairement établie ?
Une interrogation qui continue d’alimenter le débat et d’attiser les soupçons sur la responsabilité directe de M. Bussa autour du dossier PHC SA.
Pendant ce temps, toutes les initiatives parlementaires, notamment la question orale avec débat et la question écrite sans débat du député national Bushab, adressées respectivement au ministre Bussa et à son collègue de la Justice Guyaume Ngefa, à la suite de la correspondance de la Première ministre, sont jusque-là restées sans réponse.
L’on se demande pourquoi l’Assemblée nationale garde -t-elle le silence face à cette question qui alimente les débats médiatiques depuis plus de deux mois.
Affaire à suivre !
Judith Inanga

















































