Plus d’un demi-siècle après la disparition des opérations de balisage sur cette partie du réseau fluvial congolais, le gouvernement veut remettre les voies d’eau au cœur de sa stratégie de désenclavement. Jeudi 9 juillet, le vice-Premier ministre en charge des transports, Jean-Pierre Bemba, a officiellement réceptionné à Kindu, chef-lieu du Maniema, dans l’est de la RDC, le baliseur « Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo », désormais affecté à la Régie des Voies Fluviales (RVF).
Au-delà du symbole, cette mise en service marque la reprise d’une activité technique devenue quasi inexistante dans cette région depuis plus de cinquante ans. Le nouvel équipement devra assurer le balisage du tronçon Kindu-Ubundu, long de 315 kilomètres, un axe stratégique dont la sécurisation est attendue par les opérateurs du transport fluvial et les populations riveraines.
La cérémonie s’est déroulée en présence du gouverneur du Maniema, Moïse Mussa Kabwankubi, des dirigeants de la RVF, notamment le président du Conseil d’administration, André Pungwe Songwe, et le directeur général, Daniel Lwaboshi, ainsi que de plusieurs députés provinciaux.
A cette occasion, Jean-Pierre Bemba a annoncé la poursuite du programme de modernisation du réseau fluvial. Un deuxième baliseur est attendu sur l’axe Bukama-Kongolo, soit 650 kilomètres de voies navigables, tandis que de nouvelles campagnes de balisage seront progressivement déployées sur d’autres corridors du pays.


« Ce baliseur vient renforcer les capacités opérationnelles de la Régie des Voies Fluviales dans l’accomplissement de sa mission de sécurisation de la navigabilité sur les voies d’eau intérieures, estimées à 25 000 kilomètres à l’état naturel, dont près de 15 000 kilomètres ont été explorés et catégorisés », a déclaré le vice-Premier ministre.
M. Bemba a toutefois tenu à lever toute ambiguïté sur la vocation de cette unité.
Le baliseur, a-t-il insisté, « n’est ni un bateau de transport public ni un navire destiné aux activités commerciales. Il est exclusivement dédié aux missions techniques de la RVF : le transport des hydrologues, hydrographes et équipes chargées de la pose, de l’entretien et du contrôle des dispositifs de signalisation fluviale ».
Cette acquisition s’inscrit dans une politique plus large de réhabilitation des infrastructures de transport, alors que le fleuve et ses affluents demeurent, pour une grande partie du territoire congolais, les principales voies de communication.
En relançant le balisage, le gouvernement mise sur une navigation plus sûre, une meilleure fluidité des échanges et un renforcement de la connectivité entre les provinces, dans un pays où les voies navigables constituent un levier stratégique de l’intégration économique et territoriale.
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