De mobilisations de l’opposition congolaise n’ont pas pu aller à leur terme mardi 15 septembre 2026. À Kinshasa, la marche partie de l’échangeur de Limete a été dispersée avant son point de chute. À Mbandaka, dans l’Équateur, la marche de la coalition 64 (C64) n’a pas pu démarrer. Dans les deux villes, les organisateurs dénoncent des entraves à leur liberté de manifester.
À Kinshasa, la marche dispersée à Limete
La marche de l’opposition est partie de l’échangeur de Limete.
Elle devait suivre un itinéraire défini par les organisateurs. Le point de chute, selon eux, avait été convenu avec les autorités de la ville.
La manifestation a toutefois été dispersée à Limete avant d’atteindre sa destination.
Martin Fayulu, président de l’ECiDé, a dénoncé le dispositif surprenant des « Forces du progrès » au niveau de la 10e rue Limete, ayant par la suite occasionné des tirs des gaz lacrymogènes par la police, pourtant déployée pour sécuriser les manifestants.
La mobilisation avait pour principal mot d’ordre le rejet de tout projet de changement ou de modification de la Constitution de 2006.
À Mbandaka, la marche interdite avant même le départ
À Mbandaka, la C64 avait annoncé une marche pacifique pour ce mardi.
Le rassemblement devait se tenir dans plusieurs artères de la capitale provinciale de l’Équateur.
La manifestation n’a finalement pas démarré.
La police s’y est opposée en se référant à la position de la mairie. Celle-ci n’aurait pas autorisé la tenue de la marche.
Pour la coalition C64, une manifestation doit faire l’objet d’une information des autorités et non d’une autorisation préalable.
« Nous sommes dans un mode d’information et non d’autorisation », a déclaré Christophe Etofo, coordonnateur provincial de la C64.
Selon lui, son organisation avait adressé une correspondance au maire de Mbandaka pour l’informer de la tenue de la marche.
La police a néanmoins empêché le rassemblement.
La C64 réaffirme son opposition à la révision constitutionnelle
L’empêchement de la marche n’a pas empêché la C64 de faire passer son message.
Dans une déclaration à Mbandaka, la coalition a réaffirmé son opposition à tout changement de la Constitution de 2006.
Elle a appelé les députés nationaux à ne pas soutenir une éventuelle initiative allant dans ce sens, invoquant la préservation de la paix et de la cohésion nationale.
Le débat sur la Constitution dépasse désormais Kinshasa. L’opposition cherche à mobiliser dans les provinces autour de ce dossier.
La société civile appelle au dialogue
À Mbandaka, le « Parlement debout » défend une position différente.
Cette structure de la société civile estime qu’une manifestation n’est pas opportune dans le contexte actuel.
Elle appelle plutôt à la vigilance et au dialogue.
Bienvenue Joseph Mbongo Toto met en avant la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Il évoque notamment le conflit avec le Rwanda et la présence de groupes armés.
Pour le « Parlement debout », la priorité doit être donnée à une démarche de dialogue national.
La structure défend également la consultation du « souverain primaire » sur les grandes questions engageant l’avenir du pays.
Les opposants dénoncent, dans les deux cas, des restrictions à leur droit de manifester.
Les autorités et les structures de la société civile favorables au dialogue mettent, elles, en avant le contexte politique et sécuritaire du pays.
Le débat sur la Constitution reste au cœur de la confrontation politique congolaise.
Fiston Elambo






















































