Au lendemain de la chute du régime de Maréchal Mobutu et de l’avènement du régime militaire de Laurent Désiré Kabila, il fut constaté un recul démocratique par l’instauration de la dictature caractérisée, notamment par la violation excessive des droits humains, la suspension des activités des partis politiques, l’arrestation arbitraire des acteurs politiques et ceux des droits humains, mais aussi de la confiscation des biens privés.
C’est dans ce climat délétère qu’un démocrate indigné du traitement réservé à ses concitoyens s’est décidé, depuis son exil politique, de se lever pour restaurer la dignité du peuple et remettre le train démocratique sur les rails.
Cette initiative patriotique de Jean-Pierre Bemba a très vite recueilli l’assentiment d’une crème des intellectuels et différentes couches sociopolitiques du pays.
Mouvement révolutionnaire
D’abord un mouvement révolutionnaire ayant vu le jour à partir de Kisangani sous la dénomination de l’ALC (Alliance de Libération du Congo) s’est engagée dans la bataille avant de se muer plus tard en un mouvement politique au cœur des attentes des congolais.
Jean-Pierre Bemba et une poignée de compagnons ont cru à un idéal et ont entrepris, au prix de leurs vies, d’œuvrer à la restauration de la démocratie.
Ils ont à cet effet engagé la bataille contre le régime issu du coup d’État militaire de Laurent Désiré Kabila. Avec à peine « une centaine d’ éléments » recrutés et formés grâce à l’appui professionnel ougandais, Jean-Pierre Bemba et ses troupes ont livré une bataille dont les succès engagés ont surpris plus d’un observateur. Le professionnalisme, la technicité et la maîtrise des règlements militaires ont caractérisé l’ensemble des troupes et leur chef, régulièrement plébiscité de « Moïse le libérateur ».
De la révolution à la transition
Après la phase révolutionnaire qui a amené le MLC à conquérir plusieurs territoires et villes dans le nord-est et l’ouest de la République démocratique du Congo, est arrivée l’étape des négociations politiques avec le régime de Kinshasa, sous la facilitation de la communauté internationale.
À l’issue de la signature de l’accord global et inclusif de paix en Afrique du Sud, le MLC et les autres composantes ont tous consenti de se mettre ensemble, dans une gouvernance de transition.
En 2006, les premières élections sont organisées. Comme disait Staline, « ceux qui votent ne décident rien, ce sont ceux qui comptent les voix qui décident tout », à la proclamation du scrutin présidentiel par le président de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) dans un char de combat, le MLC va dénoncer le hold-up électoral, mais malgré tout, M. Bemba va accepter de faire une opposition « forte et républicaine ».
Mars 2007, malgré cette posture républicaine, l’ancien vice-président de la République est attaqué par les militaires du pouvoir sortant. Sa résistance ciblée, son hélicoptère bombardé, sa garde rapprochée réussit à assurer sa sécurité et à le mettre à l’abri de l’assaut aux Kalachnikovs de son adversaire à la présidentielle. Et c’est de là que Bemba échappe à la mort physique.
Exil politique forcé?
Après quelques jours tendus, Igwe finit par accepter d’embarquer dans son avion pour Bruxelles, officiellement pour des soins médicaux. Mais en réalité, il s’agit d’un exil politique forcé.
2008, alors que l’homme décide de regagner son pays en vue de mener l’opposition républicaine face au régime, il va être interpellé par la police belge, un certain 24 mai 2008; suite à un mandat d’arrêt sous scellé de la cour pénale internationale.
Dans l’entre-temps au pays, la machine du pouvoir s’est lancée dans le débauchage des cadres et militants du parti, dans le but d’enterrer politiquement Jean-Pierre Bemba.
Un dissident du MLC, devenu adversaire politique va même prédire : « ceux qui attendent Bemba, ils l’attendront pour longtemps, car Bemba ne pourra pas sortir de la CPI avant 30 ans ». Ce discours démobilisateur a été perçu par certains comme un coup de tonnerre, mais pour d’autres, c’était un carburant pour activer la résistance afin de mieux resserrer les rangs.
Au terme de 10 ans de détention à la CPI, le chairman du MLC sera enfin acquitté de toutes les charges.
Retour triomphal d’un fils de promesse
Presque deux mois après son acquittement, soit en août 2018, Jean-Pierre Bemba va effectuer un retour triomphal dans son pays. À Kinshasa, la capitale,une marée humaine historique l’attendait à l’arrivée et l’a accompagnée de l’aéroport international de Ndjili jusqu’au complexe commercial GB, où son cortège a été dérouté. C’est un endroit qu’il s’était vu obliger de passer la nuit, après le refus par le pouvoir de Kinshasa de le voir habiter sa résidence dans la commune de Gombe.
Candidature déposée, Jean-Pierre Bemba va faire le déplacement de Gemena, pour honorer la mémoire de son père, Jeannot Bemba, décédé 9 ans avant son acquittement.
Candidature rejetée
Alors que le peuple congolais savourait encore la libération de Bemba, « l’espoir pour effacer les affres » du régime de Kabila, sa candidature sera rejetée par la CENI pour des raisons indéniablement politiques, selon son parti.
Ainsi, le MLC va décider d’appuyer un autre candidat de l’opposition, en l’occurrence Martin Fayulu, dans le cadre de la plateforme Lamuka. 2 ans après, l’actuel Président de la République Félix Tshisekedi va décider de consulter la classe politique, notamment ses anciens compagnons de Lamuka dont Jean-Pierre Bemba, qui va accepter de lui apporter son soutien dans le cadre de l’union sacrée de la nation afin de déboulonner complètement le système Kabiliste, fort avilissant. Le MLC devient ainsi l’un des partenaires politiques du régime au pouvoir.
Dans son parcours, la machine MLC et son président national auront subi différents coups politiques, mais ces vicissitudes n’auront jamais suffi à obtenir leur anéantissement. Par contre, le parti reste debout, solide et engagé plus que jamais. Et Jean-Pierre Bemba reste un acteur majeur dont le leadership est incontestablement reconnu sur le plan national et international. Le MLC est bien représenté à travers les différentes institutions politiques du pays. Près de 100 bureaux des fédérations et représentations extérieures, dirigées par des cadres dévoués. Comme pour dire : avec Dieu, le MLC a vaincu et continuera de vaincre les épreuves politiques jusqu’à la matérialisation de son idéal politique.
Rédaction



















































