Kinshasa, le 12 juin 2026
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
C’est avec un profond respect pour les Institutions de la République, un attachement indéfectible aux valeurs démocratiques, un sens élevé de la responsabilité gouvernementale et de redevabilité que je me présente devant votre Auguste Assemblée, expression suprême de la souveraineté populaire et dépositaire légitime de la confiance du Peuple congolais.
Je suis bien loin de vouloir me soustraire à l’autorité des dignes représentants du Peuple.
Permettez-moi, avant toute chose, de saluer l’initiative de l’Honorable Emil SAIDI BALIKWISHA, Député National élu de Beni, dont l’interpellation s’inscrit dans l’exercice de la mission constitutionnelle de contrôle de l’action gouvernementale dévolue à la Représentation nationale.
Par cette démarche, il est offert au Gouvernement l’occasion de rendre compte, dans la plus grande transparence, sur une question qui touche directement à la mobilité de nos concitoyens, à la sécurité routière ainsi qu’à l’amélioration continue de la qualité des services publics.
Les préoccupations soulevées relativement à l’accessibilité, au coût, aux délais ainsi qu’à la transparence des procédures de production et de délivrance du permis de conduire biométrique sécurisé avec puce méritent toute l’attention du Gouvernement, tant elles concernent les attentes de notre population.
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
C’est dans un esprit de redevabilité, de dialogue institutionnel et de collaboration républicaine que j’ai été auditionné, le 10 avril 2025, par la Commission Aménagement du Territoire, Infrastructures et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (ATI-NTIC) de votre Chambre, à la suite de la correspondance du 04 avril 2025 de l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale, sollicitant des éclaircissements sur plusieurs questions majeures relevant du secteur des transports, notamment :
Le plan de relance de Congo Airways et la problématique de la gestion d’Air Congo ;
La gestion de la redevance Go-Pass, la traçabilité des recettes et les grandes réalisations y afférentes ;
La problématique de l’octroi des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce ;
La réhabilitation des ports publics de la RDC et la fermeture des ports dits illégaux ;
Le plan de lutte contre les embouteillages et le désengorgement des points noirs de trafic dans les grandes villes du pays ;
La gestion de la Redevance Logistique Terrestre (RLT) ;
La prolifération des services et la présence des personnes non autrement identifiés dans les différentes installations aéroportuaires.
Le 14 mai 2025, à la suite de mon audition, j’ai transmis les éléments de réponse relatifs aux 51 questions découlant des préoccupations pertinentes soulevées par les Honorables Députés nationaux.
Le 08 octobre 2025, j’ai répondu à 5 questions écrites de l’Honorable BIDUAYA SEPHORA dont :
Sachant qu’à ce jour que plusieurs sites prévus de production des permis de conduire demeurent encore non-implantés ou non fonctionnels sur l’ensemble du territoire national, quelles autres mesures préconisez-vous par rapport au moratoire fixé au 30 juin 2025 sur le contrôle de permis de conduire biométriques avec puce ?
Ne pensez-vous pas qu’il serait judicieux de renvoyer ledit moratoire à une échéance plus lointaine afin de permettre aux requérants d’obtenir les permis de conduire sollicités dans les meilleures conditions ?
Le 28 octobre 2025, j’ai répondu à l’Honorable Patrick ESHIBA KASEMUANA sur des questions relevant du secteur des transports.
Comme chacun peut le constater, la question relative à la délivrance du permis de conduire biométrique sécurisé avec puce a toujours figuré parmi les préoccupations soumises par les Honorables Députés.
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
Compte tenu de l’importance sociale, économique et sécuritaire de cette question, et dans le souci d’apporter à la Représentation nationale toutes les clarifications requises, j’ai également été appelé à collaborer avec une mission d’information parlementaire constituée sur instruction de l’Honorable Président de l’Assemblée Nationale, suivant l’ordre de mission n°247/CAB/P/AN du 31 octobre 2025.
Cette mission avait pour objet :
De recueillir les éléments d’information sur le partenariat public-privé (PPP) entre l’État congolais et la société OTOJUSTE, en vue de l’optimisation et l’application exacte de la part des recettes revenant à l’État et renforcer la redevabilité de l’Exécutif et de ses partenaires ;
D’obtenir des éclaircissements sur les mécanismes d’octroi et de répartition de la somme de 5,5 dollars américains perçues par la RAWBANK auprès des usagers au titre de frais bancaires.
Dans le cadre de cette mission, les Honorables Députés Nationaux ont successivement échangé avec les services compétents du Ministère des Transports, la DGRAD, la société OTOJUSTE ainsi que la RAWBANK.
S’agissant du Ministère des Transports, toutes les préoccupations relevant de notre compétence ont fait l’objet de réponses exhaustives, étayées par l’ensemble des pièces justificatives requises transmises par courrier le 06 novembre 2025. À notre connaissance, la mission devait poursuivre ses investigations auprès d’autres structures concernées avant de soumettre ses conclusions à l’Assemblée Nationale. À ce jour, le Ministère demeure dans l’attente des conclusions officielles de cette mission.
Notre disponibilité à répondre à toutes ces différentes initiatives démontre l’engagement constant du Gouvernement ainsi que l’importance particulière que le Ministère des Transports, Voies de Communication et de Désenclavement accorde aux préoccupations portées par les représentants du Peuple congolais.
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
De l’examen de cette interpellation, il ressort que les préoccupations soulevées s’articulent autour de 7 questions concernant la délivrance du permis de conduire biométrique sécurisé avec puce.
Avant d’y répondre, permettez-moi de rappeler brièvement l’historique de ce dossier.
Depuis ma prise de fonctions en qualité de Vice-Premier Ministre, Ministre des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, en juin 2024, j’ai inscrit ce dossier au rang des priorités stratégiques de l’action gouvernementale, conscient qu’il touche directement à la mobilité des citoyens, à la sécurité routière et à la crédibilité de l’État car le permis de conduire n’était plus délivré en République Démocratique du Congo depuis 2017.
Un contrat de Partenariat Public-Privé a été conclu le 08 février 2022 d’une durée de dix (10) ans avec la société OTOJUSTE SARL pour la production de 5 millions de permis de conduire biométriques, sécurisés avec puce. Dans le cadre de l’évaluation de ce partenariat, j’ai porté les innovations ci-après :
un avenant portant la production à 7 millions ;
la révision de la clé de répartition des revenus, désormais fixée à 50 % pour l’État et 50 % pour le partenaire privé, au lieu de 40/60 % initialement convenu.
Pour la mise en œuvre de ce contrat, le partenaire privé s’est engagé à financer le projet à concurrence d’un montant total de 102.134.539 USD TTC.
La relance de la production et de la délivrance se fait dans un cadre institutionnel rigoureux, associant l’ensemble des services techniques et des institutions concernées, et reposant sur les principes de transparence, d’efficacité et de bonne gouvernance à travers les 23 sites prévus et répartis comme suit : Kinshasa (6), Équateur (1), Ituri (1), Haut-Katanga (2), Haut-Uele (1), Kasaï Central (1), Kasaï-Oriental (1), Kongo-Central (1), Kwilu (1), Lualaba (1), Maniema (1), Nord-Kivu (1), Sud-Kivu (1), Tanganyika (1), Tshopo (1), Kwango (1) et Lomami (1).
Ce dossier n’est pas une simple réforme administrative. Il est l’expression de la volonté irréversible de l’État congolais de moderniser ses instruments de souveraineté, de garantir à chaque citoyen l’accès à un document sécurisé, reconnu à l’international et de restaurer la confiance du Peuple dans l’action publique.
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
Revenons à vos 7 questions
Quelles mesures concrètes votre Ministère envisage-t-il de prendre pour rapporter les centres de délivrance de permis de conduire des populations en particulier dans les milieux ruraux, afin de garantir un accès équitable à ce service public essentiel ?
La question de l’accessibilité des centres de délivrance des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce constitue une préoccupation majeure de mon Ministère. Elle touche directement à l’égalité des citoyens devant le service public et à la crédibilité de l’État dans sa mission de proximité.
Conformément à l’avenant, vingt-trois (23) sites de délivrance ont été prévus sur l’ensemble du territoire national. Cette répartition a été pensée pour assurer une couverture équilibrée et garantir à chaque Congolais, quelle que soit sa province de résidence, un accès équitable à ce service essentiel.
Lancé le 25 novembre 2024, seulement sept (07) sites/neuf (09) centres sont à ce jour opérationnels :
Kinshasa : cinq (05) sites avec six (06) centres ;
Matadi : un site (01) avec un (01) centre ;
Lubumbashi : (01) site avec deux (02) centres.
Kolwezi, Kisangani et Mbuji-Mayi seront lancés dans les tout prochains jours.
Dans le cadre de ce partenariat, il revient au Gouvernement de mettre à disposition les espaces nécessaires à l’implantation des centres. Des correspondances ont été adressées à l’ensemble des Gouverneurs de province afin de solliciter leur accompagnement. À ce jour, seules les provinces du Kongo-Central, du Haut-Katanga, de Kinshasa, du Kasaï-Oriental et de la Tshopo y ont répondu favorablement.
S’agissant des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, bien que les sites destinés à accueillir les centres aient déjà été aménagés, la situation sécuritaire n’a pas permis le déploiement des équipements techniques requis. Face à cette contrainte, des dispositions sont en train d’être prises avec le partenaire en vue de l’installation des centres à Beni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, et d’un autre à Uvira, dans la province du Sud-Kivu, afin de garantir la continuité du service au bénéfice des populations concernées.
Cette approche sera également appliquée aux autres provinces qui n’étaient pas initialement couvertes par le dossier d’appel d’offres, afin d’assurer progressivement une couverture nationale du dispositif et de permettre à tous les requérants d’accéder aux services de délivrance du permis de conduire dans des conditions optimales de proximité et d’efficacité.
Par ailleurs, pour rapprocher davantage ce service des citoyens et répondre aux besoins des usagers éloignés des centres fixes, le Ministère a mis en place des équipes mobiles de délivrance. Ce dispositif innovant permet non seulement aux particuliers d’accéder au service dans leurs localités, mais également aux entreprises disposant de parcs automobiles importants de bénéficier de prestations directement sur leurs sites, sans perturber leurs activités.
Ces opérations mobiles sont déjà en cours. Les personnes physiques ou morales intéressées sont invitées à saisir la Commission Nationale de Délivrance de Permis de conduire (CONADEP), afin que les dispositions pratiques soient arrêtées dans les meilleurs délais.
Cette stratégie traduit la volonté du Gouvernement de garantir un accès universel, équitable et sécurisé au permis de conduire biométrique, en dépit des contraintes géographiques et sécuritaires. Elle incarne l’engagement de l’État à rapprocher ses services du citoyen et à renforcer la confiance dans l’action publique.
Au regard du niveau de vie des populations rurales et des acteurs du transport informel ne pensez-vous pas que le coût actuel du permis de conduire constitue un frein majeur à l’adhésion à cette réforme ?
La question du coût du permis de conduire biométrique sécurisé avec puce mérite une attention particulière, car elle touche directement au pouvoir d’achat de nos populations et à l’adhésion des acteurs du transport à cette réforme.
L’Arrêté interministériel du 02 août 2023 fixe les formalités d’obtention du permis de conduire de la manière suivante :
Paiement des frais pour les examens théoriques et pratiques
La première étape consiste à acquérir le formulaire permettant de se présenter aux deux examens (théorique et pratique) pour un coût de : 15 USD
Paiement du prix du permis après réussite aux examens
Une fois le candidat déclaré réussi aux deux épreuves, il procède au paiement du coût du permis correspondant à la catégorie sollicitée. Les montants sont fixés comme suit :
Catégorie A : 38,5 USD ;
Catégorie B : 71,5 USD ;
Catégorie C : 99 USD.
Les frais bancaires associés à chaque transaction sont de 5,5 USD, prélevés directement par la banque partenaire.
Profitant de l’occasion, je vous présente la situation des quelques pays de la région en rapport avec cette question :
Gabon : de 175.000 FCFA à 450.000 FCFA (300$ à 780$) pour 10 ans ;
Angola : de 400$.
Il y a lieu de relever que les montants perçus en Angola et au Gabon correspondent à l’ensemble des prestations inhérentes au processus d’obtention du permis de conduire, incluant, entre autres, la formation théorique au code de la route, l’apprentissage pratique de la conduite, ainsi que la production et la délivrance du document sécurisé.
En effet, ce tarif s’inscrit dans le cadre réglementaire en vigueur et se justifie par les caractéristiques modernes et hautement sécurisées du nouveau document, tout en permettant au Trésor Public de mobiliser des ressources supplémentaires pour financer le Programme d’Actions du Gouvernement.
Ce montant n’est pas arbitraire. Il prend en compte :
La durée du contrat de Partenariat Public-Privé ;
La nécessité pour le partenaire de recouvrer son investissement ;
La réalisation d’un bénéfice légitime, dans le respect des standards internationaux.
Le nouveau permis présente des caractéristiques essentielles qui justifient son coût :
Un document hautement sécurisé, doté d’une puce électronique inviolable ;
Une double fonctionnalité : valable sur l’ensemble du territoire national et reconnu à l’international, déjà homologué dans plus de 40 pays ;
Une technologie avancée de sécurité, conforme aux normes ISO (International Organization for Standardization), applicables aux documents sécurisés, assurant ainsi son alignement avec les standards internationaux, garantissant la protection des données, la lutte contre la fraude et la falsification ;
Une infrastructure informatique moderne assure la traçabilité intégrale des opérations, l’interconnexion des systèmes et la réduction de l’intervention humaine, garantissant ainsi transparence et intégrité. Le processus de production repose sur des technologies de pointe qui offrent :
Une sécurité renforcée des supports ;
Une protection optimale des données ;
Une prévention efficace contre la fraude et la falsification ;
Et une conformité stricte aux normes internationales.
Pour assurer une prise en charge moderne et efficace, une infrastructure informatique de haute performance a été déployée, permettant :
Une traçabilité complète, depuis l’achat du formulaire jusqu’à la délivrance du permis ;
Une interconnexion des systèmes ;
Une réduction de l’intervention humaine, ce qui renforce la transparence et l’intégrité du processus.
Les recettes générées par la délivrance des permis de conduire sont logées au compte centralisateur ouvert auprès de la RAWBANK, conformément à l’autorisation expresse du Ministère des Finances. La gestion de ces fonds est assurée par la Direction Générale des Recettes Administratives, Judiciaires, Domaniales et de Participations (DGRAD), qui en assure le suivi et le nivellement automatique.
Quelles actions sont envisagées pour adapter ou alléger ces coûts afin de favoriser une plus grande inclusion sociale et économique ?
Comme dit précédemment, ces coûts ne sont pas arbitraires. Il prend en compte :
La durée du contrat de Partenariat Public-Privé ;
La nécessité pour le partenaire de recouvrer son investissement ;
La réalisation d’un bénéfice légitime, dans le respect des standards internationaux.
Quelles sont les mesures prises ou envisagées pour réduire les délais souvent excessifs dans l’obtention du permis de conduire, délais qui pénalisent les usagers et encouragent des pratiques irrégulières ?
Plusieurs mesures structurelles et organisationnelles ont été mises en œuvre afin de simplifier les procédures, d’améliorer la qualité du service rendu aux usagers et de réduire significativement les délais de traitement des demandes.
Premièrement, le Gouvernement a procédé à la réorganisation complète de la chaîne de délivrance du permis de conduire en privilégiant l’intégration des opérations au sein d’un même centre de traitement. Ainsi, le requérant peut accomplir l’ensemble des formalités requises sur un site unique, sans avoir à multiplier les déplacements entre différentes administrations ou institutions financières.
Deuxièmement, les procédures administratives ont été simplifiées et digitalisées. Dès l’introduction de sa demande, le requérant est pris en charge dans un circuit intégré comprenant l’acquisition du formulaire, l’évaluation théorique, l’évaluation pratique, l’ordonnancement des droits dus à l’État ainsi que leur paiement. Cette rationalisation des étapes permet de réduire considérablement les temps d’attente et d’éviter les lenteurs qui caractérisaient l’ancien système.
Par ailleurs, les étapes manuelles de constatation et d’enregistrement qui constituaient autrefois les principales causes des longues files d’attente ont été supprimées. En effet, les informations du requérant sont désormais collectées et intégrées électroniquement dès l’acquisition du formulaire, ce qui permet un traitement automatisé et considérablement accéléré des dossiers.
Ensuite, après l’enregistrement des données biométriques, la production du permis est lancée immédiatement. Dans un délai de vingt-quatre (24) heures, le requérant ayant satisfait aux tests reçoit un message SMS l’invitant à venir retirer son permis de conduire. Afin de garantir une meilleure prise en charge des usagers, la CONADEP a également mis en place un système de suivi et de relance téléphonique des requérants qui tardent à récupérer leurs documents.
Dans le souci d’une continuelle amélioration, on travaille sur la mise en œuvre d’un système de télépaiement des droits liés au permis de conduire. Cette innovation, actuellement en phase de développement par une équipe d’experts au Ministère des Finances, permettra aux citoyens d’effectuer certaines formalités à distance, de réduire davantage les délais de traitement.
Face aux nombreuses plaintes relatives aux tracasseries administratives, à la corruption et à l’intervention d’intermédiaires illégaux, quelles dispositions concrètes votre Ministère a-t-il mises en place pour assurer ce secteur et restaurer la confiance des citoyens ?
Le Ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement a placé la lutte contre les tracasseries administratives et la corruption au cœur de son action. Des campagnes de sensibilisation régulières sont menées pour décourager le recours aux intermédiaires illégaux et inviter les citoyens à dénoncer toute tentative d’escroquerie ou de corruption.
Parallèlement, des mécanismes de contrôle renforcés ont été instaurés : installation de caméras de surveillance dans les centres de délivrance, suivi systématique des opérations, et sanctions disciplinaires contre tout agent ou intervenant qui se rendrait coupable de pratiques contraires à l’éthique et à la réglementation.
L’ambition de mon Ministère est claire et irréversible : garantir à chaque requérant un accès équitable, transparent et sécurisé au permis de conduire biométrique, tout en consolidant la sécurité routière et en restaurant la confiance du public dans l’action de l’État.
Dans une optique de promotion de l’économie nationale, votre Ministère a-t-il envisagé d’impliquer des entreprises nationales et provinciales dans la production de permis de conduire ?
Il convient de préciser que le contrat de Partenariat Public Privé conclu entre le Gouvernement de la République et OTOJUSTE SARL, société de droit congolais, confère à cette dernière l’exclusivité des opérations de production et de délivrance des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce sur les sites prévus dans le cadre du projet.
En revanche, cette exclusivité ne saurait être interprétée comme une exclusion des entreprises nationales et provinciales de la dynamique globale de modernisation du secteur des transports et de la sécurité routière. Bien au contraire, le Gouvernement demeure attaché à la promotion du contenu local et à la valorisation de l’expertise congolaise dans tous les domaines où cela est juridiquement et techniquement possible.
Ainsi, plusieurs opportunités d’accompagnement restent ouvertes aux entreprises nationales, aux organisations de la société civile, aux ONG ainsi qu’aux institutions de formation professionnelle, notamment dans les domaines suivants :
La formation initiale et le recyclage périodique des conducteurs ;
L’organisation des campagnes de sensibilisation et d’éducation à la sécurité routière ;
La création et la gestion de centres agréés de formation à la conduite ;
La fourniture d’équipements et de matériels pédagogiques destinés à l’apprentissage de la conduite ;
Le développement de solutions numériques d’information et d’assistance aux usagers ;
La collecte et l’analyse des données relatives à la sécurité routière ;
Les actions de prévention des accidents ;
Les programmes de formation spécialisés pour les conducteurs professionnels du transport public, du transport de marchandises et des engins lourds ;
Les activités de recherche et d’innovation visant l’amélioration de la mobilité et de la sécurité routière.
Par ailleurs, le Gouvernement encourage le partenaire privé à recourir à la sous-traitance locale, à l’emploi de la main-d’œuvre congolaise et à l’acquisition de biens et services auprès des entreprises nationales et provinciales, chaque fois que les conditions de qualité et de compétitivité sont réunies.
La vision de mon Ministère est claire : faire du projet de modernisation du permis de conduire non seulement un instrument de sécurisation du transport routier, mais aussi un levier de création d’emplois, de transfert de compétences et de développement de l’économie nationale, au bénéfice direct de nos populations.
7. Pouvez-vous préciser :
L’entreprise retenue pour la production des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce en République Démocratique du Congo ?
Les modalités de passation de marché y afférent ainsi que la répartition des recettes entre l’État et l’entreprise productrice ?
La procédure d’attribution du marché relatif à la production et à la délivrance des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce s’est déroulée dans le strict respect des dispositions légales en matière de Partenariats Public-Privé et de Passation des Marchés Publics.
Afin de mieux éclairer votre Auguste Assemblée sur les différentes étapes de ce processus, il convient d’en rappeler les principales phases :
Option gouvernementale pour un Partenariat Public-Privé
Par lettre référencée N°CAB/PM/CTS/04/2020/0773 du 13 avril 2020, Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, a retenu le recours au Partenariat Public-Privé pour la construction, l’entretien des installations et infrastructures, ainsi que pour la production et la délivrance des permis de conduire. Ce partenariat prévoit, à son terme, le transfert à l’État du savoir-faire, de la propriété des installations et des infrastructures en parfait état.
Étude de faisabilité et conformité légale
En juillet 2020, une étude de faisabilité a été réalisée afin de se conformer aux exigences de la Loi n°18/016 du 09 juillet 2018 relative au Partenariat Public-Privé.
Appel d’offres international
Le 23 novembre 2020, le Ministère des Transports a publié sur le site officiel de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) l’avis d’appel d’offres international avec préqualification n°001/PPP/MIN/TRANSCOM/PERMIS/11/2020. Quinze (15) sociétés ont répondu à cet appel, dont cinq (05) ont été retenues pour la phase de préqualification, à savoir :
SYNTELL RDC SARLU ;
OTOJUSTE SARL ;
SOLUTION FOR AFRICA;
ESNAP SARLU;
AUFS SARL.
Processus de sélection et avis de non objection
Le 25 février 2021, l’ARMP a accordé son Avis de Non Objection sur le rapport de préqualification. Les cinq (05) sociétés retenues ont été invitées à soumettre leurs offres. Après examen, la société OTOJUSTE SARL s’est classée en ordre utile et a été qualifiée.
Par lettre n°2035/ARMP/DG/DREG/CD.PPP/MNW/2021 du 15 novembre 2021, l’ARMP a accordé son Avis de Non Objection sur le rapport d’évaluation attribuant provisoirement le marché à OTOJUSTE SARL. Les autres candidats ont été notifiés individuellement de la non-attribution, conformément aux prescriptions légales.
Signature du contrat de partenariat
Le 04 février 2022, l’ARMP a délivré son Avis de Non Objection au projet de contrat de Partenariat Public-Privé. Enfin, le 08 février 2022, le Gouvernement de la République, représenté par le Ministère des Transports, Voies de Communication et Désenclavement, a signé avec la Société OTOJUSTE SARL le contrat de partenariat pour la production et la délivrance des permis de conduire biométriques sécurisés avec puce en République Démocratique du Congo pour un investissement estimé à 102.134.539 USD TTC pour une durée de dix (10) ans, avec une production de 7 millions de permis de conduire, au terme duquel le partenaire privé est tenu de transférer à l’Autorité contractante la propriété des tous les biens, meubles et des immeubles construits.
L’attribution de ce marché à la Société OTOJUSTE SARL est le résultat d’une procédure transparente, conforme aux lois de la République et validée à chaque étape par l’Autorité de Régulation des Marchés Publics. Ce Partenariat Public-Privé constitue une avancée majeure dans la modernisation de nos documents officiels et dans le renforcement de la crédibilité de l’État congolais.
CONCLUSION
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
A travers les réponses qui viennent d’être apportées, il apparaît clairement que la réforme du permis de conduire biométrique sécurisé avec puce ne constitue pas une simple opération administrative de délivrance de documents. Elle s’inscrit dans une vision plus large de modernisation de l’État, de renforcement de la sécurité routière, de lutte contre la fraude documentaire et d’amélioration de la qualité des services publics rendus à nos concitoyens.
Le Gouvernement a fait le choix de doter la République Démocratique du Congo d’un système moderne, sécurisé, transparent et conforme aux standards internationaux, tout en veillant à préserver les intérêts financiers de l’État et à garantir une meilleure mobilisation des recettes publiques.
Le Gouvernement demeure néanmoins conscient des défis qui subsistent. C’est pourquoi il poursuivra sans relâche les efforts engagés afin d’améliorer davantage l’accessibilité du service, d’accroître sa qualité, de renforcer la transparence des opérations et d’assurer une couverture effective de l’ensemble du territoire national.
Honorable Président de l’Assemblée Nationale,
Honorables Membres du Bureau,
Honorables Députés Nationaux,
L’ambition de mon Ministère est claire : faire du permis de conduire biométrique sécurisé avec puce non seulement un document de circulation, mais également un symbole de la modernisation de l’État congolais, de la sécurisation de nos services publics et de la transformation numérique de notre administration.
Je vous remercie.






















































