Son appel lancé sur les réseaux sociaux a finalement atteint le bureau de la Première Dame de la République démocratique du Congo. Sydney Tombo, jeune Congolaise en formation pour devenir pilote de ligne, a reçu le soutien de Denise Nyakeru Tshisekedi pour poursuivre son parcours et tenter de décrocher le précieux sésame qui lui ouvrira les portes du cockpit.
Dans une publication consacrée à la jeune élève pilote, la Première Dame de la RDC raconte comment l’histoire de Sydney lui est parvenue après avoir été massivement relayée sur les réseaux sociaux.
« Vous avez été nombreux à partager l’histoire de Sydney, à m’identifier… et, grâce à vous, son appel a fini par atterrir chez moi ! », écrit la Première Dame, qui a annoncé son soutien à la jeune femme afin qu’elle puisse achever sa formation de pilote de ligne.
Un soutien qu’elle présente comme le fruit de la solidarité congolaise.
« Quand l’une des nôtres traverse des turbulences, nous sommes là pour l’aider à garder le cap », souligne-t-elle, dans un message largement inspiré du vocabulaire aéronautique.
De l’appel sur les réseaux sociaux au cockpit
Le parcours de Sydney Tombo illustre aussi une réalité peu visible derrière le métier de pilote : accéder à une carrière dans l’aviation nécessite une formation longue, des qualifications successives et la satisfaction d’exigences réglementaires et médicales.
En RDC, l’Autorité de l’aviation civile (AAC/RDC) encadre notamment la délivrance, la validation, la conversion et le renouvellement des licences du personnel aéronautique.
La réglementation distingue notamment la licence de pilote privé (PPL), la licence de pilote professionnel (CPL) et la licence de pilote de ligne (ATPL).
L’accès aux licences professionnelles repose notamment sur des examens théoriques, des évaluations pratiques, un suivi des heures de vol ainsi que des exigences médicales. Pour les licences de pilote professionnel et de pilote de ligne, l’AAC/RDC prévoit notamment un certificat médical de classe 1.
La formation constitue ainsi une succession d’étapes au cours desquelles l’élève doit accumuler les connaissances et l’expérience nécessaires avant de pouvoir exercer professionnellement.
Pour Sydney Tombo, l’intervention de la Première Dame vient donc lever un obstacle financier sur un chemin qui reste exigeant.
Les femmes congolaises gagnent leur place dans le ciel
Son ambition revêt également une dimension particulière dans un secteur historiquement dominé par les hommes.
La RDC compte déjà des femmes pilotes professionnelles. Mamitsho Pontshi Lobo, ingénieure et pilote de ligne, est notamment présentée par la Fondation pour le développement économique du Congo comme la troisième femme pilote congolaise de l’histoire de l’aviation civile du pays. Elle a également exercé comme copilote sur Airbus A320 au sein de Congo Airways.
Ces parcours contribuent à rendre plus visible la possibilité, pour les jeunes Congolaises, d’embrasser des métiers de l’aéronautique longtemps perçus comme essentiellement masculins.
Le cas de Sydney Tombo intervient par ailleurs dans un contexte où les autorités congolaises affichent leur volonté de développer le secteur aérien et de renforcer la formation du personnel aéronautique.
L’AAC/RDC indique elle-même parmi ses objectifs le développement de la formation et de la certification du personnel congolais, conformément aux standards internationaux de l’aviation civile.
« On t’attend là-haut »
Dans son message, Denise Nyakeru Tshisekedi ne s’est pas limitée à annoncer son soutien. Elle s’est projetée jusqu’au jour où Sydney pourrait prendre les commandes d’un avion commercial.
« Et qui sait… peut-être qu’un jour, en prenant un vol Air Congo pour Bukavu, j’entendrai : “Mesdames et Messieurs, ici votre commandante de bord, Sydney Tombo” », écrit-elle.
Une image qui résume l’ambition portée par la jeune élève pilote : passer du statut de candidate à celui de commandante de bord.
« Maintenant, à toi de jouer, Sydney. Va au bout de ce rêve : on t’attend là-haut ! », conclut la Première Dame.
Pour Sydney Tombo et ses parents ont été accueillis jeudi à l’ambassade de la RDC à Paris.
Rédaction


























































