Le parti du peuple pour la Reconstruction et la Démocratie offre à la Nation congolaise le spectacle d’un voyageur embarrassé au carrefour de deux chemins menant à deux directions différentes: l’une, vers le passage aux aveux et l’autre, vers le maintien de la dissimulation.

Depuis un moment, à la suite des scènes de ménage à répétition au sein du couple recomposé FCC-CACH, les propos relevés donnent à croire que les partenaires partagent un secret dont la révélation au grand public serait de nature à se causer réciproquement des conséquences néfastes. Si du côté du Cach – surtout la branche de l’udps – la base exige la rupture, du côté du FCC, particulièrement les faucons du PPRD brandissent la menace de dévoiler la « vérité masquée » !.

Ce refrain entonné régulièrement semble remuer le couteau dans la plaie du voisinage au moment où certains esprits, notamment ceux ayant soutenu  la candidature de Martin Fayulu à la dernière présidentielle, restent encore surchauffés, à l’idée d’avoir été victimes du vol.

En effet, alors que certains leaders de la principale coalition de l’opposition congolaise (Lamuka) ne cessent de dénoncer le hold-up électoral ayant émaillé les élections de 2018, les ténors du PPRD semblent lâcher régulièrement de sérieux indices – par des déclarations – qui viennent renforcer le doute dans la tête de plusieurs millions de congolais hostiles à l’écran de fumée derrière lequel la CENI a proclamé la victoire de l’actuel président de la République.

Tenez, après les récentes déclarations du secrétaire permanent, Emmanuel Ramazani Shadari, suivies de celles du secrétaire exécutif provincial, Dunia Kilanga, l’épaisseur du doute ne fait qu’augmenter. Pour le premier, « Joseph Kabila reste l’homme très très fort, car détenant la majeure partie du pouvoir. C’est par sa volonté que certains occupent des postes (…) » tandis que pour le second, « Félix Antoine Tshisekedi serait devenu président, non pas par la volonté de la CENI (ndlr : peuple…), mais plutôt par la volonté de Joseph Kabila. »

Et comme si tout ceci ne suffisait pas, un autre cacique du parti du président honoraire – Henri Mova Sakani – vient de renforcer l’incertitude autour de la victoire du fils et héritier politique de feu Étienne Tshisekedi à la magistrature suprême.

Ancien Vice-Premier Ministre et ministre de l’intérieur – sous le règne de Joseph Kabila, il vient de remettre la couche en révélant que le dauphin de Kabila n’avait pas perdu l’élection , mais il s’agissait juste d’une stratégie électorale.

« (…) Et comme vous le voyez (ndlr: Shadari), est-ce qu’il avait échoué ? Est-ce que quelqu’un qui a échoué peut se tenir comme ça devant les gens ? Est-ce qu’il peut diriger les gens ?comprenez qu’il s’agissait des stratégies(…), a lancé l’initiateur de la branche des combattants du PPRD dénommée « les bérets rouges »en lingala, à l’occasion d’une matinée politique organisée ce dimanche 24 novembre 2019 en vue de la présentation et de l’installation du nouveau comité de la ligue des jeunes de leur parti politique.

La déclaration de Henri Mova Sakani – bien connu comme l’un des stratèges du PPRD/FCC – vient corroborer avec les affirmations de nombreux congolais encore pessimistes de la victoire de Félix Antoine Tshisekedi lesquels ne cessent de dénoncer un certain deal politique bien planifié contre la volonté populaire.

Il faut rappeler ici que les premiers propos tenus par Félix Antoine Tshisekedi, juste après la publication des résultats provisoires par la CENI , étaient qualifiés par d’aucuns de revirement spéculaire car, il avait rapidement qualifié Joseph Kabila d’un véritable partenaire et non adversaire politique, lui qui l’a longtemps affublé de tous les qualificatifs nauséabonds.
Et d’ailleurs, certains Tshisekedistes ont trouvé cette « inconstance » comme une insulte à la mémoire de celui qui n’a jamais admis que Joseph Kabila était congolais.

La déclaration de Henri Mova Sakani est de nature à faire croire à l’opinion publique que l’élection de Félix Antoine Tshisekedi serait effectivement le fruit d’une négociation et non d’une volonté populaire.

La question qui reste suspendue à la lèvre du congolais Lambda est de savoir si le PPRD va continuer dans la voie de la dissimulation ou dans celle du passage à l’aveu, c’est-à-dire celle faisant de  Joseph Kabila simplement le principal artisan de l’avènement de Félix Antoine Tshisekedi à la magistrature suprême !

Ce qui viendrait confirmer les affirmations selon lesquelles, « il n’y a que des acteurs qui ont changé et que le système reste le même »!

Attendons voir la suite !

Rédaction /JML