Un agent a failli se faire enlever en plein jour à l’intérieur de la concession du département des affaires étrangères de la République démocratique du Congo, ce mercredi 24 avril 2024, vers 12h30.
Pour la petite histoire, le monsieur, en chemise bleue et chargé par un élément de la police sur cette image, est un « contact ou mieux un coopérant » comme il en existe dans tous les domaines à Kinshasa. Il a été approché par un producteur – moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes – il y a près de deux mois pour l’aider à acquérir rapidement les passeports en faveur des sociétaires d’un groupe musical. Et c’est ce « fameux producteur » qui se révèle aujourd’hui un « ravisseur », sinon le donneur d’ordre. Et pourtant, à en croire les collègues de l’infortuné agent, celui-ci a produit cinq coupons de formulaires et un passeport pour manifester sa bonne foi, preuve que les démarches sont en cours, mais la machine est régulièrement grippée. Comme dans la fable de Jean de la Fontaine (Le loup et l’agneau), la raison du plus fort s’est encore une fois appliquée, avec la nuance que les témoins ont empêché la commission du forfait jusqu’au bout.
Impatient d’attendre ces précieux sésames qui traînent les pieds à son goût, le producteur a recouru à une solution musclée. Il s’est fait accompagner des deux « Bana Mura » en tenue (un sergent et un adjudant-chef) et d’un autre élément en civil qui a pénétré dans le bâtiment.
Dès que la cible a pointé le bout de son nez et a été formellement identifié, l’élément en civil a fait appel aux hommes en tenues et sans aucun ménagement, ils l’ont saisi par la ceinture et forcé de cheminer vers un véhicule.
C’est à ce moment que les spectateurs – médusés et pour la plupart des agents, pendant la pause de midi – se sont interposés et la police est ensuite intervenue pour tirer l’agent coopérant, pantalon en lambeaux, des griffes des Bana Mura. Dans la foulée, la loi du nombre a permis aux agents des affaires étrangères de conduire l’adjudant-chef auprès du capitaine de la police des lieux, où il est actuellement entendu. Son subalterne et l’autre élément en civil ont profité de ce moment de tension pour se volatiliser de la concession des affaires étrangères. Affaire à suivre !
Jean K. MINGA



















































