Une décision qui fait grand bruit dans les salons politiques et ravive des tensions entre pouvoir politique et judiciaire dans la province du Sud-Ubangi.
En effet, par une décision datée du 10 avril 2026, le président de l’Assemblée provinciale, Malachie Adugbia, a interdit au magistrat et procureur près la cour d’appel du Sud-Ubangi Claude Mwanza Kambala l’accès aux installations de l’organe délibérant, « par mesure de police et jusqu’à nouvel ordre ».
Dans ce document officiel consulté, lundi, par politiquerdc.net, il est également précisé que le magistrat est empêché de « participer à toutes les activités » organisées au sein de l’Assemblée provinciale. L’exécution de cette mesure a été confiée au vice-président de l’institution.
Une décision qui défie la justice ?
Selon plusieurs sources concordantes, cette interdiction intervient dans un contexte judiciaire particulièrement sensible. Elle ferait suite à une correspondance du Procureur général près le Conseil d’État, instruisant le premier président de la Cour d’appel du Sud-Ubangi d’exécuter un arrêt de la Cour constitutionnelle. Ainsi, le procureur général près la Cour d’Appel du Sud-Ubangi, Claude Mwanza Kambala avait, par sa correspondance du 7 avril dernier, saisi le président de l’organe délibérant du Sud-Ubangi pour l’exécution des différents arrêts de la Cour constitutionnelle.
« pour épargner la province du Sud-Ubangi en proie à des querelles inutiles et interminables, je vous invite à vous soumettre aux décisions prononcées par la Cour constitutionnelle et ce, pour contribuer au maintien de la paiex et de la tranquillité publique sur toute l’étendue de la province », avait écrit le M. Mwanza.
Cet arrêt exige notamment la réhabilitation de cinq députés provinciaux et l’annulation de toutes les décisions prises lors de la session de septembre 2025, une décision lourde de conséquences politiques pour l’actuelle direction de l’Assemblée provinciale.
Mais alors que des démarches judiciaires auraient été engagées pour faire appliquer cette décision, le président de l’Assemblée provinciale aurait choisi de verrouiller l’accès à l’institution, bloquant ainsi toute tentative d’exécution.
« Le président de l’Assemblée provinciale a outrepassé ses compétences. Il ne dispose d’aucun pouvoir pour se soustraire à l’application de la loi», a dénoncé un député provincial auprès de votre média.
Pour l’heure, la Cour d’appel du Sud-Ubangi n’a pas encore réagi officiellement à cette décision controversée. Ce silence alimente les spéculations et renforce le climat d’incertitude qui règne dans la province.
Depuis plusieurs mois, le Sud-Ubangi est le théâtre de tensions politiques liées à des conflits de légitimité au sein de son Assemblée provinciale. La session de septembre 2025, aujourd’hui au cœur du contentieux, avait déjà suscité de vives contestations, aboutissant à une saisine de la Cour constitutionnelle.
La haute juridiction avait finalement tranché en faveur d’un retour à l’ordre constitutionnel, en exigeant la réintégration des députés écartés et l’annulation des actes jugés irréguliers, notamment la problématique de la « déchéance du gouverneur de province… ».
Dans ce contexte, la décision du président de l’Assemblée provinciale apparaît comme un acte de défi vis-à-vis de l’autorité judiciaire, au risque d’aggraver une crise déjà profonde.
Cette nouvelle restriction pourrait accentuer le bras de fer entre les institutions provinciales et judiciaires, avec en toile de fond la question du respect de l’État de droit.
Reste à savoir si la justice réagira pour faire appliquer ses décisions, ou si cette crise s’enlisera davantage, au détriment de la stabilité institutionnelle du Sud-Ubangi.
Rédaction






















































