Hubert Kabasu Babu privilégie le renforcement des conditions d’éligibilité à la présidence de la République

Le débat socio-politique en RDC est marquée ces derniers temps par la controverse autour de la proposition faite par Noël Tshiani portant sur la modification de la loi électorale pour éliminer de la course à la présidentielle tout individu né d’un parent étranger.

Et la plupart d’observateurs sont convaincus du caractère personnel de cette réforme, car elle viserait quelqu’un en particulier. La cible ne serait autre que le M. Moïse Katumbi Chapwe, président de Ensemble pour la République. On s’emploie à l’exclure avant l’heure de l’élection présidentielle de 2023. Ce point de vue est également défendu par l’écrivain et libre-penseur congolais, Hubert Kabasu Babu qui – à travers une tribune parvenue à politiquerdc.net – déplore le fait que 60 ans après l’indépendance du pays, l’on recourt encore à des subterfuges d’élimination des adversaires politiques par des manœuvres sordides et des violations délibérées de la constitution.

« Cette proposition de révision de loi électorale rend inéligibles les congolais issus de couples mixtes au scrutin présidentiel en République Démocratique du Congo.
C’est une démarche politique teintée de mysogynie (donc antidémocratique), car elle stigmatise les enfants dont le péché est d’être le fruit d’une relation entre un sujet congolais et une personne étrangère, pourtant non interdite par la loi ».

Et pour le Président du Think Tank Agir New Congo, Hubert Kabasu Babu, une éventuelle réforme de la loi électorale devrait porter sur l’amélioration des critères de l’éligibilité Présidentielle.

« En réalité, l’expérience actuelle des lacunes dramatiques au sommet de l’État Indique qu’il faut, au contraire, améliorer les termes de l’éligibilité Présidentielle en renforçant les critères éducatif, expérientiel et éthique. Il s’agit notamment du niveau d’études, du background professionnel, de la rectitude existentielle boîte familiale.
Aux USA, et même en Afrique du Sud, par exemple, un homme ayant fait preuve de violence contre son épouse, ne peut même pas se présenter aux primaires, et encore moins être candidat ni député, ni Président de la République… », pense-t-il.

Et toujours, au sujet de cette réforme controversée de la loi électorale, Hubert Kabasu Babu martèle que « paradoxalement et indécemment, c’est une condition ségrégationniste, dénuée de valeur ajoutée pour la paix, la démocratie et le développement, à finalité exclusivement politicienne que l’on veut introduire.

Sans qu’il ne soit besoin de les citer, il existe de nombreux exemples historiques des hommes politiques aux géniteurs binationaux ayant marqué significativement et constructivement leurs pays respectifs: le multiple ex-premier ministre et ex-président du Sénat, Léon Kengo Wa Dondo, le défunt ex-président ghanéen Jerry Rawlings, le méticuleux ex-président botswanais Seretse Ian Khama ingénieur développeur, l’américano-Kenyan Barack Obama ayant introduit des réformes socio-économique restructurantes aux USA.
Dans cette lignée, Moïse Katumbi, congolais d’essence et en substance, porteur de plus de « congolité par enracinement culturel et sociologique national » et de patriotisme que certains binationaux, dénués d’ancrage sociologique congolais et d’investissement social et politique en Rdc ».

En conclusion, cet analyste des questions politiques et sociales congolaises attire l’attention de la classe politique au pouvoir qu’une guerre éventuelle entre le Président Félix Tshisekedi et son allié Moïse Katumbi risque inéluctablement de jeter inutilement et dangereusement l’Union Sacrée pour la Nation dans les déchirures et dans les tourments. Et le Président Tshisekedi peut être surnommé « le mangeur des associés politiques », comme le Président Kasa-Vubu fut baptisé « le mangeur des premiers ministres », a-t-il conclu.

Jean Romance Mokolo

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