L’an 1 de l’alternance.

Du point de vue général on peut dire que le bilan de l’an 1 de l’alternance au sommet de l’État est positif. Il faut le prendre sous plusieurs facettes,pense l’ancien secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, Udps, Me Jacquemain Shabani.

Premièrement, sur le plan politique: il  croit qu’il est important  de se rappeler : « d’où venons-nous et dans quel état le pays se trouvait avant le 24 janvier 2019 ». Jacquemain Shabani estime qu’on ne doit pas perdre de vue que les années 2016, 2017, 2018 et même 2019 ont été des années de grands troubles et de crises politiques. Il y avait de fortes tensions et beaucoup de rencontres politiques, notamment le dialogue de la cité de l’OUA avec Kodjo, le dialogue du centre interdiocésain avec la CENCO, mais également de nombreuses conciliabules avec les gouvernements successifs issus de ces dialogues et caractérisés par le partage du pouvoir: le gouvernement Samy Badibanga, Bruno Tshibala sur fond d’une forte crise politique. La volonté ou la tentation du pouvoir de Joseph Kabila à violer la constitution confrontée à la forte détermination de la population, des opposants, du Comité Laïc de Coordination et même de la communauté internationale pour entraver l’atteinte de son objectif. Des marches , des grandes mobilisations, le sang a coulé, des martyrs de la démocratie, etc. Beaucoup de personnes ont été arrêtées, blessées ou jetées en prison. Personne ne s’imaginait que le processus électoral pouvait se terminer sans effusion de sang et turbulence.

« Nous sommes parvenus – avec le concours de Dieu – à une alternance pacifique au pouvoir, par la victoire du Président Félix Tshisekedi, candidat de l’opposition contre le dauphin du régime en place, même si le peuple a offert la majorité parlementaire au pouvoir sortant. La coalition qui s’est mise en place est la conséquence de ces résultats électoraux », poursuit-il.

Un an après, Jacquemain Shabani réalise – avec toutes les tensions et difficultés politiques – que le président Tshisekedi a réussi à mettre en place son gouvernement et à installer les différentes institutions étatiques.

« Au jour de cet anniversaire, nous nous rendons compte que ce n’est pas une chose facile – au regard des différentes escalades verbales et la sortie médiatique ratée de la présidente de l’Assemblée Nationale – que politiquement, la coalition n’est pas aisé à gérer », renchérit-il.

N’empêche, il croit que c’est une grande victoire et que le peuple congolais pourra éventuellement réaliser – au fil du temps, surtout lorsque le président Tshisekedi aura procédé à l’établissement du bilan de son mandat – que la résolution des différents conflits et tensions rencontrées était l’exercice de haute voltige.

Sur le plan sécuritaire: ce cadre du parti présidentiel  pense que tout le monde est témoin de la réalisation de la promesse que le candidat Félix Tshisekedi avait faite. Sur la résolution des conflits armés à l’Est, beaucoup de groupes armés incontrôlés ont déposé les armes. Il reste principalement les ADF-Nalu qui causent encore des grandes pertes en vies humaines dans les deux Kivu. Les Forces armées de la République Démocratique du Congo se comportent très bien.

Sur le plan sanitaire : Shabani note – à l’avènement de Felix Tshisekedi au pouvoir – la présence de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans la région de Beni. L’épidémie était trop  meurtrière. Elle suscitait l’inquiétude de la collectivité nationale et la préoccupation de la communauté internationale. Aujourd’hui, la riposte contre Ebola a fait ses preuves. C’est une réussite qu’il faut mettre au compte d’une année de cette alternance, souligne-t-il.

Le programme des 100 jours du président Félix Tshisekedi a aussi été une réussite. Ce n’était que 100 jours. Et pourtant, il y a plusieurs infrastructures construites. Des routes réhabilitées et construites, des écoles réhabilitées et construites, des logements sociaux dans les camps militaires, declare Shabani.

Sur le plan social: «  nous avons la promesse de la gratuité de l’enseignement et en dépit de difficultés rencontrées, celles-ci trouvent des réponses au fur et à mesure , la prise en charge des enseignants », a – t-il argumenté.

En ce qui concerne les perspectives, Me Jacquemain Shabani précise que le gouvernement est en place à peine 5 mois et sort d’un séminaire de trois jours. Il est important que cette équipe se consolide dans sa capacité à intégrer la vision du président de la république et à travailler en équipe dans un élan de solidarité pour l’intérêt du Congo.

Il est aussi important parce que c’est un gouvernement de coalition à faire intégrer la gouvernance par rapport à la coalition pour éviter – dans la mesure du possible – des tensions et certaines envolées oratoires, dans le but de garantir la stabilité à la république durant ce mandat,a-t-il conclu déclaration écrite faite justement à l’occasion de l’an 1 de l’alternance et dont une copie est parvenue à la rédaction de politiquerdc.net.

Alain St. Bwembia