Ce 26 janvier 2020 était la date retenue pour le face-à-face – au stade des martyrs – entre Félix- Antoine Tshisekedi et les Kinois. Annoncé à grand renfort publicitaire, ce rendez-vous n’aura pas lieu.
Les raisons à l’appui de cette annulation sont loin  d’être concordantes au regard des avis enregistrés auprès des uns et des autres.

Officiellement, l’administrateur du stade des martyrs de la Pentecôte de Kinshasa évoque les problèmes d’ordre organisationnel, alors que les organisateurs parlent de l’aspect sécuritaire. Quant au service de communication du chef de l’État, il se réfugie derrière l’incompatibilité de l’agenda du chef de l’État. Il va jusqu’à préciser que ce dernier n’avait pas prévu de meeting ce dimanche.

Cet argument est loin de convaincre l’opinion publique, dans la mesure où le tapage des organisateurs autour de cette activité n’a pu être possible sans l’avis du service concerné. Bien plus, le vacarme des organisateurs sur la question était un secret de polichinelle. De spots publicitaires ont circulé pendant plusieurs semaines dans les réseaux sociaux.

Où était le service de communication du président de la République pour apporter le démenti de cette campagne de communication ?
La question reste sans réponse.

Toutefois, il convient de souligner que l’organisation de cette manifestation était aussi confirmée par l’udps. En effet, le porte-parole du parti présidentiel – le député national Paul Tshilumbu – a, au cours d’un entretien avec politiquerdc.net, reconnu que ce rendez-vous avait été bel et bien validé par la haute hiérarchie du parti.

Qu’est-ce qui a pu se passer entretemps pour annuler ou reporter cet événement ?

Omari India , l’un des communicateurs du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (Pprd), pense que le problème de scission interne et de mobilisation serait à la base de ce report.

« J’avais dit hier que ce meeting-là ne se tiendra pas par manque de capacités de mobilisation. Aujourd’hui l’udps qui vient de connaître une scission à l’interne avec l’Udps Jacquemain-Peter Kazadi et Tshilumbayi, l’Udps diaspora, l’Udps les anciens du père Docteur Étienne et l’Udps barre Kabund- kabuya. Ce qui les divise ce sont les intérêts : postes et argent. D’autres observateurs ont renchéri que même si l’Udps tient le meeting, il y aura l’échec et troubles entre eux et cela risquerait de créer le désordre », a écrit ce cadre du Pprd dans forum WhatsApp.

Omari India dit « force » dénonçait déjà une sorte de scénario qu’aurait envisagé les organisateurs du meeting afin de s’attaquer aux sièges partis politiques du FCC et de proférer des injures contre les membres de l’ancien régime.

« Nous apprenons tout simplement que dans le meeting de nos amis prévu ce dimanche, il prépare un scénario d’injures contre le FCC, ils vont faire semblant de dire des choses dans le sens de provocation, ils ont préparé des gens qui vont uniquement huer et dire qu’ils n’aiment plus la coalition, mais leur autorité dira que j’ai encore confiance malgré ça. Ces militants préparés n’arrêtons pas à huer pour pouvoir montrer à la communauté internationale – l’inspiratrice des idées et l’auteur intellectuel des provocations – que nous vivons en RDC. Il y a un autre groupe qui se prépare pour attaquer nos sièges à Limete et à Sendwe et nous en sommes déjà au courant. Vous êtes au pouvoir, au lieu de faire des actions pour le peuple…, actuellement le dollar est à 1750 FC /dollar , le taxi est à 1000 FC/la course, un sac d’haricots passe de 190 à 250 dollars, le sucre, le Thomson et il y a flambé des prix des biens des premières nécessités sur le marché. On se cantonne à se plaindre et à vouloir créer des troubles. Si nos amis pensent qu’ils vont continuer à se victimiser au moment où ils sont au pouvoir à la place de travailler pour le peuple, ce dernier n’est pas dupe », avait dénoncé ce cadre du Pprd.

Lors d’une grande messe organisée le dimanche 23 juin 2019 à l’occasion du meeting de Lamuka prévu à l’occasion du retour triomphal de Jean-Pierre Bemba Gombo de l’Europe, l’udps et ses alliés ainsi que les églises proches au régime avaient du mal à remplir le stade des martyrs.

A peine la moitié de la capacité d’accueil du stade avait été remplie.

Il est difficile pour le moment de savoir avec précision si ce report serait imputable aux problèmes de finances, d’organisations, de sécurité ou purement politiques.

Ce qui est sûr est que les relations des coalisés au pouvoir ne sont plus au beau fixe.

Rédaction