Le Président de la République Démocratique du Congo vient de procéder à la nomination de quelques responsables au sein de l’appareil judiciaire du pays,ce vendredi 7 février 2020.

Ils sont au total 5 hauts magistrats promus auprès de 5 hautes juridictions congolaises.

Il s’agit de :

1. Jean -Paul Mukoko : Procureur général près la Cour Constitutionnelle ;

2. Dominique Thambwe Wa Kaniki : premier président de la cour de cassation;

3. Octave Tele Ziele : Procureur Général près le Conseil d’État ;

4. Joseph Mutombo Katalay: Premier président de la Haute Cour militaire ;

5.Le lieutenant général Mukuntu: Auditeur Général près la Haute cour militaire.

Dans les réseaux sociaux, ces nominations sont différemment commentées. Si certains espèrent un redressement de la justice – longtemps qualifiée, à tort où à raison – d’être inféodée à l’ancien régime, les autres apprécient l’initiative. C’est le cas des partisans du parti présidentiel qui trouvent que c’est un signe marquant – en droite ligne à la promesse du chef de l’Etat – de faire de l’année 2020, une année d’actions.

Me Jean-Claude Katende, le président de l’Asadho – l’association africaine de droits de l’homme – félicite le président congolais  » d’avoir limogé  » Flory Kabange Numbi, le responsable du naufrage de la justice congolaise ». Il pense enfin que « la justice est délivrée »

« Félicitations aux magistrats que Fatshi a élevés. Nous exigeons de vous un comportement différent. Pas de corruption », a réagi ce défenseur des droits humains sur sa page Facebook.

« Bienvenue et bon travail au nouveau PGR. De nombreux dossiers de détournement en souffrance », écrit pour sa part, Madame Huguette Manay, une militante engagée de l’udps/Tshisekedi, le parti présidentiel.
Ce faisant, malgré ces nominations, d’autres internautes restent toujours pessimistes et spéculent encore sur la main noire de Joseph Kabila.

C’est le cas de Peter Mbemba – un militant pro Lamuka- qui estime que le président n’a rien changé.

« Félix Tshisekedi n’a rien changé. Ce sont les mêmes qui reviennent d’une autre manière. Vous serez surpris d’apprendre que ce sont les bras droits de Kabila », a -t-il également réagi sur sa page Facebook.
Cependant, Djimmy Mabanza – un autre internaute – dénonce le non respect de la géopolitique.
« Les nominations dans l’appareil de la justice n’ont pas respecté l’équilibre géopolitique. C’est une violation de la constitution », souligne-t-il.
La nouvelle mise en place au sein de hautes instances judiciaires du pays, intervient au moment où les magistrats envisagent d’entamer une grève dès lundi 10 février prochain ; afin de dénoncer la non prise en compte du budget du pouvoir judiciaire par le gouvernement et la retenue de l’IPR.

Les nouveaux dirigeants devront donc se lancer au travail pour tenter d’assainir le secteur judiciaire face à plusieurs scandales de corruption et d’impunité dénoncés à travers les différentes institutions du pays.

Par ailleurs, ces nominations interviennent au lendemain du camouflet diplomatique infligé par le secrétaire d’état américain au président de la République, par l’annulation de sa visite pourtant annoncée de la bouche du chef de l’Etat devant ses partisans à Londres. Serait-ce la réponse à la pression américaine ? Difficile de répondre, mais la coïncidence de calendrier suscite des interrogations. Quoiqu’il en soit, cette timide action est insuffisante, car les partenaires occidentaux exigent une rupture totale, pense pour sa part, Me Jean K. Minga, consultant à politiquerdc.net.

Rédaction