Mike MUKEBAYI : « Même si nous quittions l’Union Sacrée, Ensemble ne va jamais combattre le Chef de l’État. Nous allons le laisser travailler tranquillement »

Le député provincial de Kinshasa, élu de Lingwala, dans la ville de Kinshasa, Mike Mukebayi Nkoso, était le mardi, 19 octobre 2021, l’invité du magazine ‘Rendez-vous des Auditeurs’, diffusé sur les antennes de CCTV-RALiK. Plusieurs questions d’actualité ont été abordées par ce sociétaire de Ensemble pour la République de Moïse Katumbi Chapwe.

D’entrée de jeu, Mike Mukebayi a tenu à exprimer son indignation sur les actes de violence ayant occasionné la mort d’un militant de l’Ecide, victime de lynchage à Limete après la dernière marche de la coalition Lamuka.


« Je compatis à ce qui est arrivé au parti Ecide qu vient de perdre son militant Davin Kalala. L’Udps, Ensemble, l’Ecide, nous nous sommes battus pour le changement. Étions-nous unis seulement contre le régime de Kabila ? Et maintenant que ce régime a été évincé, nous sommes en train donc de nous entretuer. Maintenant Joseph Kabila se moque de nous.


Comment expliquer que, sous le régime de l’Union Sacrée pour la Nation, quelqu’un puisse mourir tout simplement parce qu’il a pris part à une manifestation publique ? Et ce n’est pas la Police qui le tué, mais ses anciens compagnons de lutte !
Si nous ne nous tolérons pas aujourd’hui avant les élections. Que va-t-il advenir pendant et après les élections ? Allons-nous donc nous entretuer massivement ? », s’est-il indigné tout en insistant sur la conduite des enquêtes judiciaires pour élucider ce crime ignoble.

Une autre question qui défraie actuellement la chronique en Rdc, c’est la grève des enseignants, qui est gérée de façon calamiteuse par le ministre de l’EPST, Tony Mwaba Kazadi. A ce sujet, l’élu de la commune de Lingwala est favorable à la réduction des salaires et émoluments des députés et membres des institutions de la République pour financer la gratuité de l’enseignement.


« On ne peut pas chaque fois demander aux enseignants de serrer la ceinture, de se sacrifier, pendant que nous, les dirigeants, nous sommes bien rémunérés.


Je salue la proposition de mes compatriotes Delly Sessanga et Claudel Lubaya, qui préconisent la révision à la baisse de nos émoluments pour financer la prise en charge des enseignants par l’État.


Nous devons prêcher par l’exemple. S’il y a des sacrifices à consentir, ces sacrifices doivent être repartis du sommet à la base.
Pourquoi nous voulons tous les temps imposer des sacrifices aux plus pauvres et aux plus faibles ?
A ceux qui sont nantis, on ajoute les jeeps palissade, et aux démunis, le fardeau du RAM pour qu’ils s’appauvrissent davantage », a -t-il fustigé.

Et Mike Mukebayi Nkoso de proposer au ministre de l’EPST de dialoguer avec les enseignants pour désamorcer cette grève qui pénalise les élèves.


« A l’époque de leur prise en charge par les parents, certains enseignants touchaient 300, 500 voire même 800 dollars. Et lorsqu’on leur enlève ce droit acquis, on les rend plus pauvres qu’avant. Alors, il ne faut pas les brimer, il faut plutôt dialoguer avec eux , pour ne pas pénaliser les enfants qui étudient dans les écoles officielles où s’applique la gratuité.


La gratuité de l’enseignement décrétée par le Chef de l’État est une bonne chose. Mais il faut mobiliser les fonds pour mettre les enseignants dans de bonnes conditions de vie et de travail. Cela en réduisant effectivement le train de vie des institutions publiques. », a-t-il suggéré.

Et le remue ménage au sein de l’Union Sacrée pour la Nation était également au cœur de l’intervention de Mike Mukebayi. Pour ce Communicateur du parti cher au Chairman Moïse Katumbi Chapwe, la famille politique du Chef de l’État n’est pas une mer tranquille.


« Je dois reconnaître qu’il y a discorde au sein de l’Union Sacrée. Bien qu’étant membre, nous n’émettont plus sur la même longueur d’onde que nos partenaires, dont l’Udps.
Nous, Ensemble pour la République, nous sommes venus à l’Union Sacrée par l’amour du Congo. Mais l’Union Sacrée commence à nous mettre mal à l’aise.


Ainsi par exemple, concernant la désignation des animateurs de la Ceni, on a mis en place une Commission paritaire sans consulter les groupes parlementaires censés envoyer leurs délégués. C’est ainsi qu’un député de Ensemble a été aligné sans que ce dernier ne soit mandaté par le parti.


De la même façon, on désigne un membre de Ensemble comme Rapporteur Adjoint de la Ceni, sans le quitus de notre famille politique. Et pourtant, lorsque nous étions en négociation avec nos partenaires de l’Udps, il était question que Ensemble pour la République occupe le poste de Rapporteur. Grosso modo, Ensemble n’a délégué personne pour siéger à la Ceni »

Et Mike Mukebayi de dénoncer la politique de débauchage pratiquée au sein de l’Union Sacrée pour affaiblir les partenaires du Chef de l’État.


« Donc, le débauchage que nous avions décrié sous Kabila revient en force. Et par ce genre d’agissements au sein de l’Union Sacrée, nous donnons au Pprd et au Fcc la possibilité de revenir en force sur la scène politique congolaise.


Et à ce sujet, nous sommes en concertation au sein de notre composante. Et si nos partenaires ne rectifient pas le tir, Ensemble peut envisager même de quitter l’Union Sacrée.
Nous n’avons pas peur du débauchage. Joseph Kabila a fait la même chose contre l’Udps, et l’Udps n’a pas disparu. Et Ensemble ne va pas pour autant disparaitre », a-t-il martelé.

Par ailleurs, Mike Mukebayi Nkoso est vent debout contre la campagne de diabolisation du Chairman Moïse Katumbi, au sein même de l’Union Sacrée.


« Lorsque Moïse Katumbi et Ensemble avaient répondu à l’appel du Chef de l’État, nous étions des saints, aujourd’hui, on nous diabolise.


Ensemble s’était associé avec le Chef de l’État pour l’intérêt du Congo, pour mettre Kabila hors d’état de nuire, pas pour les postes.
Nous avions tous (Udps, Ensemble, Lamuka) décrié les pratiques antidémocratiques du régime passé. Comment pouvons-nous reproduire les mêmes pratiques, au point de devenir des adeptes du pouvoir pour le pouvoir comme Kabila ? Autrement dit: « je dois coûte que coûte me maintenir au pouvoir, même si les élections sont mal organisées ».


Pourquoi devrions-nous toujours avoir des élections émaillées des troubles et des contestations ?
Quand est-ce que nous allons pacifier le pays pour construire le Congo ? », s’est-il interrogé à haute voix tout en soulignant que le Chef de l’État a une très lourde responsabilité sur l’avenir du pays quant à sa décision d’investir ou non l’équipe nouvellement entérinée de la Ceni.

A la question de savoir si l’on peut envisager un rapprochement entre Ensemble et le FCC ou avec Lamuka de Martin Fayulu et Adolphe Muzito ?
L’élu de de Lingwala n’est pas allé par le dos de la cuillère, en indiquant que Ensemble ne basculera pas dans l’opposition contre le Chef de l’État.


« Croyez-vous que si on quittait l’Union Sacrée, Ensemble va aller à Kingakati ? »
Il reste deux ans avant les prochaines élections, et si jamais on quittait l’USN, Ensemble va se consacrer à la préparation des élections de 2023. Nous n’allons jamais combattre le pouvoir du Président Félix Tshisekedi. Nous allons le laisser travailler tranquillement pour le développement du Congo et le bien-être de la population.


C’est la politique de débauchage qui peut nous amener à quitter le l’Union Sacrée.


Nous ne sommes pas d’accord avec le Chef de l’État et l’Udps à cause de la politique de débauchage et des actions hostiles menées au sein de l’Union Sacrée contre Ensemble et son Chairman Moïse Katumbi.


Nos alliés veulent nous déstabiliser à travers la politique de débauchage. C’est ça la pomme de discorde. Et nous avons comme l’impression qu’on a plus besoin de Ensemble dans l’Union Sacrée au sein de laquelle l’Udps a tendance à imposer sa volonté plutôt que de négocier avec ses partenaires. C’est ce que nous refusons », a conclu Mike Mukebayi Nkoso.

JR MOKOLO

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