Comme annoncé lors de nos précédentes livraisons, Félix-Antoine Tshisekedi a prononcé son discours sur l’État de la nation ce vendredi 13 décembre 2019, devant le parlement réuni en congrès au palais du peuple.
Dans une salle des congrès remplie de plus au moins 3 mille personnes dont les officiels et les partisans, le président de la République a, pendant près de 3 heures de temps, soit de 12heures 28 minutes à 15 heures précises parcouru tous les secteurs de la vie nationale. Cela sous les applaudissements de ses nombreux partisans  qui ont pris d’assaut le balcon de la salle des congrès et sous le regard témoin des membres du corps diplomatique. Un long discours qui aura fatigué l’auditoire, mais aussi un discours bilan de l’action déjà réalisée renfermant en outre une série des promesses à réaliser pour pendant les prochaines années. Félix-Antoine Tshisekedi reste plutôt ambitieux , mais limité par la faiblesse caractérise  son pouvoir.

Sur le plan politique par exemple, le chef de l’État congolais a salué le courage de son prédécesseur et frère d’après ses propres termes , Joseph Kabila pour avoir respecté son engagement constitutionnel en permettant au peuple congolais de se choisir ses propres nouveaux représentants. Le numéro un (1)  congolais s’est plutôt montré favorable au sujet du changement de certaines dispositions  de la constitution ,axceptées celles déclarées intangibles  afin de  l’adapter à l’évolution politique moderne.

Tshisekedi pour des discussions  politiques (dialogue) en vue de la réforme constitutionnelle ?

En tout cas, tous les analystes qui ont suivi le président Congolais auront constaté que Félix-Antoine Tshisekedi semble, à l’instar de l’opposition (Lamuka), engagé pour des réformes institutionnelles , mieux constitutionnelles en vue de baliser le chemin pour les élections futures.

À l’entendre, le successeur de Joseph Kabila envisage plutôt la révision de quelques dispositions de la constitution en vigueur. Voilà pourquoi, il n’a pas hésité à convier  la classe politique de réfléchir sur ce qui devrait être fait pour l’intérêt de tous.

« (…) Cette première année de mon mandat a été marquée par l’installation des institutions Président de la République, Assemblée nationale, Sénat, Assemblées Provinciales et Gouvernements Provinciaux. Je ne vais pas vous rappeler ici que les animateurs des entités municipales, urbaines et locales sont demeurées les mêmes. Et leur remplacement par l’organisation des élections s’impose. Mais en attendant, il faudra envisager une mise en place concertée et provisoire. Il y a eu plusieurs allégations quant à la manière dont les contentieux électoraux ont été gérés par les différentes instances judiciaires . C’est pourquoi j’avais demandé au Procureur général de la République d’ouvrir une enquête quant à ce. Ces mêmes allégations de corruption ont émaillé à la fois les élections des gouverneurs et des sénateurs. Que ça soit au niveau de la gestion du contentieux électoral et du mode des scrutins,il y a eu de questionnements », fait savoir Félix-Antoine Tshisekedi pour qui, les acteurs politiques ne  doivent pas se voiler la face.

« Ne nous voilons pas la face. Vous et moi, nous sommes conscients qu’il y a des choses qui ont choqué la conscience collective. Et que nous devons absolument changer », a- t’il lancé.

Le président congolais s’est  interrogé sur la possibilité d’engager notamment, au-delà des clivages politiques, un débat sur l’efficacité du mode de désignation des Gouverneurs des provinces pour qu’ils soient investis de toute la légitimité nécessaire pour s’atteler à la tâche de développements de leurs entités.

« (…) De même, Honorables Députés et Sénateurs,ne devons-nous pas nous interroger sur les avantages du rétablissement du deuxième tour de l’élection présidentielle de manière à ce que le vainqueur puisse être revêtu de la légitimité suffisante pour appliquer sa vision partant d’une posture de rassemblement et être comptable devant le peuple ? », s’interroge -t-il.

Pour certains analystes avertis, le chef de l’État vient là de répondre indirectement à la démarche amorcée par certains leaders politiques souhaitant des discussions politiques en vue d’engager des réformes nécessaires pour les prochaines échéances électorales en RDC. Car, il est impossible d’envisager la modification de certaines dispositions ainsi que l’a souhaité le chef de l’État, sans pourtant consulter préalablement la classe politique. Et  cela, à travers des discussions permettant aux uns et aux autres de lever les options sur les grandes questions d’intérêt général.

Félix-Antoine Tshisekedi qui est par ailleurs revenu plusieurs fois sur les acquis de l’alternance politique de 2018, semble visiblement engagé dans la voie des échanges politiques , bien  qu’il s’est abstenu   de le  déclarer clairement dans son discours.
Probablement, les jours à venir pourront nous réserver de surprises quant à la suite des événements en perspective des élections de 2023.

Jean Médard LIWOSO