1er février 2017 au 1er février 2020, voilà déjà 3 ans que le président et cofondateur de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps), tirait sa révérence en terre étrangère, précisément dans un hôpital bruxellois, en Belgique.

A Kinshasa, la commémoration de la regrettable disparition d’Étienne Tshisekedi – le sphinx de Limete – a été marquée ce samedi par la célébration d’un culte d’action de grâce au mausolée érigé en sa mémoire, dans la commune de la N’sele. C’est sur ce lieu que son héritier politique – l’actuel président de la République – Félix Antoine Tshisekedi, mais aussi beaucoup d’autres membres de ses familles tant biologique que politique tout comme des personnalités politiques ont pris part.

Il se trouve que la commémoration de ce 3ème anniversaire de la mort du plus vieil opposant congolais intervient dans un contexte de division et d’éclatement du parti. Loin de rassembler les compagnons de lutte, le départ d’Étienne Tshisekedi aura amplifié la fracture. La réalité actuelle ne facilite pas la solidité du parti appelé à pérenniser le combat de de ce farouche opposant à Mobutu, puis Laurent Desiré Kabila et enfin Joseph Kabila . Pour beaucoup d’analystes, en plus de la gestion irrégulière des organes dirigeants , le « deal politique » inattendu scellé en toute opacité entre Félix Antoine Tshisekedi et Joseph Kabila, à l’issue des contacts secrets suivis d’une série de débauchages orchestrée par le régime sortant – serait donc l’épine dorsale de la dégringolade de popularité observée actuellement au sein du parti de la dixième rue Limete. Il ne reste qu’une formation politique désossée et amputée de cerveaux moteurs, sinon à compter au bout de doigts. Au pouvoir, le parti semble encore tantônner au lieu de donner clairement les orientations par les actions à impacts visibles et favorables à la population. Tout laisse croire que l’idéal défendu par Etienne Tshisekedi s’est volatilisé avec sa disparition. Et c’est l’impression généralement partagée par certains fidèles du parti.
Pour nombre d’observateurs, il est presque impérieux pour les animateurs du parti présidentiel de revenir aux fondamentaux qui ont toujours guidé le fonctionnement de l’udps afin de redorer le blason terni et de retrouver l’union de ses grands cadres. Cette idée doit être une priorité pour les tshisekedistes dans le contexte actuel et dans la perspective des enjeux futurs au pays. Autrement, l’udps rejoindra le cimetière d’autres grands partis après la mort de leurs présidents!

Alain St. Bwembia