Basé à Londres en Grande-Bretagne, banquier de son état et militant anti corruption à Unis Network , une structure spécialisée, notamment dans la lutte contre la corruption, Stéphane Manzanza, à l’instar de tous les  congolais, reste préoccupé de l’évolution de la situation politique dans son pays, la RDC. Dans une tribune parvenue à politiquerdc.net, ce mardi 4 février 2020, Stéphane Manzanza revient sur la promesse de Félix – Antoine Tshisekedi de faire de 2020 une année d’action. En prenant comme image les cinq doigts de la main du président de la République,il essaye de démontrer en 5 catégories les acteurs qui peuvent contribuer positivement ou négativement à la réussite ou à l’échec de la vision du chef de l’État congolais dont la victoire à la magistrature suprême est  encore loin de  faire l’unanimité au sein de la population.

Ci-dessous l’intégralité de sa réflexion.

Les cinq doigts de Félix Tshisekedi (chronique de Stéphane Manzanza)

Plus d’une année déjà depuis que la République Démocratique du Congo a connu une alternance inédite. Réalisme politique pour les uns et vaste escroquerie vouée à l’échec pour les autres.

Néanmoins, tous s’accordent que les résultats obtenus sont de loin en deçà des attentes légitimes du peuple longtemps meurtri pendant près de deux décennies de gestion prédatrice du régime précédent. En décrétant 2020 comme une année d’action, la communication de la présidence est presque dans un aveu d’inertie et de tâtonnements qui ont caractérisé le premier exercice de l’ère Tshisekedi à la magistrature suprême.

L’année 2020 s’annonce donc frénétiquement intense. Le ton est donné par le Président Félix en personne, qui se dit prêt à user de ses prérogatives constitutionnelles pour dissoudre l’Assemblée Nationale, si jamais on lui force la main.

Parlant justement de la main de Félix Tshisekedi, de quoi est-elle constituée ? C’est la petite gymnastique à la quelle nous tentons de nous livrer en regroupant ses hommes en cinq catégories ou doigts d’une main.

Les pouces:

Ils ont un parcours quasi irréprochables. Sobres, rigoureux dans le travail, pas friands des médias. Ils se distinguent par un professionnalisme remarquable. On y retrouve François Beya, Eberande Kolongele, Aimé Wameso, Nicolas Kazadi, Alexis Kayembe, Claude Ibalanky, Fortunat Biselele et John Nyakeru.

Les Index:

Très présents dans les médias. Souvent Bling bling. Ils se font remarquer par des annonces tonitruantes, mais le maigre résultat palpable de leurs actions fini par les remettre à leurs places. On y retrouve par exemple Jean – Marc Kabund, Vidiye Tshimanga, Luc Gérard Nyafé, Jean Claude Kabongo et Lydie Omanga. Ils ne sont pas absolument nuls, mais les attentes placées sur eux ont peut-être été exagérées par rapport à leurs réelles capacités.

Les majeurs:

Véritables doigts du milieu, ils constituent le problème majeur de l’entourage du Président. ils sont autant médiocres dans leur action que désastreux dans leurs sorties médiatiques pour certains. On y retrouve Vital Kamerhe, Augustin Kabuya, Abraham Luakabwanga, André Kabanda, Kasongo Mwema, Gilbert Kankonde et Acacia Bandubola.

Les annulaires:

Ce sont les doigts qui servent à porter la bague de l’alliance mais dont on ne sert pratiquement pas au quotidien. Ils sont constitués de quelques valeurs incontestables, mais qui restent sur le banc de touche, sacrifiés au nom de l’équilibre géopolitique ou encore pour ne pas heurter certains intérêts obscurs. On y retrouve François Mwamba, Jacquemain Shabani, Laurent Batumona, Tryphon Kinkiey et Claudel Lubaya.

Les auriculaires

Ce sont les petits doigts qui s’occupent des oreilles. Il s’agit d’acteurs politiques prêts à tout pour être nommés par le Chef de l’État. Ils passent leur temps à chanter à sa louange et à défendre becs et ongles toutes ses décisions afin d’attirer son attention. On y retrouve Jean Bertrand Ewanga, Ted Beleshayi, Prof André Mbata, l’évêque Mukuna, Gabriel Mokia et… Après la désignation des mandataires publics, il y en a qui vont perdre patience et franchir le rubicon.

Quant au peuple, sa seule préoccupation reste l’amélioration de son vécu quotidien. C’est sur ce registre que sera jugé l’action du Président de la République. A lui de faire bon usage de ses doigts pour avoir une main forte et agissante.

Stephane Manzanza, banquier et militant anti corruption à Unis Network, basé à Londres.