Crise FCC-Cach : sauf forcing, Fatshi ne dispose pas d’assez de marge pour renverser la majorité parlementaire FCC

Les rumeurs courent de partout et surtout dans les milieux proches et des partisans du président de la République sur un possible renversement de la majorité au parlement. Et le dernier communiqué annonçant le report pour une date ultérieure de la 54e réunion du conseil des ministres de ce vendredi 23 octobre et l’adresse à la nation pour ce même vendredi du président de la République sont autant d’éléments qui alimentent les débats politiques au sein de la société.

Nombreux dans l’entourage du chef de l’Etat congolais estiment que Félix Antoine Tshisekedi présenté – à tort ou à raison – d’être le vainqueur dans la bataille de la prestation de serment des 3 juges constitutionnels nommés par lui depuis juillet dernier, mais contestés par la famille politique de son allié, le Fcc de Joseph Kabila , pourrait encore surprendre ce vendredi.

Depuis ce passage en force de la prestation de serment de ces trois juges contestés, le président de la République semble inarrettable et déterminé à prendre des décisions hautement politiques.

Et pour accréditer cette thèse, un fake news a été balancé ce jour, à travers les réseaux sociaux sur une quelconque invitation du premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba (Fcc) par le président de la République afin d’exiger sa démission.

Heureusement que ce ballon a été vite dégonflé par Patrick Nkanga – le conseiller juridique du chef du gouvernement – mais aussi par certaines sources à la présidence de la République contactées par politiquerdc.net.

Une chose est sûre, l’adresse du chef de l’Etat congolais annoncée dans un contexte particulier de crise entre les coalisés au pouvoir suscite pas mal de spéculations et d’interrogations au sein de l’opinion publique.

Que va dira Félix Antoine Tshisekedi, ce vendredi ?
C’est toute la question qui taraude les esprits de plus d’un congolais.

Sur le plan constitutionnel, outre son message à la Nation devant l’Assemblée nationale et le sénat réunis en congrès une fois l’an, le Président de la République est également libre de s’adresser à son peuple autant de fois qu’il le souhaite et pour des questions qu’il estime importantes.

Pour le commun des mortels, le chef de l’Etat pourrait – lors de son adresse très attendue ce vendredi – prendre la lourde décision de prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale, sinon exiger la démission du premier ministre; si ce n’est annoncer la rupture de la coalition FCC-Cach.

Pour les analyses avertis, à moins d’un énième forcing, les trois hypothèses évoquées passeraient difficilement.

En effet, la constitution congolaise laisse au Président de la République – en cas de crise persistante entre le gouvernement et le parlement – la possibilité de dissoudre l’Assemblée Nationale.

Or, dans la situation actuelle, cette hypothèse n’est pas encore rencontrée: il n’y a pas encore de crise persistante entre le gouvernement et l’Assemblée nationale, tous deux dominés par le FCC, la famille politique de Joseph Kabila. On a d’ailleurs assisté à cette solidarité sans faille entre le gouvernement et le parlement ce mercredi 21 octobre. Une majorité écrasante des ministres du gouvernement , des députés nationaux et sénateurs du Fcc était absente dans la salle des congrès du palais du peuple.

Quant à l’éventualité de la démission du chef du gouvernement, le Président de la République n’a pas besoin de passer par une communication publique, sauf pour des fins propagandistes.
En plus, aucune disposition constitutionnelle ne lui permet de révoquer un premier ministre issu d’une majorité parlementaire. Le fait pour un premier ministre de refuser d’exécuter une demande de démission de son gouvernement, ne donne non plus le droit au Président de la République de nommer un informateur aux fins d’identifier une nouvelle majorité. Une hypothèse visiblement irréaliste selon la constitution en vigueur, surtout lorsque l’on sait que la majorité parlementaire FCC semble confortable et bien soudée jusqu’à ce jour. Et le mot d’ordre de boycott de la cérémonie de présentation de serment suivi par celle-ci est une preuve que malgré les turbulences, la famille politique de Joseph Kabila reste soudée, du moins jusqu’à la preuve du contraire!

En ce qui concerne la probabilité de mettre fin à la coalition, l’on se rappellera que lors de son dernier séjour à Brazzaville au Congo, Félix Antoine Tshisekedi avait affirmé que la rupture n’était pas encore possible en dépit de malaise qui caractérisait le fcc-Cach. L’heure de la rupture aurait-elle sonné quelques mois après?

Dans les réseaux sociaux voire dans certains médias, certains acteurs évoquent la thèse d’une nouvelle majorité qui serait en passe d’être constituée et qui rendrait possible la rupture politique entre le FCC te le Cach. Cependant, pour un spécialiste des questions parlementaires, cette hypothèse pourrait difficilement tenir.

En effet, la vérité d’après ce spécialiste, est que même si tous les députés de la coalition Lamuka et ceux de l’AFDC-A parvenaient à se rallier aux 48 de la coalition Cach, le compte sera loin d’être bon. Le Fcc garderait toujours sa majorité.

Ainsi, l’opinion devrait savoir que seul le forcing politique à l’image de ce qui s’est passé lors l’investiture des 3 nouveaux juges de la cour constitutionnelle pourrait faire en sorte que l’actuel locataire du palais de la Nation arrive à lever l’option sur l’une ou l’autre des hypothèses soulevées ci-dessus, pense un observateur.

Qu’à cela ne tienne, « le monde politique c’est un monde de risques », avait dit un acteur politique. Félix Antoine Tshisekedi a tout le tableau de la situation devant lui et il lui appartient de bien se déterminer au risque d’être pris de court par son partenaire dont l’envie de la revanche politique brûle le coeur. Mais en attendant,sauf le forcing, Fatshi ne dispose pas d’assez de marge pour renverser la majorité parlementaire.

Constant Mohelo

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