Le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, a officiellement donné le coup d’envoi, ce mardi 25 août à Kinshasa, de la campagne de balisage du fleuve Congo et de la rivière Kasaï. La cérémonie a été marquée par la présentation de plusieurs équipements et engins fluviaux et ferroviaire destinés à renforcer la sécurité, la capacité opérationnelle et la modernisation du transport fluvial en République démocratique du Congo.


Dans son allocution, le vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a présenté le déploiement de ces nouveaux moyens comme une étape majeure dans la transformation du secteur des transports.
« L’événement qui nous réunit marque un tournant décisif pour le secteur de la navigation fluviale et lacustre. Ce déploiement logistique intègre une vision globale : il s’agit non seulement de renforcer notre flotte d’unités de transport, mais aussi et surtout de nous doter d’équipements performants dédiés à l’entretien et au balisage de nos voies navigables », a-t-il déclaré.
La République démocratique du Congo dispose d’environ 25.000 kilomètres de voies navigables explorées, dont 16.000 kilomètres sont classifiés et catégorisés.
Dans ce vaste réseau, la Régie des voies fluviales (RVF) joue un rôle central dans l’entretien et la sécurisation des axes de navigation.
« Pour assurer une meilleure navigation sur ces voies navigables, la RVF travaille régulièrement avec des équipements à sa disposition et lesdits équipements permettent de mener plusieurs actions dont notamment le balisage, le dragage et les désengagements », a indiqué le VPM Jean-Pierre Bemba.
Pour la campagne lancée sur la rivière Kasaï, deux baliseurs seront notamment mobilisés afin de matérialiser les voies navigables, signaler les zones à risque et améliorer les conditions de navigation.
À ces équipements s’ajoute une drague multifonctions acquise sur financement propre du Gouvernement.


« Nous enregistrons également l’arrivée d’une drague multifonctions, acquise sur fonds propre du Gouvernement de la République, une première depuis près de quarante ans », a souligné le vice-Premier ministre.
La démonstration sur le fleuve a également permis de présenter quatre pousseurs, vingt canots, des baliseurs ainsi qu’une péniche métallique.
Des péniches métalliques pour sécuriser le transport
La modernisation du transport fluvial passe également par le renouvellement des embarcations et le renforcement des mesures de sécurité.
Jean-Pierre Bemba a rappelé plusieurs dispositions prises par le Gouvernement, notamment le port obligatoire du gilet de sauvetage, le contrôle technique des embarcations, l’interdiction de la navigation nocturne, l’assurance obligatoire ainsi que le contrôle de la formation des commandants.
Le Gouvernement entend également réduire progressivement la dépendance aux baleinières en bois grâce à un projet pilote de construction navale.
« Ce projet pilote de construction navale franchit aujourd’hui une étape concrète avec la livraison, par la Régie des Voies Fluviales (RVF), du tout premier exemplaire de ces péniches métalliques », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle unité peut transporter jusqu’à 98 passagers par rotation. Deux autres exemplaires, actuellement en construction à l’ONATRA, devraient être livrés dès le mois prochain. L’ambition affichée est d’atteindre, à terme, une flotte de 100 unités opérationnelles.
Parallèlement, l’ONATRA poursuit la construction de bateaux voyageurs, de bateaux rapides pour la liaison Kinshasa-Brazzaville ainsi que de taxis fluviaux destinés notamment à la desserte de Maluku.
Pour le transport des marchandises, six pousseurs neufs sont également en construction sur financement propre de l’ONATRA, dont deux sont déjà opérationnels.
« Ces équipements permettront de renforcer la traction des barges ainsi que l’acheminement des cargaisons, redynamisant ainsi durablement le secteur fluvial », a affirmé M. Bemba.
Le ferroviaire également au cœur des investissements
La stratégie de modernisation ne se limite pas au transport fluvial. Le secteur ferroviaire bénéficie lui aussi de nouveaux investissements.
L’ONATRA a ainsi relancé son réseau urbain avec 17 voitures, dont sept automotrices.
« Dans une dynamique d’intermodalité, les passagers arrivant à Kinshasa pourront désormais être acheminés par le train urbain exploité par l’Onatra », a indiqué le vice-Premier ministre.
Sur le réseau de trains de grande ligne, une première locomotive neuve, immatriculée 1501, est déjà opérationnelle. La 1502 est, quant à elle, en cours de livraison.
« Ce parc de traction sera renforcé par l’arrivée programmée, pour le 10 octobre 2026, de quarante-deux wagons neufs. Par ailleurs, la procédure d’acquisition de cinq autres locomotives neuves est en cours de finalisation », a-t-il annoncé.
Pareillement, le Gouvernement a prévu également de renforcer la surveillance des voies navigables. Le ministère des Transports a acquis 26 hors-bords équipés de moteurs de 250 chevaux, dont 20 déjà livrés seront affectés aux opérations de patrouille.
Quatre pousseurs neufs financés par le Trésor public seront, pour leur part, consacrés aux missions de sauvetage.
« Ils assureront des missions de sauvetage, ils seront déployés, comme les canots rapides, sur le fleuve et ses affluents », a précisé M. Bemba.
Pour le vice-Premier ministre, toutes ces acquisitions répondent à une ambition commune :
« rendre notre transport fluvial plus moderne, plus sûr, plus efficace et plus accessible à notre population ».
Jean-Pierre Bemba a, par ailleurs, exhorté les dirigeants de l’ONATRA et de la RVF à maintenir les efforts en matière d’entretien des équipements, de formation du personnel et d’application stricte des règles de sécurité et de navigation.
La cérémonie s’est achevée par un défilé des différentes unités flottantes sur le fleuve Congo, avant une visite du Chef de l’État de la nouvelle locomotive de l’ONATRA.


Le président de l’Assemblée nationale, plusieurs membres du Gouvernement ainsi que des responsables de différents services étatiques ont pris part à cette activité, ponctuée par les interventions du directeur général de la Régie des voies fluviales, de la ministre du Portefeuille et du vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo.
Rédaction




















































