Le monde entier a célébré ce 1er décembre la journée mondiale de lutte contre le SIDA. Une occasion pour un collectif de mouvements citoyens de se réunir pour examiner la situation de cette maladie transmissible qui impacte négativement l’économie et le social de plusieurs familles. Au cours de cet examen entre les animateurs de Ekoki, Eccha-RDC, IL EST TEMPS, Ubuntu, Forum Citoyen, Femmes Debouts, Good Attitude, Lucha et Res Publica, il a été révélé que, depuis la pandémie Covid-19 et les décès enregistrés jusqu’à présent, l’humanité semble avoir oublié une maladie qui cause plus de morbidité et de mortalité infantile de loin que le SIDA et la covid19 qu’est le paludisme. Une maladie qui est pourtant possible d’éviter et de traiter, mais qui fait encore des milliers de morts chaque année en en RDC. Les progrès mondiaux de lutte contre le paludisme risquent d’être remis en cause des lacunes en matière d’accès, la covid19, le SIDA et le financement insuffisant. Et ce, malgré l’engagement pris par 193 dirigeants de la planète d’éradiquer la malaria d’ici 2030, lors de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 25 septembre 2015.
En effet, dans un communiqué rendu public ce mercredi 1er décembre par ce collectif de mouvements citoyens, les signataires exhortent le président de la République Démocratique du Congo à ne pas exclure l’élimination du paludisme dans sa vision axée sur le développement et la croissance économique, car la malaria reste plus meurtrière en RDC que toute autre pandémie.
« (…)Nous, Mouvements Citoyens Congolais signataires de la présente Déclaration, exhortons le Chef de l’Etat de matérialiser sa vision sur l’élimination du Paludisme, lancée en 2019, et répondre ainsi aux exigences à son Programme quinquennal basé sur les ODD, à travers quatre axes stratégiques, à savoir l’Homme, la Bonne gouvernance, la Croissance économique durable pour une Société solidaire; et demandons de coordonner de plus haut niveau pour l’élimination de cette maladie. Nous,
Mouvements Citoyens Congolais militant pour la bonne gouvernance,
demandons aux partenaires techniques et financiers d’intégrer le Paludisme dans leurs priorités, qui affecte à la fois la santé et le bien être (développement social et économique). Demandons aussi la participation communautaire avec un engagement public à tous les niveaux pour aider des femmes et enfants à vivre mieux », a-t-on lire dans le communiqué.
Signé par Freddy-Marcel Bononga et Nera Chanera Kanyinda au nom de ce collectif, les animateurs de ces mouvements citoyens ont formulé quelques recommandations pratiques que voici:
-Prévenir la résistance des moustiques aux insecticides en investissant significativement sur la
protection individuelle, par des moustiquaires imprégnées d’insecticides qui doivent être à la portée de tous à l’instar des préservatifs pour le VIH/SIDA;
-Créer des réelles transformations par la mise en oeuvre des règles politiques, économiques et sociales
qui répondent de manière adéquate aux besoins des communautés défavorisées et marginalisées;
-Prévenir les perturbations climatiques par la mise sur pied d’un mécanisme probant de la protection
de l’environnement particulièrement
pendant les saisons des pluies;
- Accroitre la chimioprévention par la
distribution ponctuelle et régulière des traitements antipaludéens tout en renforçant et accroissant les traitements antipaludéens à base
d’artémisinine par l’investissement de toutes les ressources possibles pour que ces traitements soient
accessibles à tous en tout lieu; - Encourager et soutenir
systématiquement des recherches scientifiques sur le vaccin contre le
paludisme.
Le SIDA et la Covid-19 ne doivent pas faire oublier aux congolais le paludisme qui a un taux élevé de morbidité et de mortalité. En RDC, selon le dernier rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé, la malaria cause 6 décès par heure. En 2019, six pays de la région africaine concentraient 50 % des cas de paludisme dans le monde : le Nigéria (23 %), la République démocratique du Congo (11 %), la République-Unie de Tanzanie (5 %), le Niger (4 %), le Mozambique (4 %) et le Burkina Faso (4%). L’année 2020 a connu quant à elle, 384 000 décès évitables dus au paludisme qui ont été recensés dans la région africaine de l’OMS.
Rappelons par ailleurs que cette année, en Avril, le thème retenu pour la journée mondiale de lutte contre le palu était : « Zéro palu-Tirer un trait sur le paludisme » en partant du principe que chaque cas de paludisme est évitable et chaque décès lié au paludisme est inacceptable.
Alain St. Bwembia



















































