En lisant l’article de Thomas Luhaka intitulé : « IL ÉTAIT UNE FOIS JEAN-PIERRE BEMBA ET LE MAJOR MUHOOZI », on réalise aisément comment un politicien converti en historien est capable de dénaturer une histoire originale, par des omissions et ajouts invraisemblables, afin de s’octroyer le statut que les faits ne lui ont pas donné. Les faits sont alternativement grossis ou amoindris sous les outrages de la recherche effrénée de sa gloire personnelle et la quête constante de noircir le tableau de tout autre acteur.
Un récit dénaturé
Ainsi, l’acteur politique désormais conteur, donne un récit partiel et fort penché des faits à travers lesquels il s’octroie un rôle qu’il n’a pas joué à l’époque, en injectant comme un venin, des insinuations juste dans l’intention de nuire à son ancien chef, Jean-Pierre Bemba, qu’il a traîtreusement malmené avant de s’infiltrer subtilement dans la famille biologique de Kabila par union conjugale pour ensuite rejoindre sa famille politique et bénéficier par pur calcul des avantages.
Raison pour laquelle la publication politiquement orientée de Thomas Luhaka mérite quelques mises au point :
LUHAKA n’a jamais commandé des troupes
Thomas Luhaka affirme sans nuance ni réserve que Jean-Pierre Bemba, en difficulté à Beni à l’époque, aurait sollicité son intervention alors que lui, Luhaka, était secrétaire national adjoint du FLC en charge « des activités militaires », en étant à Butembo à la tête d’une brigade d’environ 2700 hommes!
D’aucuns savent pertinemment bien qu’un secrétaire national fait partie de la branche politique, dans le cas d’un mouvement politico-militaire et que, même en charge des activités militaires, il ne commande pas les troupes. A l’époque des faits, Thomas Luhaka était civil. En conséquence, il ne pouvait jamais commander des troupes et ne devait nullement se retrouver à la tête d’une brigade. En plus, Luhaka n’était qu’un adjoint. Comment pouvait-on lui confier le commandement de 2700 hommes ?
En effet, le commandant des unités du FLC n’était autre que le colonel Kibonge qui deviendra plus tard général à Kinshasa. Thomas Luhaka omet de le citer dans son récit dans le but de donner un semblant de consistance à son pamphlet et à son statut fictif.
BEMBA victime d’orthodoxie de gestion
Thomas Luhaka affirme en outre que Bemba en difficulté, rencontre l’indifférence du colonel Burundi. Celui-ci, suivant le récit inexact de Luhaka, considère que le chairman du MLC est victime de son « arrogance ». Ainsi, ne lèvera-t-il pas le petit doigt pour l’aider.
En réalité, ce que Thomas Luhaka et ses amis de l’époque ne digeraient pas, c’est la gestion rigoureuse de Jean-Pierre Bemba. Habitués à la magouille, ils supportaient mal la transparence et l’orthodoxie de gestion imposée par Bemba. Celui-ci exigeait, pour la traçabilité que l’argent recueilli via l’imposition fiscale soit logé à la banque.
Point n’est besoin de le rappeler, une telle discipline ne peut faire l’unanimité, surtout auprès de ceux qui ont coutume de considérer qu’en période de conflit, les taxes et impots font partie du butin de guerre destiné au partage. C’est le cas de Thomas Luhaka et de ses amis qui se servaient en désordre de l’argent des taxes.
KABILA ne peut être patron de Bemba
Thomas Luhaka qualifie éhontément Joseph Kabila de l’ex « patron » de Bemba, au motif que ce dernier fut le vice-président de la République et Kabila était le Président. Il est étrange de constater qu’un ancien président d’une grande institution comme l’Assemblée nationale – poste qu’il a d’ailleurs occupé grâce à Jean-Pierre Bemba – soit ignorant du fonctionnement de l’État, au point de qualifier un Président de la République comme étant le patron d’un vice-président.
Il convient de préciser avant tout que si Thomas Luhaka s’est introduit dans la famille biologique de Kabila en position de quémandeur et considère ce dernier à juste titre comme son patron pour mériter un poste ministériel, ce n’est pas le cas de Jean-Pierre Bemba.
Et pour cause, le Président de la République et le vice-président étaient liés par une relation de collaboration. C’est à la suite du partage de pouvoir convenu à Sun City que les parties ont accepté de travailler ensemble et que l’espace présidentiel leur permettait de prendre certaines décisions en commun accord. Car,
Jean-Pierre Bemba et Joseph Kabila se sont fait la guerre. Il n’y a eu ni vainqueur ni vaincu et ils ont accepté de taire les armes et de sauvegarder l’unité du pays à travers l’accord de Sun City.
Dès lors confondre un patron – quelqu’un qui paie de sa poche un autre, en échange d’un service accompli et qui peut décider à tout moment de le suspendre, le virer, le permuter, le rétrograder – à un vice-président dans la configuration politique de l’époque, c’est tout sauf vrai.
Thomas Luhaka a choisi de continuer à servir Joseph Kabila qui le paie, au même titre que ses collègues Olivier Kamitatu, Seth Kikuni, pour répandre des mensonges contre Jean-Pierre Bemba à travers les médias.
BEMBA n’a jamais collaboré avec Kagame
Jean-Pierre Bemba explique clairement dans son livre : “Le choix de la liberté”, pourquoi il a pris les armes contre le régime de Laurent Désiré Kabila et pourquoi il a préféré créer le MLC au lieu de rejoindre le RCD après son échange avec Paul Kagame. Il a compris tout de suite que le Rwanda utilisait les Congolais pour donner malicieusement une coloration congolaise au mouvement pro-rwandais poursuivant des visées expansionnistes et d’exploitation. C’est ainsi que Jean-Pierre Bemba n’a jamais accepté d’adhérer au RCD comme le lui avait demandé Kagame à l’époque . L’histoire va lui donner raison parce que Thomas Luhaka et ses amis qui étaient au RCD vont finalement le rejoindre au sein du MLC. Il convient de noter que ce même Thomas Luhaka a été sauvé de justesse par Jean-Pierre Bemba d’une mort certaine suite au piège de ses anciens camarades du RCD qui le soupçonnaient des actes controversés.
Dans le contexte actuel, retenons que depuis la chute de la ville de Goma, Jean-Pierre Bemba a décidé de sensibiliser la jeunesse congolaise sur le danger qui guette la RDC. Partout où il est passé, il a harangué les foules, proclamant haut et fort : “Le Congo aux Congolais, le Rwanda aux Rwandais et l’Ouganda aux Ougandais.”
Il n’a en aucune fois gommé une partie de sa vie ni nié avoir travaillé avec les Ougandais, mais les termes de collaboration étaient fort clairs. Il n’a pas été question de vendre le pays tel que l’a fait Kabila et il n’y a pas un seul soldat ou officier ougandais au sein des FARDC venu dans le cortège du MLC, par brassage ou mixage. Jean-Pierre Bemba a pris soin de rapatrier tous les Ougandais chez eux avant de verser la totalité de ses troupes dans l’armée congolaise, contrairement au RCD qui se recycle à chaque saison sous d’autres appellations.
Dans le combat de Jean-Pierre Bemba, le MLC est son premier mouvement et il sera son dernier parti. Ce n’est pas le cas pour les opportunistes du rang de Thomas Luhaka, qui mangent à tous les rateliers.
Trahison sur trahison
Cette inconstance permanente a mené Thomas Luhaka dans une tentative de détournement du parti de Jean-Pierre Bemba alors que ce dernier lui en avait confié le secrétariat général pendant sa longue et injuste détention à la CPI. Mais, comme Judas Iscariote, Luhaka n’a pas trouvé mieux que de trahir Bemba en proposant de vendre le MLC à Kabila, son nouveau patron. C’est logique qu’il s’agite contre Jean-Pierre Bemba qui n’a fait que dépoussiérer la vérité connue de tous sur les origines de Joseph Kabila. Un secret de polichinelle.
De dissidence en dissidence, le parcours de Luhaka n’est jonché que de trahison:
Il a trahi feu Zahidi Ngoma qui l’a amené dans ses bagages de Paris pour le RCD à Goma pour rejoindre Mbusa Nyamwisi au RCD/KML à Bunia. Puis, il va trahir Mbusa Nyamwisi pour rejoindre Jean-Pierre Bemba au sein du MLC à Gbadolite. Et au comble de tout, il va trahir Jean-Pierre Bemba pour sceller désespérément la mort politique de celui-ci par l’acte de décès de son parti, proposé à Kabila. C’était le prix à payer pour se glisser subtilement dans la famille biologique de Joseph Kabila. Lui qui est tombé comme un cheveu dans la soupe au MLC, va pousser l’outrecuidance et l’ambition jusqu’à créer un MLC bis en séduisant les cadres de ce parti, alors que Jean-Pierre Bemba était absent du pays . Heureusement que le MLC comptait encore des fidèles à Jean-Pierre Bemba.
Au retour de Jean-Pierre Bemba au pays, Thomas Luhaka a maintes fois tenté de retourner au MLC, malgré sa radiation depuis son débauchage par le clan Kabila. En clair, il voulait revenir auprès de Bemba, mais ce dernier a repoussé toutes les tentatives. Il suffit de parcourir ses précédentes publications où il faisait les yeux doux au chairman du MLC pour amorcer l’opération de charme auprès de ce dernier.
Ce qui est certain, Luhaka finira par trahir Kabila, car c’est dans sa nature. Mais le sort des traîtres est connu. C’est celui de Judas.
Chronique de John Mwamba/ analyste des questions politiques dans la région des Grands



















































