Plus de quinze ans se sont écoulés depuis que le pont Musa, principal point de passage entre les territoires de Budjala et de Kungu, dans la province du Sud-Ubangi, est tombé en ruine. Aujourd’hui encore, ce pont est dans un état de délabrement très avancé, rendant impossible le passage des véhicules, qu’ils soient petits ou grands. Seuls les piétons, cyclistes et motocyclistes osent encore braver cette traversée devenue périlleuse.
Ce pont, autrefois vital pour les échanges commerciaux et les déplacements entre ces deux territoires du Sud-Ubangi, est aujourd’hui le symbole de l’abandon infrastructurel que déplorent les populations locales. Malgré les cris d’alarme, les autorités provinciales comme nationales ne semblent pas prêtes à engager des travaux nécessaires à la construction d’un nouveau pont.
Jean Robert Lambo, un leader d’opinion, résident du territoire de Budjala, que politiquerdc.net a contacté au retour d’un voyage sur cette route de « souffrance », a lancé un appel pressant à l’endroit des autorités.
« Je demande aux autorités politico-administratives, tant au niveau provincial que national, de jeter un nouveau pont sur cette rivière. Cette route aide énormément les habitants des deux territoires à faire du commerce », a-t-il déclaré, visiblement ému.
De son côté, un proche du gouverneur de la province du Sud-Ubangi, Michée MOBONGA, a révélé à notre rédaction que : « le gouverneur Michée MOBONGA, sur fonds propres du gouvernement provincial, a déjà acquis quelques ponts métalliques préfabriqués qui se trouvent actuellement au port d’Akula. Ces structures seront prochainement déployées sur certains axes stratégiques pour faciliter la circulation dans la province du Sud-Ubangi», a-t-il confié.
Cependant, aucune information précise ne confirme si le pont Musa figure parmi les priorités de cette initiative.
Dans une province à forte vocation agricole comme le Sud-Ubangi, le mauvais état des routes des dessertes agricoles accentue l’isolement des producteurs. Faute de voies d’évacuations nécessaires , de nombreux produits agricoles ne parviennent jamais aux marchés et finissent par pourrir dans les champs, réduisant les efforts des agriculteurs à néant.
La réhabilitation du pont Musa apparaît donc comme une urgence sociale et économique.
Correspondance de Honoré Eyenga



















































