Dans un tweet vendredi, l’ex sénateur Moïse Nyarungabo s’est sauvagement attaqué au sénat de la République, précisément à la procédure ayant conduit à la levée des immunités parlementaires du sénateur Joseph Kabila, le jeudi 22 mai 2025 au Palais du peuple, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.
Dans sa déclaration, M. Nyarungabo a étrangement brandi le cas de Jean-Pierre Bemba dont le sénat n’avait jamais levé les immunités malgré son absence au pays. Pour ce proche de Kabila, ce cas aurait dû servir d’exemple aux sénateurs avant de décider de lever les immunités de M. Kabila.
« La chambre haute a baissé la tête. Une question d’une si grande importance aurait fait l’objet d’un débat de plusieurs jours ou au moins de plusieurs heures même si, à la fin, vous alliez voter comme vous l’avez fait. Dans un Sénat où j’ai servi, Monsieur Jean Pierre Bemba pendant dix ans en prison, ces sénateurs là ont refusé de lever ses immunités ni de mettre fin à son mandat. Il est revenu de la Haye, il a porté la cocarde et marché dans la salle des conférences internationales prenant photos et images. Il peut témoigner. Pourtant, les raisons politiques et juridiques existaient pour le faire partir. Je rappelle que c’était sous le règne de Joseph Kabila », a tweeté M. Nyarungabo.
Indigné de ce qui peut paraître comme « raccordement frauduleux avec le cas Bemba » , un ancien sénateur a tenu à déplorer cet amalgame, en rappelant que : « ce dont il a été question lors de la séance du 22 mai dernier dans la chambre haute, était que les sénateurs ont dû se prononcer sur l’implication de alias Joseph Kabila dans les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis avec l’aide de son ancienne armée, Rwanda Defence Forces, RDF, par les terroristes du M23/AFC sur le sol congolais ».
« Hyppolite Kanambe a manqué à ses devoirs d’ancien Président de la République.
Pour votre intelligence, le cas sous examen ne souffre d’aucune comparaison avec les faits pour lesquels le Président du MLC, Jean-Pierre Bemba Gombo, a été poursuivi et finalement acquitté par la Cour Pénale Internationale. Ces faits se sont déroulés en République Centrafricaine, mais votre frère Hyppolite KANAMBE KAZEMBERE, a utilisé des subterfuges pour interférer et faire arrêter Jean-Pierre Bemba Gombo. Alias Kabila Joseph a donc fait attaquer la République », a poursuivi cet ancien parlementaire qui n’a pas voulu être cité.
Et cela avant de renchérir : « la défense de votre frère Hyppolite Kanambe Kazembere ne doit pas égarer la lucidité habituelle du juriste Moise Nyarugabo.
Alias Kabila n’est pas visé pour des faits mineurs ni pour des soupçons sans fondement. Il est accusé d’avoir collaboré avec l’armée rwandaise et de soutenir les terroristes du M23/AFC. Il a trahi son devoir de réserve, piétiné la mémoire des victimes, et transformé son statut d’ancien chef de l’État en bouclier d’impunité. Le Sénat n’a fait que suivre le fil de la justice ».
« Moïse Nyarugabo ferait mieux de garder sa lucidité au lieu de se perdre dans la
défense familiale désespérée. L’histoire ne s’écrit pas avec des comparaisons bancales ni des révisions partisanes », a-t-on conclu dans cette mise au point.
Rédaction



















































