Le procès de l’ex député national de la République démocratique du Congo, Roger Lumbala, s’est ouvert mercredi, 12 novembre à la Cour d’assises de Paris, agissant sur base de «compétence universelle».
Deux semaines avant l’ouverture de ce procès, l’ambassadeur de France en RDC, M Rémi Maréchaux avait réuni un parterre des journalistes congolais à travers un déjeuner de presse à Kinshasa, capitale du pays.
Selon les témoignages recueillis auprès de plusieurs journalistes conviés à cette rencontre, il était question pour l’ambassadeur français « d’informer les journalistes congolais » de l’ouverture du procès. Mais surtout, il avait abordé la question de l’éventuelle audition de Jean-Pierre Bemba, l’actuel vice-Premier ministre chargé des transports », pour qui, Roger Lumbala aurait cité parmi ses témoins à décharge.
« Lors de ce déjeuner de presse, l’ambassadeur français à Kinshasa a semblé nous préparer avec certains éléments de langage bien orientés pour accompagner ce procès dans sa dimension politique », a témoigné un journaliste.
« D’ailleurs, il nous avait présenté la copie d’une lettre (citation,ndlr) que la Cour d’assises de Paris avait adressée aux autorités congolaises. Il avait affirmé avoir transmis le même document à Jean-Pierre Bemba, mais malheureusement, celui-ci n’avait apporté aucune suite », a indiqué la même source.
« J’avais reçu la copie de ce document,mais je n’avais pas voulu en faire du bruit… », a précisé un autre professionnel des médias congolais.
De l’ouverture du procès
Tout en clamant son innocence à l’audience d’ouverture, mercredi, Roger Lumbala avait surpris tout le monde, en récusant ses avocats français qui ont logiquement travaillé sur le dossier. De même,il a récusé la compétence de la cour , estimant que celle-ci n’est pas compétente de juger un sujet congolais pour des crimes qui se seraient commis à 8 mille kilomètres de Paris.
Plusieurs médias présents à l’ouverture en n’ont fait écho de cette réaction surprise du prévenu.
Mais à Kinshasa, quelques médias et Journalistes, se sont penchés plutôt sur « les éléments de langage distillés par l’ambassadeur français en RDC ».
Et c’est de là qu’est née la confusion(désorientation ) dans l’opinion publique.
Dans les écrits publiés par ce réseau des médias et journalistes, référence a été faite plus sur « des déclarations précédentes de Roger Lumbala qui aurait souhaité l’audition de M. Bemba parmi ses témoins à décharge, car ne reconnaissant pas les faits qui lui sont imputés par la Cour d’assises ».
Bemba et Ndima pas cités
Selon un communiqué publié par Me Beylard David, avocat au barreau de Paris , « les noms de Jean Pierre Bemba Gombo et de Constant Ndima ne sont pas du tout cités par la justice de la République française (Cours d’assises de Paris) qui engage une procédure judiciaire pour crimes contre l’humanité à l’encontre de Roger Lumbala ».
« Maitre Hugues Vigier et Marie Dosee, deux principaux avocats de Roger Lumbala et même le Greffier de la Cour d’assises de Paris sont très étonnés d’apprendre des réseaux sociaux congolais l’invocation des noms de Jean Pierre Bemba Gombo et de Constant Ndima dans ce dossier, c’est du poison rwandais pour intoxiquer l’opinion publique congolaise! », a-t-il écrit, tout en précisant que « dans toutes les procédures judiciaires par-devant les cours et tribunaux, notamment la Cour d’assises de Paris de la République française, il n’y a aucune imprévision de la dernière minute puisque le Greffier prépare très bien tout à l’avance(…) ».
Dans la foulée, on a vu surgir devant les médias français Me Tshibangu Kalala, un avocat congolais bien connu de la justice internationale pour avoir été utilisé à plusieurs circonstances par le régime Kabiliste. Dans ses propos, cet ancien député du FCC, a évoqué, notamment la difficulté pour « son client Roger Lumbala » de faire déplacer « ses cinq témoins à décharge » de Kinshasa à Paris. Un élément de plus pour lui, de réclamer l’extradition de l’ex sénateur – député pour qu’il soit jugé dans son pays, la RDC.
Pour Me Baylard David, « la validation de la compétence universelle de la République française sera acquise par le fait que la famille de l’accusé , Roger Lumbala, vit en France et lui-même aurait acquis des titres de séjour français ».
« Même dans le cas de figure où le nouveau conseil de Roger Lumbala changerait le cours du procès en souhaitant l’audition de Jean-Pierre Bemba , celui-ci est libre d’accepter ou de refuser de témoigner à charge ou à décharge », a analysé un juriste.
J. Inango



















































