Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) a soufflé ses vingt bougies le 30 septembre 2018 dernier. C’est l’âge de la maturité et le parti cher à Jean-Pierre Bemba Gombo peut se féliciter de compter au nombre des formations les plus solides et importantes du pays.

En 20 ans, le MLC est aussi l’un des rares partis politiques à avoir survécu aux fortes turbulences politiques, spécialement la longue absence de son leader.

Dans un paysage politique marqué par l’identification du parti à son fondateur, les cadres et membres du MLC ont fait bloc – en dépit de quelques dissensions – pour soutenir son président et attendre fermement son retour.

Longtemps et toujours considéré par des millions de ses sympathisants comme le « vrai libérateur  » de la nation congolaise, le Chairman du parti de l’avenue du port , vient de palper – à sa rencontre – l’enthousiasme de sa base, plus particulièrement celle du Grand Équateur, à travers sa tournée de 14 jours.

Pourquoi est- il qualifié de « Libérateur » ?

En utilisant les moyens presque identiques à ceux de l’AFDL de Laurent Desiré Kabila pour combattre la dictature instaurée par ce conglomérat d’aventuriers, Jean-Pierre Bemba s’est posé en digue pour éviter la liquidation de la RDC , ce qui lui vaut jusqu’à ce jour de traîner la réputation salvatrice auprès de ses compatriotes.

Ses frères congolais et africains auront été d’autant surpris de voir qu’un jeune homme de moins de 40 ans, issue d’une famille bourgeoise – fils du patron des patrons congolais – et devenu lui-même entrepreneur des sociétés dont Comcell, opérateur de télécommunication en Afrique centrale; pouvait sacrifier son confort contre les conditions austères de maquisard. Tout ceci pour la libération de ses concitoyens et de la RDC !

Dans toutes les agglomérations conquises par ses forces – aux prises à l’armée gouvernementale – Jean-Pierre Bemba a été chaque fois plébiscité par la population. L’amour et la confiance placés en lui étaient la conséquence de la paix et de la démocratie rapidement établies par cet artisan de nombreuses initiatives de développement.

Souvent trahi par les siens à cause de sa gestion orthodoxe dont la vision ne transige pas en cas de menace sur les intérêts du peuple congolais, l’homme est resté imperturbable sur sa manière de voir les choses.

Outre ses réalisations sur le plan national,dont on peut épingler : la réunification de la RDC,  de l’administration, de  l’armée et de la police en 2003, sans oublier  la pacification de l’Ituri en mars 2001après les massacres ayant décimé au moins 700 personnes et la stabilité de la monnaie congolaise, le Franc Congolais , on peut également  citer à son actif quelques réalisations à titre indicatif dans le Grand Équateur, en l’occurrence la construction de l’aérodrome de Zongo sur coup de plusieurs centaines de milliers de dollars de fonds propres. Cette œuvre a été remise ensuite à l’Etat congolais. À Libenge et à Gemena , le président national du MLC avait offert – lors de la transition ayant consacré la fin de la rébellion – le don de plusieurs groupes électrogènes industriels, d’une puissance de plus de 500 KVA à l’Etat, en vue de l’électrification de ces zones. Des stations de radio liberté ont été installées un peu partout à travers tous les territoires, villes et autres centres. Et la liste n’est pas exhaustive !

Soucieux du bien-être de ses concitoyens, le président national du MLC avait également initié des projets d’adduction d’eau potable à Gemena. Un projet – sous forme de laboratoire – qu’il comptait étendre plus tard au reste du pays.

N’aurait été ce que d’aucuns ont qualifié d’injuste détention de 10 ans à la cour pénale internationale pour un montage d’accusations de crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui s’est heureusement dégonflé tout seul, la réalité serait palpable aujourd’hui, estime certains observateurs de la société congolaise.

Faut-il rappeler que les équipements modernes ont été remis gratuitement par l’administration rebelle de l’ALC – l’armée de libération du Congo – notamment pour le bon fonctionnement de la tour de contrôle de Gemena?

20 ans après, le Grand Équateur est à la traîne et il n’y a aucun signe de développement. Les routes, les écoles, les hôpitaux et autres infrastructures sont dans un piteux état.

Et pourtant, en période insurrectionnelle, les villes de Bumba, Lisala, Gbadolide, Zongo, Libenge, Gemena, et d’autres centres importants du Grand Équateur sous administration de l’armée de libération du Congo vibraient au rythme du développement par les échanges commerciaux, l’absence de tracasseries administratives et policières. Aujourd’hui, toutes ces avancées sont inexistantes. Pire, ces agglomérations sont devenues le siège des anti-valeurs. Aujourd’hui, la population dénonce l’instauration de nombreuses taxes qu’il n’y en avait autrefois.
Même la circulation de la monnaie est en recul qu’il y a 20 ans. À Mbandaka par exemple, la population se dit victime de l’exclusion au bénéfice de l’action des gouvernants à cause de son attachement à Jean-Pierre Bemba Gombo.

La tournée entamée dans le Grand Équateur par Jean-Pierre Bemba trouve tout son sens.

Loin de se cramponner uniquement sur l’espace géographique de ses origines ancestrales, Jean-Pierre Bemba Gombo promet de poursuivre son combat par la voie démocratique jusqu’à la libération totale du Congo. Ce qui est un défi majeur. Et c’est d’ailleurs le vœu de tout le monde !

Conscient de cette réalité, Igwe envisage déjà de lancer une méga-structure qui regroupera toutes les sensibilités pour entrevoir les pistes du développement du Grand Équateur avant d’aller dans d’autres coins du pays.

A l’entendre, le premier notable du Grand Équateur comme on le désigne affectueusement , semble à la fois préoccupé mais prêt à apporter sa pierre à l’édifice afin de donner du sourire à ses compatriotes.

Jean-Pierre Bemba Gombo n’est pas seulement qu’un libérateur du Congo, c’est aussi un véritable acteur du développement, notamment pour le Grand Équateur.

Chronique de politiquerdc.net.