Depuis que les enquêtes sur des vraisemblables détournements de fonds dans le programme d’urgence de Félix Tshisekedi ont été lancées à grande pompe, tout semble marcher au ralenti en dépit des arrestations de dirigeants de certaines entreprises. Ces derniers ne sont que de lampistes.
La justice congolaise étant peu loquace et moins prompte à fonctionner dès que les détenteurs du pouvoir sont mis en cause sur des détournements de deniers publics ou des faits de corruption, l’espoir d’élucidation de ce dossier est fort ténu.
David Blattner – le numéro un de la Safricas, la société congolaise qui faisait autrefois la fierté de la République Démocratique du Congo dans le secteur des Bâtiments et travaux Publics – a été réincarné au Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK) après qu’il y ait été libéré clandestinement 48 heures après sa première détention. Que reproche-t-on à cet homme proche du directeur du cabinet présidentiel?
Sans plus qu’un abus de confiance et le fait de n’avoir pas exécuté les travaux de saut-de-mouton prévu au niveau de l’UPN et celui du pont Gaby.
Et pourtant, si Safricas n’a rien encore entrepris sur ces deux chantiers potentiels, c’est à la demande de l’État – maître d’ouvrage, en l’occurrence l’Office des Voiries et Drainage – pour éviter que ces travaux n’asphyxient Kinshasa, déjà en souffrance des embouteillages.
Si détournements y a eu,les regards devraient se tourner vers les services de la Présidence en vue d’identifier les auteurs de ces forfaits. Mais la Justice piétine, en balayant le faisceau de son regard ailleurs.
C’est une vaste blague d’une opération destinée à protéger par camouflage les auteurs du détournement de l’argent du Trésor Public. L’arrestation du multimillionnaire D. Blattner et quelques autres chefs d’entreprises parmi lesquels le libanais Jamilh de Samibo. Celui-ci est à la tête d’une société écran – sans adresse physique – en RDC. Elle a été créée à la vitesse d’une étoile filante au lendemain de l’annonce du programme de 100 jours. Malgré tout, c’est elle qui a reçu le marché de 57 millions de dollars de la construction des maisons préfabriquées à Kinshasa et dans les provinces. Ça sent le « cop et le deal » partout autour de la présidence de Félix Antoine Tshilombo.
La justice congolaise devrait – comme toutes les autres administrations de la RDC – apprendre à se faire respecter. Il est intolérable de placer les politiciens au-dessus des lois et l’autorité de l’État doit être effective. Tant que les politiciens constitueront une catégorie d’intouchables, par la faiblesse ou la complicité des responsables de l’administration publique et du pouvoir judiciaire, la République Démocratique du Congo ne sera qu’un leurre de l’État de droit.Partout au monde où l’Etat existe réellement, l’homme politique – comme tout autre justiciable – est respectueux des institutions publiques et il tremble en cas d’infraction
Les prisonniers VIP portant les montres Rolex aux mains que le vice-ministre de la Justice est allé visiter sont à ce jour, aux yeux du peuple, des boucliers destinés à masquer les vrais commanditaires des détournements des deniers publics.
Enlever les rideaux, messieurs et mesdames les juges.
Alain St. Bwembia



















































