Cette situation est souvent le résultat d’une politique urbanistique approximative voire déficitaire dans bien des pays en développement ayant un accroissement vertigineux de la population.
Les zones autrefois non-constructibles ont vu sortir de terre de constructions n’obéissant à aucun plan de lotissement.

Les espaces verts ont cédé, le pas à l’érection des immeubles divers.
Les centres commerciaux et même des usines – habituellement localisés à des endroits précis – avoisinent les zones d’habitation.
Les déchets issus de ces activités productrices se répandent partout, dans l’insouciance totale des pollueurs comme de la population.
Or, cette pollution à laquelle, il convient d’ajouter les effets délétères des radiations issues du transport du courant électrique à haut débit en zones urbaines impactent à moyen ou long terme, l’état de santé de la population et entraîne une lente dégradation de la faune et la flore, source de réserves énergétiques vitales pour les générations futures.
La littérature médicale nous apprend que bon nombre de maladies liées à l’insalubrité et à l’altération de l’environnement
sont à la base d’affections respiratoires, cardio-vasculaires, immunitaires , génétiques voire précurseurs des cancers dus aux expositions toxiques y afférentes.
Les pays en voie de développement parmi lesquels, la RDC, caractérisés par des systèmes sanitaires et une politique de santé publique particulièrement défaillants n’échappent pas à cette réalité.
Démunis et impuissants, Ils font face à leur lot croissant de malades touchés par les AVC, infarctus du myocarde, carcinome épidermoide, asthme, allergies respiratoires, gastro-entérites, pathologies pulmonaires, traumatismes en tout genre etc.
L’altération de l’eau, du sol et de l’air, l’utilisation de composants chimiques dangereux, l’accumulation des plastiques non-recyclés, l’exposition aux rayons UV sont les principaux facteurs des maladies liées à la pollution.
Il est donc essentiel pour lutter efficacement contre cette plaie que constitue l’insalubrité d’y associer un plan de développement écologique nécessitant une réelle prise de conscience générale tant par les autorités locales que par la population.
L’Organisation mondiale de la santé et tant d’autres acteurs œuvrant dans le secteur de l’écologie plaident notamment pour:
- l’utilisation de technologies énergétiques éco-responsable
- l’accès à l’eau potable et l’électricité pour tous
- le recyclage des déchets dans les villes polluées.
Bien évidemment, il ne s’agit pas des seules pistes envisageables, il faudra faire preuve de créativité en la matière pour apporter des solutions durables qui tiennent compte de la spécificité congolaise.
Une politique de salubrité publique étant indissociable de celle de la santé, sa gestion implique automatiquement, une approche responsable, à la fois collective et individuelle nécessitant une collaboration entre les autorités compétentes et la population.
Dans la ville de Kinshasa, pour ne citer que cette mégapole, depuis que l’union européenne a arrêté son programme d’évacuation des déchets, l’on assiste à des montagnes d’immondices jouxtant les sièges des institutions et offrant une pollution olfactive en plus des flaques d’eaux.
Les rigoles héritées de la colonisation ne sont pas entretenues.
Une ville conçue pour une population d’un million et demi abrite actuellement plus de dix millions, sans aucune planification tenant compte de canalisation d’eaux et matières fécales, usine de traitement d’eaux usées, de plastiques, de papiers, etc.
Comment s’étonner de la recrudescence de certaines maladies telle que le Mbaso quand on vit dans un environnement aussi malsain et toxique?
Tribune de Dr Mbungani Jean-jacques, médecin et acteur politique



















































