L’insalubrité serait-elle inscrite dans l’ADN des kinois ou des congolais ?

Ceux qui sont nés ou arrivés à Kinshasa il y a 35 ans ou moins pourront être tentés de répondre affirmativement à cette question, mais les anciens qui ont été témoins de l’époque où la capitale congolaise arborait en permanence sa plus belle robe au point de mériter l’appellation de « Kin la belle » savent que la différence est similaire à celle entre la nuit et le jour.
La capitale de la République Démocratique du Congo est devenue l’ombre d’elle-même depuis plusieurs années et présente la figure d’une grande poubelle à ciel ouvert.
En effet, il suffit de faire un tour dans les différents quartiers, et même à la Gombe – le siège des institutions politiques – pour se rendre compte de la gravité de la situation : Les rues et les avenues de Kinshasa sont « décorées » par de montagneuses immondices éparpillées ça et là. Et personne – autorité comme population – n’est apparemment incommodée par ce décor environnemental honteux et lamentable qui parfume horriblement la capitale. En plus de l’odeur nauséabonde, la malpropreté est souvent – point n’est besoin de rappeler les règles élémentaires d’hygiène – la cause de nombreuses maladies. L’inconfort olfactif est entré dans les mœurs autant que le délestage de fourniture d’eau ou d’électricité. Ce trio constitue la première et repoussante curiosité au touriste. La maladie des mains sales épargne à peine quelques familles.

Dans les différents marchés de la capitale à l’exemple de Gambela, ce sont des montagnes d’immondices qui attirent l’attention des visiteurs.

Il est donc imaginable dans ce monde d’inconscients de faire venir des touristes visiter ces oeuvres conséquentes de l’irresponsabilité collective comme on visiterait le mont Kilimandjaro.

Et d’ailleurs , les caniveaux hérités de la colonisation et censés servir d’évacuation des eaux sont devenus les dépotoirs au même titre que les rivières inondées de déchets de toutes sortes. Il suffit de la moindre pluie pour qu’ils rendent à la population le fruit de son inconscience, surtout des bouteilles en plastique qui obstruent le passage des eaux de pluie, provoquant régulièrement des inondations des routes et des quartiers résidentiels.
Le mal étant profond, la thérapie doit l’être si pas davantage. Ainsi, il faudra travailler sur trois axes.

Avant tout, il sera nécessaire d’aborder la question en commençant par la campagne d’éducation et à la salubrité à l’intention de la population. Ensuite envisager des mesures répressives contre les contrevenants via le service d’hygiène.
Enfin, au lieu des opérations ponctuelles du genre « Kin-Bopeto », il faut un dispositif efficace et pérenne de gestion des déchets ménagers et des immondices de la part des pouvoirs publics, à l’instar de celui mis dernièrement en place par l’union européenne, de façon à rendre la capitale rd-congolaise plus salubre qu’avant, mais également pour lui redonner sa beauté d’antan.
Rien ne sert de s’indigner face à certains médias occidentaux présentant Kinshasa comme la ville la plus sale au Monde, mais travailler sérieusement pour rendre la ville propre. Ce n’est pas en accusant le thermomètre que l’on guérit, mais en prenant le traitement contre la malaria ( fièvre).

Le plus étonnant est de savoir que nombre d’ habitants et même des dirigeants de la capitale ont vécu en Europe où dans des pays où l’hygiène est de rigueur et inscrites dans l’ADN des citoyens. Apparemment, nous ici, c’est donc la saleté et l’insalubrité qui sont donc inscrites dans notre ADN.

Jean Romance MOKOLO

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