Les mines de la République Démocratique du Congo ne sont toujours pas profitables à la population et ce, en dépit de la révision du code minier.
Et la faute est à certains mandataires publics et autres détenteurs du pouvoir public habitués au sabotage – matin, midi et soir – des intérêts de l’État. Le but étant de privilégier les intérêts des entreprises privées. C’est du moins ce qui ressort du rapport de l’Assemblée Nationale relatif à l’exploitation des ressources naturelles et la destruction de l’environnement en territoire de Mwenga, dans le Sud-Kivu.
En substance, l’Assemblée Nationale avait requis une mission d’information sur l’exploitation illicite des minerais dans ce territoire. Cette dernière s’est achevée sur une note empreinte de plusieurs recommandations au gouvernement. Au nombre de celles-ci on peut épingler des sanctions contre le DG fantôme du Cadastre Minier Jean-Félix Mupande. Rappelons que la cérémonie de remise et reprise au CAMI qui devrait augurer l’avènement d’un nouvel air dans cet établissement clé, dans la gestion des ressources naturelles congolaises, a été renvoyée aux calendes grecques suite à un blocage politique. Pendant ce temps, la nouvelle équipe qui maitrise le nouveau code minier pour y avoir travaillé et capable de l’appliquer pour l’intérêt de la nation, est abandonnée à son triste sort.
Au demeurant, le DG fantôme continue d’exercer. Ce dernier aurait même indiqué à Zani Kodo de payer le droit superficiaire à la RawBank alors que le compte prévu pour ce type de paiement était logé à la FBNBANK. Aujourd’hui ce titre pose problème au niveau de la présidence. Simple coïncidence ? Les enquêtes en cours par le Conseil National de la Sécurité nous instruiront un peu plus.
À en croire le rapport de l’Assemblée Nationale signé par son président, Mboso N’kodia Pwanga, Jean-Félix Mupande devrait être purement éjecté du siège sur lequel il s’accroche comme une sangsue depuis plus de 3 ans sans en avoir légalement le pouvoir.
« Le Directeur Général du Cadastre Minier, Monsieur MUPANDE KAPWA Jean-Félix, a protégé les intérêts des sociétés privées en violation du Code Minier et au détriment des intérêts de I’Etat Congolais. La parfaite illustration est la procedure de déchéance des titres KAMITUGA Mining et LUGUSHWA Mining suspendue sans motif valable… », peut-on lire dans le rapport.
La fin des exploitations illicites des ressources naturelles de la République Démocratique du Congo passe par la mise à l’écart de l’homme qui, durant plus de 15 ans à la tête du Cadastre Minier, s’est évertué à servir ses intérêts et ceux des entreprises privées en défaveur de la République et en violation des lois qui régissent ce secteur.
Rappelons par ailleurs que la décision salutaire de la Ministre de Mines, Antoinette N’samba, de mettre de l’ordre au Cadastre Minier pour donner un nouveau souffle et une nouvelle orientation à la gestion de cet établissement public, a été étouffée par certaines pesanteurs politiciennes.
L’exécutif national s’est-il donc ainsi inscrit à l’école du désordre qui règne dans le secteur minier ? Sans doute, l’intervention du Premier Ministre dans le blocage de la remise et reprise au CAMI trouverait, par ces recommandations de la chambre des représentants, une issue.
Alain St. Bwembia



















































