Alors qu’elle séjourne à Baku, en Azerbaïdjan, dans le cadre de la conférence sur les changements climatiques (Cop29), la première ministre de la République démocratique du Congo (RDC) a accordé une interview à la chaîne de télévision française TV 5 monde, notamment sur les enjeux de l’environnement et la problématique de la révision ou changement de la constitution de la RDC.
Au-delà du fait que l’ensemble de l’interview a été jugé « superficiel et plein d’approximation » par certains analystes politiques à travers les réseaux sociaux, l’opinion congolaise a été profondément scandalisée de la bourde lâchée par la cheffe du gouvernement lorsqu’elle a abordé la question relative à la constitution.
En effet, répondant à la question de la journaliste française, Mme Judith Suminua a préféré faire l’économie de son propos en renvoyant son interlocutrice à l’article de la constitution sans le moindre rapport à la préoccupation du jour, en soutenant: « (…) la révision de la Constitution, elle est instituée par l’article 89 de cette même constitution. Donc, ce n’est pas moi qui le dis,
ce n’est pas le président de la République qui le dit, c’est la Constitution elle-même qui le dit », a argumenté Mme Judith Suminua, visage détendu.
Ce qui est embêtant, selon le recoupement fait par politiquerdc, c’est qu’à défaut de reconnaître son erreur – à supposer qu’elle l’ait involontairement commise – et s’en excuser devant la nation, elle a maintenu cette inexactitude, et elle tente à travers ses services de communication de justifier cela par le fait de la « connaissance de plusieurs textes », en disant que l’article ainsi cité est plutôt de la constitution française. Mais quel rapport?
Et pourtant, « pareille faute jette le discrédit sur tout le gouvernement, voire tout le pays », s’est indigné, sous le sceau de l’anonymat, un député national de la majorité parlementaire.
En réalité, l’article 89 de la constitution en vigueur en RDC fait plutôt référence à des émoluments et de la liste de la maison civile du Président de la République. Donc rien à voir avec la problématique de la révision constitutionnelle.
De quoi se demander : s’agit-il d’une confusion ou bien de la méconnaissance de la loi fondamentale par la première ministre Judith Suminua ?
En attendant, la faute commise par la première ministre congolaise semble donner du carburant à la machine de certains opposants qui pensent que « les autorités du pays n’ont pas bien lu la constitution qu’elles s’activent à obtenir sa modification ou son changement et tous les efforts entrepris masqueraient la volonté de s’éterniser au pouvoir ».
Pour les observateurs, les conseillers de la première ministre, elle-même technocrate, auraient dû plutôt la persuader de s’excuser auprès de l’opinion pour cette bourde de communication, car dit-on, « l’erreur est humaine ». Et « une faute avouée est à moitié pardonnée ».
Rédaction



















































