C’est la réponse du berger à la bergère. En effet, quelques heures après sa sortie médiatique à Goma, ville martyre de la République démocratique du Congo, actuellement sous occupation de l’armée rwandaise et ses supplétifs du M23/ AFC, qualifié du mouvement terroriste par le gouvernement congolais, le Mouvement de Libération du Congo (MLC), le parti politique de Jean-Pierre Bemba, a tenu à balayer d’un revers de la main les accusations faites ce lundi par le « terroriste » Corneille Nangaa.
D’abord au sujet d' »un prétendu pillage d’une banque centrafricaine » par les éléments du MLC envoyés à Bangui, capitale de la République centrafricaine sur demande du régime légitime du président Ange Félix Patassé, le MLC affirme haut et fort qu’il n’y a « aucun acte d’accusation des instances judiciaires ni nationales ni internationales n’a fait mention d’un quelconque pillage de la banque nationale centrafricaine ».
Aussi, pour confondre M. Nangaa contre sa deuxième accusation prétendant que les troupes du MLC auraient pillé les biens des paisibles citoyens pendant la rébellion à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, le parti de Jean-Pierre Bemba fixe les esprits : « le MLC et son Président en mars 2001 ont fait signer les accords de paix entre les Hema et les Lendu et ont rétabli la sécurité et la paix sur toute l’étendue de I’lturi ».
« Dans une tentative désespérée de redorer son image ternie, ce dernier s’est permis de citer à tort le MLC et son Président national dans des propos empreints de désinformation et de mauvaise foi.
Le MLC rappelle qu’il s’est toujours inscrit dans une démarche de lutte politique responsable, démocratique et légitime. Nous nous sommes levés, contre un pouvoir illégitime soutenu par les Rwandais et issu d’un véritable coup d’État institutionnel. Ce régime avait instauré une dictature caractérisée par l’interdiction arbitraire des activités politiques des partis politiques et l’étouffement des libertés fondamentales avec pour objectif d’asservir les congolais », rappelle-t-on dans le communiqué de deux pages, signé par Fidèle Babala pour le compte du secrétariat général du MLC.
Comparaison n’est pas raison, estime le MLC, qui pense qu’à « l’inverse, le terroriste Corneille Nangaa prend aujourd’hui les armes contre un pouvoir légitime, issu des urnes et reconnu par la communauté internationale en violation de l’article 64 alinéa 2 de notre constitution, ce qui fait de lui un traître à sa nation. Son action n’a rien de politique ou de révolutionnaire ».
Pour le MLC, « ce revirement, cache en réalité une ambition personnelle, celle de récupérer une mine offerte en toute illégalité par votre patron Hyppolite Kanambe, en violation flagrante des lois en vigueur, à des fins purement prédatrices ».
« Les manipulations orchestrées à l’époque par votre patron Hyppolite Kanambe, notamment à travers les manœuvres dans l’arrestation du Président du MLC, ont été déjouées par la force du droit. Jean-Pierre Bemba a été entièrement acquitté de toutes les accusations portées contre lui, lavé de tout soupçon par la justice internationale », précise le MLC, estimant que l’action de Nangaa « qui vise à violer, voler, tuer et massacrer nos populations n’a rien à voir avec celle du MLC qui a contribué à la réunification de notre territoire, de notre armée, de notre police et qui a permis la restauration d’un état de droit ainsi que l’organisation, en 2006, des élections libres et démocratiques dont le Président du MLC a, en réalité, recueilli 53,7% des suffrages populaires exprimés ».
« Le MLC réaffirme son attachement aux valeurs démocratiques, à la souveraineté du peuple congolais, à l’intégrité du territoire, à l’unité nationale ainsi qu’à la vérité historique », a-t-on conclu dans le communiqué.
D’après un analyste politique, qui s’est confié à Politiquerdc.net, en réalité , Corneille Nangaa est dans la logique non seulement de faire la guerre à un régime légalement établi, mais sa démarche traduit aussi l’expression des frustrations contre la communauté internationale, notamment les États-Unis d’Amérique et l’Union Européenne qui lui ont infligé des sanctions et opéré les gels de ses avoirs après avoir constaté un enrichissement excessif et illégal découlant du pillage des ressources minières de la RDC par l’ex président de la centrale électorale de la RDC.
« Il est utilisé pour faire la guerre pour espérer désespérément se repositionner pour tenter d’obtenir la levée de toutes ces sanctions qui pèsent contre lui », a-t-on analysé.
Rédaction





















































