Devant les deux chambres du Parlement réunies en congrès lundi à Kinshasa, le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a mis en exergue ses principales réalisations de l’année 2025 ainsi que les projets envisagés pour 2026, notamment dans le secteur stratégique des transports. Pour le chef de l’État, « aucune économie ne prospère sans transports fiables », un principe qui, selon lui, guide la vision gouvernementale. D’ailleurs, les réformes engagées cette année visent à repositionner ce secteur comme levier essentiel du développement.
Ainsi, dans le domaine aérien, le Président a salué la mise en service de la compagnie nationale Air Congo, qui a sensiblement amélioré la connectivité intérieure : deux Boeing 737-800 desservent déjà onze lignes domestiques. Toutefois, pour renforcer davantage cette dynamique, deux ATR 72 seront ajoutés à la flotte en 2026. Un plan d’expansion prévoit également l’ouverture de quatorze destinations africaines, puis l’établissement de liaisons vers l’Europe et le Moyen-Orient, nonobstant les défis logistiques et financiers que cela implique.
Concernant le domaine maritime et portuaire, Félix Tshisekedi a rappelé que les travaux du port en eaux profondes de Banana ont effectivement démarré, marquant ainsi une étape décisive. Cette infrastructure offrira à la RDC une porte océanique pleinement maîtrisée, capable de réduire drastiquement les coûts de transport, de créer des milliers d’emplois et de consolider le développement du corridor Kinshasa-Banana. Cependant, la réussite de ce projet nécessitera une coordination continue entre les acteurs publics et privés.
La renaissance du trafic ferroviaire
Dans le secteur ferroviaire, le chef de l’État a annoncé que la réhabilitation des tronçons clés de la ligne Matadi-Kinshasa a permis la reprise du trafic voyageurs, marquée par un premier voyage symbolique le 18 octobre 2025. Il s’agit là d’un signal fort : ainsi, la renaissance progressive du rail congolais apparaît indispensable au transport de masse et au désengorgement des routes. Parfois, a reconnu le Président, ce chantier avance dans un contexte difficile, mais les progrès restent manifestes.
Le domaine fluvial n’a pas été négligé. Pour Félix Tshisekedi, « une campagne de balisage a été lancée sur les rivières Kwango, Kwilu et Kasaï », s’ajoutant aux 1 734 km déjà sécurisés sur le fleuve Congo et aux 605 km balisés sur la rivière Kasaï. De plus, l’acquisition – pour la première fois en quarante ans – d’une drague multifonction permettra de reprendre le dragage régulier des voies navigables. À ces chantiers s’ajoutent la modernisation de ports tels que Kalundu, la construction d’un quai flottant au Beach Ngobila et l’aménagement de stations d’accostage pour taxis fluviaux en périphérie de Kinshasa. Ainsi, ces investissements contribuent à réduire les coûts logistiques, sauver des vies et rapprocher les populations, nonobstant les contraintes financières ou techniques.
Ces annonces ont suscité de l’espoir au sein de la population, qui voit en « Fashi Beton » un porteur d’ambitions capables de transformer durablement le pays. Toutefois, certains observateurs rappellent que la concrétisation de ces projets dépendra d’une allocation budgétaire adéquate et d’une exécution rigoureuse.
« Si les différents projets annoncés dans le secteur des transports venaient à se matérialiser, la RDC pourra sans nul doute retrouver la voie de son développement tant attendu », a réagi un analyste politique. Cependant, a-t-il ajouté, il importe que les moyens nécessaires soient effectivement alloués dans le budget 2026 afin de garantir la mise en œuvre de ces chantiers d’intérêt général.
Rédaction



















































