Le représentant des États-Unis d’Amérique au Conseil de sécurité a, lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies du vendredi, 12 décembre 2025, épinglé le Rwanda comme intimement responsable d’avoir planifié et exécuté la guerre dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, a prononcé l’un des discours les plus marquants lors de cette réunion du conseil.
Sans mettre les gants, le diplomate américain a accusé directement le Rwanda d’avoir « participé à la planification et à l’exécution de la guerre » dans l’est de la RDC, en soutenant activement le groupe rebelle M23 depuis des années. Par conséquent, Il a demandé au Rwanda de retirer ses forces du territoire congolais, dénonçant cette présence comme une violation de la souveraineté congolaise.
Par la même occasion, les États-Unis ont brandi la menace d’utiliser tous les outils à leur disposition pour tenir responsables les acteurs qui compromettent la paix, y compris via des sanctions ciblées.
De son côté, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a situé son intervention dans une posture très ferme. La patronne de la diplomatie congolaise a demandé au Conseil de sécurité de tenir le Rwanda responsable de ce qu’elle a qualifié d’atteinte flagrante à la souveraineté de la RDC.
Tant au sein du Conseil qu’en dehors de celui-ci, Kinshasa réitère désormais des sanctions ciblées contre des responsables rwandais, y compris le gel d’avoirs et l’embargo sur les armes, ainsi que d’autres mesures pour arriver à la cessation de ce qu’elle décrit comme un « génocide lent » dans l’est du pays.
Cette position reflète également les demandes plus larges du gouvernement congolais, déjà exprimées dans d’autres forums internationaux, pour que l’ONU agisse de façon plus décisive face à ce qu’il considère être un soutien externe aux rebelles.
Et pour sa part, le représentant du Rwanda au Conseil de sécurité a fermement nié les accusations portées contre le Rwanda, le désignant en tant que l’initiateur ou le principal soutien de l’offensive.
Il convient de rappeler que la réunion de ce jour avait été convoquée pour discuter de l’escalade rapide de la violence dans l’est de la RDC, en particulier l’offensive du groupe rebelle M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette rencontre est intervenue dans un contexte de forte détérioration humanitaire, de déplacements massifs des civils et de crainte de déstabilisation régionale.
Depuis le début du mois de décembre, l’offensive du M23 – perçu comme soutenu par l’armée rwandaise par plusieurs sources internationales – a conduit à la prise de la ville stratégique d’Uvira, aggravant une situation déjà critique dans la partie orientale de la RDC et mettant à mal les récents accords de paix signés à Washington début décembre.
Représentant des Nations unies (au Conseil de sécurité)
Lors de la séance, la représentation onusienne a souligné l’urgence humanitaire et le risque d’une conflagration régionale :
Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU a appelé à un cessez-le-feu immédiat et sans conditions en réponse à la récente offensive du M23 et à une situation qui menace de s’étendre aux pays voisins.
La représentation onusienne au sein de l’organisation planétaire a rappelé l’écart entre les engagements politiques pris – notamment dans les récents accords de paix – et la réalité des hostilités toujours intensifiées sur le terrain.
De son côté, le secrétaire général des Nations unies, par l’intermédiaire de son porte-parole, avait déjà averti le 11 décembre que la montée de la violence risquait de saper tous les efforts diplomatiques récents et d’entraîner une crise régionale si les parties ne cessaient pas les hostilités.
Les résolutions du Conseil de sécurité et le cadre juridique
Plusieurs interventions ont rappelé la nécessité de faire appliquer les deux principales résolutions du conseil de sécurité dont la 2773 et la 2783.
En effet, adoptée le 21 février 2025 à l’unanimité par les 15 membres du Conseil, cette résolution condamne fermement l’offensive du M23 et appelle à une fin immédiate des hostilités.
Elle demande explicitement au Rwanda de mettre fin à tout soutien au M23, de retirer ses forces et d’encourager une reprise sans conditions des négociations de paix.
La résolution 2773 exige également de la RDC qu’elle cesse toute aide à certains groupes armés rwandais, et appelle au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RDC.
Alors la 2783 , adoptée le 30 juin 2025, renforce la condamnation des offensives du M23 et appelle à l’application des accords de paix, en plus de proroger certains mandats institutionnels pertinents.
Ces cadres juridiques continuent de servir de référence pour toutes les discussions au Conseil, même si les divisions politiques internes au Conseil – notamment entre Occidentaux et certains membres permanents – compliquent toute action encore plus contraignante.
Pourquoi cette session est cruciale?
La réunion du 12 décembre 2025 intervient dans une période hautement volatile où l’accord de paix récemment signé entre la RDC et le Rwanda, à Washington le 4 décembre dernier, est en train de se désagréger alors que les hostilités se prolongent.
La montée de la violence a déjà causé des dizaines de milliers de déplacés, des milliers de morts civils, et plongé la région dans une crise humanitaire accrue.
Ainsi, la menace d’une extension du conflit aux pays voisins, comme le Burundi, a accentué l’inquiétude du Conseil.
Rédaction



















































