Le débat politique en République Démocratique du Congo est actuellement focalisé autour du processus électoral. D’aucuns souhaitent que les congolais, cette fois-ci, aient droit à des élections dignes de nom et dont les résultats seront incontestables par toutes les parties prenantes au processus électoral. C’est dans ce cadre que la rédaction de Politiquerdc a interrogé, en début de semaine, le Porte-Parole du Comité Laïc de Coordination (CLC), Me Hervé Diakese. Il est d’abord revenu sur les irrégularités ayant entouré la désignation des animateurs de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI).
« Le combat autour de la CENI a démontré une chose: C’est la volonté d’instrumentalisation par la famille politique au pouvoir actuel du processus électoral, avec une administration électorale à sa botte. Les acteurs ont été issus, en ce qui concerne le Président, d’une pression forte autour des confessions religieuses pour sa désignation. Ce qui a été d’ailleurs dénoncé.
Et les autres membres du Bureau et de la Plénière étaient désignés, quant à eux, sur base de débauchage et de dédoublement de leurs familles politiques au niveau de l’Assemblée Nationale.
Donc, c’est cette idée de créer un esprit de fait accompli qui a prévalu, dans ce processus », a-t-il déploré.
Et pour éviter que le processus électoral en cours ne débouche sur la tenue en 2023 des élections chaotiques, comme par le passé, cet acteur de la société civile préconise notamment la mobilisation citoyenne pendant le déroulement des scrutins.
« L’équilibre à mettre en contre-offensive par rapport à cette caporalisation de la CENI, c’est la mobilisation populaire, la mobilisation citoyenne, en obligeant la CENI l’application de ses propres lois. Et l’une des exigences mises en avant est l’affichage des résultats, bureau de vote par bureau de vote, le jour du scrutin. Cette exigence ne devra plus être une simple déclaration d’intention, elle doit être mise en œuvre parce qu’elle inscrite dans la loi. Et on va les y obliger, nous les citoyens, très pacifiquement, en campant devant tous les bureaux de vote et en ne laissant le personnel de la CENI les quitter qu’après avoir affiché ces résultats, conformément à la loi », a martelé Me Hervé Diakese.
Par ailleurs, il préconise également la mise en place des mécanismes permettant d’assainir le fonctionnement du système électoral de la RDC.
« – Primo, Il faut que la prochaine loi électorale puisse d’abord interdire le seuil électoral, qui n’a pas été suffisamment utile pour la représentativité des candidats ;
- Secundo, Il faut aussi que la loi électorale interdise et prohibe les doubles candidatures aux élections au même niveau (député national, député provincial) ou le système de suppléance entre membres d’une même famille (entre époux, entre père et fils ou entre alliés) ;
- Tertio, pendant la campagne électorale, on doit obliger chaque candidat à déclarer clairement à quelle famille politique il appartient. Il ne faut plus des affiches neutres, sauf quand on est un candidat indépendant. Sinon, si on est pas un candidat indépendant, c’est qu’on appartient à une famille politique, à une plateforme politique, et il faut que cela soit affiché clairement. Et si tel n’est pas le cas, on invalide la candidature ;
- Quarto, nous sommes pour l’interdiction des dons, des donations, des cadeaux, des travaux de prestige à la veille des élections, trois mois avant les élections. », a-t-il suggéré.
Et l’activiste pro-démocratie, Me Hervé Diakese, est également contre l’utilisation par les animateurs des institutions des moyens de l’État pour leur campagne électorale.
« Ça doit être interdit. Quand on est en campagne électorale, on doit invalider votre candidature si vous utilisez les moyens de l’État. Vous devez absolument mettre une démarcation entre votre statut et la campagne électorale. Donc, si vous êtes ministre, vous n’utilisez plus le véhicule de l’État ; la protection rapprochée vous est dûe du fait de vos fonctions mais vous ne pouvez plus circuler avec le véhicule de l’Etat », a-t-il noté.
Et concernant le Chef de l’Etat, candidat à sa propre succession, Hervé Diakese met un bémol quant à l’usage des moyens de l’État pour sa campagne électorale.
« Pour ce qui est du Chef de l’État, il y a quand même quelques nuances, parce qu’il continue sa fonction jusqu’au bout. Et la fonction qu’il exerce a préséance, y compris sur sa candidature », a-t-il précisé en guise de conclusion.
JR MOKOLO





















































