5 photos des jeunes filles et garçons notamment celle de Thérèse Kapangala dont l’enterrement a eu lieu ce vendredi à Kinshasa. Des visages qui appartiennent désormais au passé ne constituent que l’échantillon de plusieurs autres fauchés par balles ou blessures après la répression sanglante des marches pacifiques de fin de l’année 2017 et celle de début de l’année 2018.
Un échantillon présenté à l’occasion de la messe d’action de grâce organisée ce vendredi 9 février 2018 sous la houlette du cardinal et Archevêque de Kinshasa, Laurent Monsengwo en mémoire justement des victimes de marches pacifiques du 31 Décembre 2017 et du 21 Janvier 2018 . Messe célébrée en la Cathédrale Notre Dame du Congo.
« Que celui qui a donné l’ordre de tirer ;
Que celui qui a tiré sur son frère et soeur, qu’il sache que la balle n’est pas dans le corps de son frère ou de sa soeur qui est tombé;
Que sa balle se trouve dans son propre corps, dans sa propre conscience… » s’est ainsi exprimé l’officiant du jour, l’abbé François Luyeye sous les ovasions de l’assistance composée des laïcs, diplomates et des opposants au régime de Kinshasa. Occasion également pour la cenco à travers son représentant du jour de réaffirmer la détermination de l’église catholique à soutenir l’initiative du comité laïc de coordination relave à l’organisation des marches pacifiques visant à faire respecter correctement l’accord de la Saint Sylvestre.
« Ceux qui nous quittent aujourd’hui ont un nom. Ils ont un âge. Ils ont un visage » aura été la triste introduction de l’oraison funèbre du coordonnateur du comité laïc de coordination, le professeur Thierry Mlandu réapparu après un long moment de clandestinité étant recherché avec tous les membres de son comité par la justice Congolaise.
« Oui, papa, aujourd’hui la police a tué sa propre fille, elle qui a toujours tiré sur les enfants des autres ;
Oui, papa, tous les officiers comme toi, dans tous nos camps militaires et de la police, ne savent plus à qui adresser les condoléances. Mais au-delà de ces instants de douleur, ma mort cherche quelques réponses à mes interrogations :
– Qui dans vos services, donne des armes de guerre pour encadrer des marches pacifiques ? Dis -moi qui ,papa ?
-Qui dans vos services distribuent, comme des petits pains, ces munitions qui tuent ? Dis-moi papa ?
-Qui dans vos services donnent des ordres de tuer, après avoir pourtant donné des assurances que les bavures d’hier ne se reproduiraient plus ?
Je suis morte, mais je ne te quitterai que lorsque tu auras répondu à mes interrogations. C’est alors que je pourrai les partager avec mes compagnons d’infortune. C’est alors que nous cesserons de hanter les esprits de tous nos pères, tes collègues de la police, de l’Armée et des services de renseignements. Car, au moment où je te parle, je suis toujours là, ma tête sur tes jambes jusqu’à ce que tu me déposes, endormie, sur un lit.
Tu resteras toujours mon père adoré. Je t’aime » , aura été les mots justes bien choisis et prononcés par le professeur Thierry Mlandu qui n’a pas manqué de faire couler les larmes de certains chrétiens et politiques présents à la messe sachant bien que la jeune aspirante religieuse, fille d’un major policier devrait être portée en terre ce vendredi même.
Ce mois de février reste déterminant pour l’église catholique appelée à observer un moment de prière à la suite de l’appel du pape François à la faveur de la paix en Rdc.
Kapinga Wetu




















































