Après plusieurs mois de silence et de méditation, le député national Jean-Marc Kabund-A-Kabund était face à la presse, ce lundi, 18 juillet 2022, dans sa résidence, située au quartier Kingabwa, dans la commune de Limete.
Conséquemment à son divorce avec le parti présidentiel, l’élu de Mont-Amba a de prime abord annoncé à l’opinion tant nationale qu’internationale la création, ensemble avec d’autres congolaises et congolais, d’un parti politique, dénommé
« Alliance pour le Changement (A.Ch), un parti de gauche prônant la sociale démocratie et qui entend s’aligner dans l’opposition au régime actuel, incarné par le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Cela pour deux raisons principales, à savoir :
Primo, d’une part, l’absence d’une vision claire et d’un leadership convaincant dans le chef du Président Félix Tshisekedi et d’autre part, l’incompétence notoire et la mégestion institutionnalisée caractérisées par l’insouciance, l’irresponsabilité, la jouissance et la prédation au sommet de l’État ;
Secundo, la proposition d’une nouvelle offre politique que nous considérons comme alternative crédible à l’échec du régime Tshisekedi.
Le désormais Président national de l’Alliance pour le Changement déplore notamment le fait que le combat pour le changement mené autour de feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba se soit soldé par une alternance sans alternative.
(…) en tant qu’acteur, nous avons cru comme beaucoup d’entre-vous que le parti de la gauche congolaise fondé au prix de tant d’efforts et d’abnégation, sous la conduite du redoutable Etienne Tshisekedi wa Mulumba, d’heureuse mémoire, et dont nous sommes incontestablement l’héritier idéologique, tiendrait son rôle d’opérer le changement profond en vue de bâtir un Etat, pour sortir le peuple congolais de l’extrême pauvreté. Nous avons essayé en vain de rappeler à l’ordre, jour et nuit, celui avec qui nous avons pensé incarner ladite vision qui consiste à améliorer les conditions sociales de nos populations à travers une gestion orthodoxe de la chose publique, d’où la célèbre phrase « le Peuple d’abord ».
Hélas ! à l’absence d’une vision politique claire dans le chef du Président Félix Tshisekedi pour faire décoller le Congo, nous assistons malheureusement à des tâtonnements et des essais dans tous les domaines de la vie nationale. Aucun projet concret n’a été finalisé alors que les caisses de l’Etat saignent jour et nuit, en contradiction des principes sacrosaints et inviolables qui caractérisaient notre orientation politique en matière de gestion de la chose publique dont le socle est la bonne gouvernance et la redevabilité », a fustigé Jean-Marc Kabund. Et de poursuivre son autopsie de la gestion de la République post-alternance au sommet de l’État :
« Les promesses irréalisables sont considérées désormais comme mode de gestion, le mensonge, la manipulation comme vision de gouvernance, le détournement des deniers publics et la corruption comme mode d’exécution des projets. Tous les échecs constatés sont la faute des autres, une véritable fuite en avant et un mensonge d’Etat.
Le parlement de la République, temple de la démocratie, est désacralisé et devient le lieu à travers lequel le peuple assiste, contre sa volonté, à des scènes de règlement des comptes, de traitement des sujets sans pertinence aucune et celles des théâtres des clowns politiques ».
Pour lui, la diplomatie congolais n’est pas aussi agissante, comme on le proclame.
L’absence du leadership politique responsable au sommet de l’Etat a exposé le pays à une diplomatie de complexe et de complaisance sans anticipation aucune. De multiples voyages diplomatiques n’ont réussi à convaincre aucun Chef d’Etat et de Gouvernement en faveur de différentes causes de notre pays ».
Pour ce qui est de la sécurisation du territoire national, Jean-Marc Kabund déplore la mollesse des autorités congolaises face aux ennemis de la RDC. « La situation d’insécurité à l’Est du pays dont les ennemis sont connus et que nous avions eu l’occasion de dénoncer le dangereux rapprochement en son temps, est la preuve éloquente du déficit du leadership et des capacités à prendre des décisions fermes et courageuses en interne et vis-à-vis de ceux qui nous menacent pour apporter le soulagement à nos populations de l’Est tant meurtries.

Le désastre qui prévaut actuellement à l’Est du pays, dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, relève de la responsabilité première du Chef de l’Etat et de son Gouvernement », a-t-il fustigé.
Pour Jean-Marc Kabund, sa nouvelle formation politique en gestation constitue une force d’alternance alternative à la gouvernance actuel du pays.
« Cette offre politique que nous proposons à travers l’Alliance pour le Changement, consiste en la transformation de l’homme congolais la refondation de l’Etat, la mise sur pied d’un modèle économique et financier favorable au contexte congolais et la révolution sociale à travers une gestion rationnelle et raisonnable des richesses et ressources naturelles.
Nous visons l’amélioration des conditions de vie des populations congolaises à travers la création d’une classe moyenne ».
Tout en soulignant que l’organisation des élections périodiques, démocratiques, libres et transparentes est un gage d’une véritable démocratie, le désormais Président de l’A.Ch se dit opposé à tout glissement du calendrier électoral et à une éventuelle fraude électorale.
« En ma qualité de socio-démocratique, combattant de la liberté pour l’instauration d’un état de droit véritablement démocratique, je suis déçu de vous annoncer à travers ce point de presse que le régime Tshisekedi a décidé de mettre en péril la périodicité, la sincérité et la transparence des élections en préparant le glissement ainsi qu’en orchestrant une fraude massive au prochaines échéances électorales.
Le plan consiste en la création des plusieurs partis politiques malettes dans l’entourage du Président Félix Tshisekedi par les membres de sa famille et amis avec espoir de se voir distribuer des sièges au niveau de l’Assemblée Nationale et des Assemblées provinciales.
Et de marteler sur le même registre.
« De tout ce qui précède, j’avais dit au Président Félix Tshisekedi que ne pas organiser des élections libres, démocratiques et transparentes dans le délai constitutionnel en dépit du bilan largement négatif, trahirait notre idéal de combat, détruirait le mythe Etienne Tshisekedi et cracherait sur la mémoire de nos martyrs.
Eu égard à toutes ces révélations, il y a lieu de constater que les divergences persistantes de vues entre le Président TSHISEKEDI et moi-même avaient atteint un niveau de non-retour », a-t-il martelé.
L’ancien Vice-président de l’Assemblée nationale a également lancé un appel au peuple congolais pour dire non au retour de la dictature en RDC.
« Ici, je fais appel au peuple congolais, à tous ceux qui avaient cru au combat d’Etienne Tshisekedi de se mobiliser pour barrer la route à ce régime des irresponsables jouisseurs qui se définit comme antithèse du Tshisekedisme. Ne pas le faire a pour risque de pérenniser la souffrance et le maintien de la République Démocratique du Congo dans le sous-développement et avec péril de plonger le pays dans une guerre civile.
Comme vous le savez, nous avons aussi assisté à la reprise, petit à petit, des tares de dictature de triste mémoire. Le pays est en train de subir un recul démocratique honteux de restriction de libertés d’expression et le peuple assiste impuissant devant l’émergence d’une néo-monarchie constituée d’une classe des maffieux et fanatiques applaudisseurs.
On constate la flambée des arrestations des leaders d’opinion et des atteintes à la liberté de la presse avec des intimidations des journalistes dont certains sont contraints à l’exil. Il en est de même de l’usage abusif des services publics à des fins privées,le trafic d’influence par la résurgence des familles et personnes intouchables, la manipulation de la justice avec des dossiers montés de toute pièce pour écarter des adversaires politiques. Toutes ces antivaleurs sont des signes clairs de la dérive dictatoriale.
Sous ce régime, le peuple qui avait nourri l’espoir de voir une Nation s’établir après la passation pacifique et civilisée du pouvoir, a vu renaître les sentiments du tribalisme et du régionalisme », a-t-il plaidé.
Et de poursuivre : »
Quant à nous, notre responsabilité première sera celle de mobiliser le peuple souverain en vue de mettre fin à cette prédation qui s’est installé dans les Institutions du pays. Il est temps de sauver le bateau Congo avant qu’il ne chavire complètement avec son Commandant de bord qui le fait naviguer sans boussole ni repères.
Dans un monde en total bouleversement, dans les décombres d’une gouvernance au rabais, dans un paysage politique mouvant dans lequel tout est incertain, tout est sans cesse remis en question, nous devons imposer une révolution contre la prédation et l’amateurisme au sommet de l’Etat. Une révolution pacifique, démocratique mais une révolution, celle du bon sens car, si le peuple n’arrête pas cette prédation, elle ne s’arrête pas et l’hécatombe s’abattra sur le Congo », a conclu le nouvel opposant au régime de l’alternance
JR MOKOLO





















































