La présidentielle du 20 décembre ressemble de plus en plus à un affrontement en distance entre le tenant du titre, Félix-Antoine Tshisekedi, et l’un de ses challengers, Moïse Katumbi.
Sans pourtant minimiser les autres concurrents encore en lice, l’évidence saute aux yeux que le duel se joue et se jouera entre ces deux ténors, malgré le pléthore des candidats officiellement et initialement annoncé. Des 26 candidats au départ pour le fauteuil présidentiel, ainsi qu’ils étaient reconnus et validés par la cour constitutionnelle, aujourd’hui, il n’ya que 22.
À peine la campagne électorale venait de commencer que certains, comme de mouches, tombaient et se rétractaient en faveur de l’ex- gouverneur du Katanga. D’autres désistements sont en téléchargement pour l’un où l’autre camp.
Face à ce spectacle folklorique, la rédaction de politiquerdc.net s’est intéressée à l’envergure historique et politique des acteurs qui entourent principalement les deux candidats et surtout leur capacité de leadership tout comme de mobilisation populaire.
Camp Tshisekedi:
- Jean-Pierre Bemba Gombo – leader du Mouvement de Libération du Congo (MLC), ancien vice-président de la République (2003-2006) et ancien candidat président de la République aux élections présidentielles de 2006. Au-delà de son envergure nationale et de l’espoir qu’il suscite auprès du peuple, il contrôle par ce fait particulièrement l’espace ouest et centre du pays. Il est aussi tres populaire dans certaines provinces et villes de la partie orientale du pays ;
- Vital Kamerhe, président national de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) et ancien canditat président de la République aux élections de 2011 et 2018. Il fut également président de l’assemblée nationale (2006-2008). Il a de l’ancrage incontestable dans le grand Kivu, bien qu’il a certainement perdu quelques plumes dans une affaire judiciaire qui l’a finalement blanchi.
- Jean Michel Sama Lukonde, premier ministre. Il est le principal répondant du candidat Moïse Katumbi dans l’ex Katanga. Et la dernière mobilisation à l’occasion de l’arrivée mardi du président de la République à Lubumbashi illustre bien cette réalité ;
- Christophe Mboso, le président de l’Assemblée nationale et vieux routier de la politique congolaise issu du Grand Bandundu, il jouit d’une notoriété légendaire dans l’espace en question;
- Modeste Bahati, président du sénat et de l’AFDC. Il est également très écouté dans l’espace swahiliphone ;
- Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (Udps). Il incarne le leadership du parti présidentiel qui a pignon sur rue à travers le pays et surtout dans le centre;
- Des gouverneurs des provinces . Tous ceux-ci étaient membres de la coalition au pouvoir, l’union sacrée de la nation, ils sont tous mobilisés à la campagne de Félix Antoine Tshisekedi à travers les 26 provinces du pays;
- Les anciens présidents des assemblées provinciales et anciens dignitaires de l’ancien régime – tous où presque – se sont mobilisés en faveur de Tshisekedi.
Le président candidat, Félix Antoine Tshisekedi, s’est fait entourer des gabarits, des poids lourds amplement connus au niveau national et sur la scène internationale. - La diaspora : une bonne frange d’électeurs congolais pourra pencher la balance électorale cette fois-ci. En Belgique et en Afrique du Sud – pour ne citer que ces deux pays sur les cinq retenus pour le vote des Congolais de l’étranger – on a assisté à l’effervescence des nombreux partisans du président candidat.
Camp Moïse Katumbi :
1.Delly Sessanga, président d’un parti politique peu connu du grand public, Envol, il n’a jamais obtenu même 20 mille voies à la députation nationale. Il est sur la catégorie des politiciens peu crédibles dans l’histoire du Congo pour son inconstance et son infidélité;
- Franck Diongo, député national invalidé après les législatives de 2006, président d’un parti politique dont l’essentiel se résume à sa personne, n’a rien à proposer, car même dans la commune qui l’abrite – la commune de Kasavubu, à Kinshasa – le parti de F. Diongo est peu connu des habitants de cette municipalité ;
- Sept Kikuni, deux fois candidat président de la République (2018 et 2023). Il n’a jamais été élu même au niveau municipal. Il est connu uniquement dans son pavillon du marché central comme vendeur des chaussures ;
- Mwando Simba, c’est le seul ou presque dont le nom pèse dans l’espace katangais. Il est l’héritier politique d’un grand nom de la région, son défunt père Mwando Simba. Il a été élu député national et provincial;
- Augustin Matata, un ancien premier ministre sur les épaules duquel reposent plusieurs dossiers de détournement de deniers publics, notamment la fameuse affaire du parc agro-industriel de Bukangalonzo , venait à peine de créer un parti politique qui peine à sortir de l’anonymat. Il a élu député national de la ville de Kingu, son fief électoral, avec un peu moins de 20 mille voix, lors du dernier cycle électoral ;
- Lui-même Moïse Katumbi, président d’un parti politique récemment créé et peu connu du grand public, sans assise dans plusieurs pronvinces du pays.
On ne perdra certes pas de vue l’expérience qu’il a accumulée en tant que gouverneur, quoique ce fut à un niveau inférieur et provincial, mais surtout au suffrage universel indirect.
À l’échelle nationale et au suffrage national direct, il est encore novice.
Faudra-t-il oublier de mentionner qu’il est pratiquement entouré des acteurs dont on découvre à peine leur existence par l’opinion du Congo profond. Ce sont plus des individualités que des machines électorales que sont les partis politiques.
Si dans le camp de Tshisekedi, on constate les poids lourds, dans celui de Katumbi il n’en est pas de même, car il est entouré par des leaders territoriaux, ses anciens subalternes de son regroupement politique Ensemble pour le Changement.
Mathématiquement, Félix Tshisekedi est appuyé par des acteurs qui ont la capacité de mobilisation et d’ancrage politique plus que le candidat Katumbi et tous les charognards qui gravitent autour de lui, à part les multinationales. Il est à craindre que ces gens passent de nuits cauchemardesques au lendemain de la proclamation des résultats !
Aujourd’hui, le peuple congolais aspire à sa souveraineté sur tous les plans. Tshisekedi et ceux qui le soutiennent passent dans l’opinion comme des défenseurs de la patrie, de la souveraineté et de l’unité du pays. Alors que Katumbi est étiqueté dans l’opinion comme « candidat marionnette ».
A dire vrai, sauf la propagande médiatique gangrenée par la manipulation, Moïse Katumbi n’est pas un candidat idéal pour faire face à Félix Tshisekedi.
En attendant que cette projection ne soit confirmée dans les urnes le 20 décembre, tous les indicateurs semblent pencher pour la victoire du candidat n°20 et cela, de la plus belle manière.
Chronique de la rédaction





















































