Sur le pied des dispositions pertinentes de la loi électorale visant les irrégularités du déroulement des scrutins, en l’occurrence ceux du 20 décembre dernier, tout porte à croire que certains individus ayant porté atteinte à la loi sont susceptibles de subir la rigueur de celle-ci.
En effet, Dédé Kodoro, Izato Nzege, Nzangi et consorts, au regard des actes bien documentés dont ils seraient auteurs, sont susceptibles de tomber sous les coups des articles 87, 88, 89 et 99 de la loi électorale
Les faits infractionnels mis à leur charge sont graves. Les indices sérieux et concordants, répertoriés et dénoncés dans un mémorandum adressé au Président de la République en décembre 2023 par des « candidats pacifistes », ont conduit la Commission électorale nationale indépendante (CENI) à annuler purement les scrutins législatives et provinciales de la circonscription électorale de Yakoma lors de la proclamation des résultats provisoires et ceux de la présidentielle par la Cour constitutionnelle lors de la proclamation définitive des résultats de la présidentielle. Cette litanie des faits infractionnels sont de nature à entrainer de conséquences pouvant à aller jusqu’à l’invalidation pure et simple des candidats auteurs de tels forfaits. À en croire des sources bien introduites, Denis Kadima gèle cette décision pour des raisons qu’il est seul à savoir. Et pourtant, à Masimanimba les sanctions sont tombées, emportant même une ministre en fonction. À côté d’elle, il y a eu l’invalidation du président du Conseil d’administration de la Régie des voies aériennes (RVA).
Rappelons qu’en date du 20 Décembre 2023, à Yakoma, jour des scrutins combinés, ce fut un mercredi sombre pour les habitants de ce coin de la République. Et pour cause? Des hauts fonctionnaires de l’État et candidats députés nationaux tout comme provinciaux, se sont livrés à des actes de fraudes, de corruption, discréditant ainsi les opérations de vote, en se faisant anarchiquement réélire pour certains, parmi lesquels le député national et administrateur de la Société nationale d’électricité (SNEL), Dédé Kodoro, le Président du conseil d’administration de la Caisse de péréquation…. Izato Nzege Koloke, le député national Nzangi ainsi que les candidats députés provinciaux appartenant à leurs partis et regroupements politiques.
Il est reproché aux individus nommément cités des faits infractionnels susceptibles de déboucher devant les juridictions compétentes sur la sanction d’invalidation de leurs candidatures et la peine privative de leurs droits civils et politiques pour les 6 prochaines années.
À lire le memorandum des « candidats pacifistes », l’administrateur de la SNEL et deputé national, Dede Kodoro, a incité la population à la violence, précisément dans les groupements Bira et Birembe où il est originaire. Il a même été rapporté qu’il aurait armé son jeune frère.
« Chez lui dans le groupement Bira et Gembere, un mot d’ordre a été donné, « Dede et ses provinciaux Yangangia, Alahombisonyi et Kengba Dukpu ou rien ». Ceux qui oseraient voter pour quelqu’un d’autre en paieraient le prix. C’est ainsi que le candidat GOLOTE a été tabassé pour avoir tenté de voter pour le candidat Keba. Au lendemain, les miliciens de l’homme qui se croit au-dessus des lois, ont fait irruption dans la résidence de leur victime de la veille, pour continuer leur sale besogne, allant jusqu’à la destruction méchantes des biens de cet électeur dont le seul péché est d’avoir exercé son droit politique: c chaises et tables cassées, sans épargner sa maman », peut-on lire dans ce memo de plus de 5 pages.
Par ailleurs, l’honorable Dede Kodoro est accusé par les « candidats pacifistes » d’avoir armé, une milice qui a semé intimidation, panique et produit des scènes de violence digne d’un western américain.
« Le candidat Dede Kodoro a armé ses miliciens parmi lesquels son petit frère Bakita, appréhendé au village Dangbe poursuivant Songba, le Chef de Centre de vote de Dangbe. Il a menacé les électeurs avec son arme. Heureusement que les jeunes ont reussi à récupérer cette arme pour la remettre au chef du village qui, à son tour, la présentera au procureur près le Tribunal de Paix de Yakoma ». Au villages Kaya et Mbase, c’est le Proved Yatungu qui a semé la terreur, muni d’une arme à feu : « L’instigateur de menaces, coups et blessures volontaires s’appelle Yatungu, PROVED de son état. Il a semé la terreur, tenant une arme à feu dans les centres de l’EP Kukuta au village Mbase et Konde Kanza village Kaya. »
Des faits des corruption et appels à la violence sont également recensés à charge du candidat député Dede Kodoro. « À l’Ecole primaire Yanzo de Duranga, le chef de groupement Ngalakpa distribuait la drogue, l’alcool de contrebande dit Agene mélangé à du Tramadol à la jeunesse pour l’exciter à la violence », pendant qu’à « l’Ecole primaire Ngbangazua, Léa Dede, cheffe d’antenne de SECOPE et cheffe de centre, petite sœur du candidat Dede a chassé tous les témoins du Centre de vote et tout le vote a été orienté vers Dede et ses provinciaux. »
De son coté, le candidat député national, Nzangi, a terrorisé la population avec « sa milice » et des agents de la CENI, membres de son parti politique.
« Le candidat Nzangi – via sa milice – a mis en place un dispositif pour terrorisant les électeurs ; une violence rare a été observée : Dans le groupement GINI et la cité de Yakoma, une machine par bureau de vote a été retirée en sa faveur. Des sommes d’argent ont été remises à ses témoins. Cet argent a servi à l’achat de conscience des électeurs dans toute l’étendue du groupement GINI et la cité de Yakoma ; Au lycée Mama Leona, le président du centre, monsieur Liévin Yangazalo, est cadre du parti RP du candidat Nzangi. Dans ce centre, une machine était bloquée alors que la journée, personne n’avait voté dessus. Au dépouillement toutes les machines ont été comptabilisées y compris celle qui n’avait pas fonctionné. »
Le candidat malheureux aux élections de 2018, ancien gouverneur de la Province du Nord-Ubangi et Président du conseil d’administration de la caisse de péréquation a posé les actes dignes d’une rebellion, selon le groupe de « députés pacifistes ».
« Le candidat Izato, en complicité avec la DGM, a menacé l’intégrité territoriale de la République en faisant entrer du 18 au 20 décembre un millier des mercenaires originaires de la République Centrafricaine qui ont voté pour lui. Parmi eux, on peut recenser des rebelles Seleka et Anti-Baraka (…) Izato est allé aux villages Gomba, Limasa, Lidoli et Gbengo. De connivence avec les chefs coutumiers corrompus, ils ont déclaré que Izato et ses provinciaux Koyibe, et Bembide Max étalent leurs seuls candidats et que toute personne citant le nom d’un autre candidat sera molestée ».
Plusieurs cas sde fraude ou de corruption, incitation à la violence sont reprochés à ces candidats et d’autres ; des faits dignes des sanctions prévues dans les articles 87, 88, 89 et 99 de la loi électorale que la CENI devrait appliquer avant d’appeler à nouveau les électeurs aux urnes dans ce coin du pays.
Basato Ebubu Kabwanga






















































