Lors d’une conférence de presse organisée ce vendredi 26 avril 2024 au centre CEPAS, le fonds au profit des victimes a exprimé sa satisfaction après la cérémonie de clôture du dossier sur le massacre du village Bogoro, situé dans la province de l’Ituri, par Germain Katanga le 24 février 2003.
Plusieurs invités de marque ont assistés à ce tête à tête avec la presse Congolaise, notamment maître Nzita, l’un des membres du fonds au profit des victimes qui, devant les chevaliers de la plume, a fait le point sur cette affaire datant de plusieurs années, opposant le procureur contre M. Germain Katanga.
<< La présente cérémonie est relative à la clôture d’un dossier à la cour pénale Internationale. Il s’agit du procureur contre M. Germain katanga. Cette affaire concerne une attaque qui avait eu lieu le 24 février 2003, au cours de laquelle un village nommé Bogoro, dans la province de l’Ituri a été complètement rasé, la population massacrée. Le village était transformé en ville fantôme. Cette attaque avait tout emporté et il y avait plus de 200 morts. Finalement, la République démocratique du Congo avait saisie la CPI pour s’occuper de cas des massacres qui sévissaient à l’Est, et cette affaire a abouti à un jugement de condamnation de Germain katanga », a déclaré Maître Nzita. Avant d’ajouter : « Près de 300 personnes ont été reconnues par la chambre comme étant les victimes de cette attaque, et ces dernières ont eu droit à la réparation. Donc il y a eu un jugement de condamnation de Germain Katanga à 12 ans de prison suivi d’une ordonnance des réparations qui accorde aux victimes des dédommagements pour tout ce qu’elles ont eu à subir et un fonds au profit des victimes leur a été octroyé. Le dossier s’est terminé en octobre de l’année passée et les victimes ont eu droit à une cérémonie de clôture. La cérémonie d’aujourd’hui les a beaucoup honorées parce qu’ils ont attendu longtemps cette reconnaissance et là, ils ont eu droit à la présence de la communauté internationale dont les bailleurs des fonds que sont l’Allemagne et les Pays-Bas. Les autorités congolaises sont venues les encourager. >>
De son côté, maître Masida, l’une des intervenantes de cette journée a à son tour fait savoir l’importance de cette cérémonie qui a eu lieu dans la ville de Bunia, chef-lieu de l‘Ituri, où les membres du fonds au profit des victimes se sont rendus, dans le but de soutenir toutes les personnes victimes de ce crime injuste.
» Il faut savoir que la cérémonie a été essentiellement divisée en deux parties notamment la partie institutionnelle, et la seconde partie qui a été centrée sur les victimes dans ce processus. Je pense que la 2e partie c’est ce qui a le plus plu aux victimes qui ont participé pour deux raisons: la première parce qu’elles ont pu finalement voir que leurs souffrances ont été reconnues par les autorités internationales et nationales qui sont allés jusqu’à Bunia pour les visiter. Et deuxièmement, l’aspect que je considère comme importante dans cette cérémonie, est la possibilité que les victimes ont eu de pouvoir avoir un dialogue avec le juge qui a présidé la chambre qui a octroyé réparation aux victimes. C’est ce que je considère comme un échange très enrichissant des deux côtés, parce qu’après 6 ans, ça a permis d’établir cette relation de reconnaissance », a-t-elle déclaré.
Maître Masida espère et reste convaincue que ce geste de réparations des victimes n’est qu’un premier événement. » Ça ne doit pas être un évènement ou on a constaté que les victimes particulièrement en Ituri, en République démocratique du Congo, doivent encore être au centre de la justice et au centre des projets de réparation et j’espère vraiment que ça ne sera pas un cas isolé d’avoir le soutien national et international, et le support du fonds au profit des victimes et donneurs pour les victimes en Ituri. », souligne t-elle.
Le fonds au profit des victimes a remis une somme chiffrée à près d’un millions de dollars américains aux victimes, suite au financement qui a été assuré par 3 Bailleurs de fonds que sont entre autre l’Allemagne, la Belgique, et les Pays-Bas.
Enfin, le juge Perrin, celui qui a été chargé de l’ordre de réparation, a précisé dans son intervention que d’autres processus de réparation des victimes sont en cours, entre autres celui qui cible les crimes de guerre commis par Bosco Tanganda, Thomas Lubanga et autres, dans la partie Est de la République démocratique du Congo.
» Il y a d’autres processus qui sont devant nous, s’agissant des crimes commis par Tanganda, Lubanga, et nous nous réjouissons que l’équipe qui a travaillé de manière excellente, dans la période récente puisse continuer à travailler sur ces nouvelles réparations en Ituri », a-t-il précisé dans son allocation.
Pour rappel, Germain Katanga, ancien chef de la milice FRPI, a été condamné en 2014 à 12 ans de prison par la Cour Pénale Internationale « CPI », pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis au village Bogoro en Ituri.
Japhet Punzu
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