Que cache les yeux doux du pouvoir de Kinshasa face à l’Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS ?
La question taraude bien les esprits de tout analyste indépendant. Et, la rédaction de politiquerdc.net, s’est vue dans l’obligation de réfléchir sur cette question.
En effet, il n’y a pas de fumée sans feu,dit-on.
La question du probable rapprochement politique entre le pouvoir et l’UDPS/ Tshisekedi se chichote depuis quelques semaines dans certains milieux politiques de Kinshasa. Les choses ont pris une vitesse considérable à partir de l’organisation du conclave de « Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi le mois de mars dernier à Johannesburg en Afrique du Sud. Depuis, l’on constate un certain changement de climat politique entre le pouvoir en place et le parti phare de l’opposition politique Congolaise.
Figurez-vous , alors que le régime se faisait passer en véritable « bourreau » du parti de limete au lendemain du dialogue de la Saint Sylvestre qui avait débouché, notamment par le débauchage de certains cadres de l’UDPS à l’image de Bruno Tshibala, ce dernier qui n’avait même pas hésité d’organiser et certainement avec la bénédiction nocturne des laboratoires de la Kabilie un congrès de ce parti , se faisant passer pour héritier et successeur valable d’Etienne Tshisekedi au trône de l’UDPS, les indicateurs montrent de plus en plus une harmonie politique entre le camp politique de Joseph Kabila et celui de Félix Tshisekedi.
Acte 1.
Sur le plan médiatique, contrairement aux mois passés, tous les communicateurs de la majorité autres fois hostiles à la famille politique de feu sphinx de limete sont devenus très modérés vis-à-vis de l’UDPS. Personne n’ose parler ,ni attaquer Félix Tshisekedi. Toutes les attaques politiques sont désormais orientées contre Moïse Katumbi.
L’ancien Gouverneur du Katanga semble devenir une proie à abattre à moindre occasion.
Acte 2:
la reconnaissance du label UDPS au profil de la 10e rue limete par le CNSA,conseil national de suivi de l’accord en défaveur du groupe de Bruno Tshibala;
Acte 3.
La victoire judiciaire de l’UDPS contre les partisans du premier ministre devant le tribunal de paix de matete;
Acte 4.
La signature ce samedi 21 avril 2018 du protocole d’accord entre le gouvernement , la famille politique et biologique de feu Étienne Tshisekedi en vue du rapatriement du corps pour les obsèques à Kinshasa, constituent une Illustration parfaite de ce climat de convivialité politique entre les deux parties.
Autre fait, dans son discours d’ouverture de la session ordinaire de mars 2018, à la faveur de la decrispation politique et conformément à l’accord du 31 décembre 2016, le président de l’Assemblée nationale avait aussi relevé la nécessité du remplacement du délégué de l’UDPS à la CENI. Un discours apprécié à sa juste valeur le 15 mars dernier par certains cadres de la fille aînée de l’opposition politique Congolaise, même si en pratique rien a été fait jusque là.
Il y a une semaine,des rumeurs faisaient état d’une probable nomination de Félix Tshisekedi au poste de premier ministre pour remplacer Bruno Tshibala à la prestigieuse primature de l’exécutif national.
Une rumeur dementie quelques jours après par Félix Tshisekedi, disant qu’il n’était pas demandeur de poste.
Oui ! certes,non demandeur de poste, mais Félix Tshisekedi n’avait pas non plus dit clairement , s’il n’était pas aussi preneur du poste. Ce qui est réel , son communiqué avait insisté sur le respect intégral de l’accord de la Saint Sylvestre.
Il convient de noter que le respect de l’accord selon la logique du rassemblement des forces politiques et sociales , c’est le fait, notamment pour le président Joseph Kabila de nommer un premier ministre qui sera officiellement désigné par l’UDPS/Tshisekedi ( Rassop/limete).
Decrispation où stratégie politique ?
C’est depuis près d’une année que la classe politique de l’opoposition a toujours réclamé l’application intégrale de l’accord signé sous l’égide des évêques catholiques. Et, d’ailleurs, suite à la lenteur constatée dans la mise en œuvre globale dudit accord,le Comité Laïc de coordination de l’église catholique avait organisé successivement des marches pacifiques les mois de décembre 2017 et janvier ainsi que février 2018 à travers toute l’étendue du pays. Question de pousser Joseph Kabila à honorer les différents engagements conclus lors des assises de la CENCO. Jusque là, aucun résultat satisfaisant n’avait été enregistré sur le terrain à la hauteur des attentes des acteurs politiques du rassemblement limete et de l’église catholique.
Pourquoi un tel changement ?
Pour certains observateurs de la vie politique Congolaise, deux raisons peuvent justifier ce qui paraît aux yeux de l’opinion comme un certain rapprochement entre l’UDPS/Tshisekedi et le régime Kabila.
1. Le chef de l’Etat Congolais aurait compris que pour en finir avec Moïse Katumbi, il serait mieux de faire des yeux doux à Félix Tshisekedi en répondant positivement aux intérêts politiques de la 10e rue limete ;
2. Soupçonné par une certaine opposition de n’avoir pas toujours la volonté politique d’organiser les élections au 23 décembre prochain, le pouvoir chercherait à revenir au vrai sens de l’application de l’accord ,en nomant un nouveau premier ministre désigné par le rassemblement/limete ,afin de faciliter un énième glissement.
De deux hypothèses relevées ci-dessus , la deuxième est la plus mauvaise et dangereuse qui sonne dans les oreilles de l’opinion publique.
En effet, si l’UDPS arrivait à céder au piège du régime en acceptant le poste de premier ministre afin d’occasionner le report des élections , ceci serait perçu comme un acte de « haute trahison » politique impardonnable.
La politique étant dynamique,Félix Tshisekedi et son parti prendront-ils le risque de trahir le peuple congolais ? Ce peuple qui ne jure qu’à l’alternance politique de toutes les institutions politiques qui sont toutes hors mandats ?
L’avenir nous le dira plus !
politiquerdc.net




















































