Le communiqué du ministre d’État chargé de la justice, Constant Mutamba, est intervenu quelques heures après la diffusion sur les réseaux sociaux des invitations, de manière séparée, de Aubin Minaku, premier vice-président du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), et de Emmanuel Ramazani Shadary, Secrétaire permanent de cette même formation politique de l’opposition.
Ces deux proches de l’ancien chef de L’Etat congolais et sénateur à vie, Joseph Kabila, sont invités à se présenter lundi 10 mars 2025 auprès de l’Auditeur de la cour militaire supérieur garnison de la Gombe pour « éclairer la justice ». Rien n’a été encore précisé concernant la lumière voulue par la juridiction militaire. C’est seulement à travers le communiqué publié vendredi soir par le ministère de la justice que l’on a appris qu’il s’agit de l’éclairage, sans plus de détails, sur cette invitation à la justice militaire.
« Son Excellence Monsieur le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux annonce l’ouverture, à compter du jeudi 13 mars 2025, des procès des Officiers Supérieurs des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) accusés d’avoir abandonné leurs positions face à l’ennemi, laissant derrière eux armes, munitions, matériels militaires ainsi que des blessés, notamment dans les villes de Goma et Bukavu », fait savoir le communiqué.
Et ce, avant de poursuivre : « Il (ministre de la justice, ndlr) annonce en outre les interpellations et auditions de certains hauts cadres du PPRD soupçonnés de complicité avec le mouvement terroriste de l’AFC/M23 ».
Précisant en conséquence, que « tous les hauts responsables interpellés font l’objet d’une interdiction formelle de quitter le territoire national jusqu’à nouvel ordre ».
Tout récemment, Aubin Minaku et Emmanuel Ramazani Shadary ont affirmé, lors d’une matinée politique de leur parti, qu’ils avaient reçu l’ordre de leur président de ne plus continuer les actions dans la clandestinité, mais de s’afficher désormais publiquement.
Cette déclaration a suscité des réactions au sein de la classe politique. Nombreux ont assimilé cette prise de position à une certaine complicité avec les agresseurs du pays.
Lors d’un meeting populaire à Kikwit, dans la province de Kwilu, l’ancien vice-président de la République, Jean-Pierre Bemba, d’un ton ferme, a accusé Joseph Kabila d’être derrière la milice Mobondo et de financer les terroristes du M23, affirmant détenir des preuves nécessaires.
Plusieurs cadres du PPRD ont rejoint en 2024 les terroristes du M23, soutenus par le Rwanda.
Inscrite dans le contexte du moment, la similitude des faits en charge des deux proches de Kabila mériterait qu’ils précisent leur pensée voire apporter des éclaircissements devant la juridiction militaire.
Rédaction






















































