Chaque matin, les rues de Budjala, territoire situé dans la province du Sud-Ubangi, offrent un triste spectacle : de jeunes élèves, certains âgés d’à peine six ans, ployant sous le poids de fagots de bois qu’ils doivent apporter à leurs écoles. Cette pratique, devenue courante, choque de nombreux habitants, qui dénoncent une forme de maltraitance passée sous silence par les autorités.
Henry Manzi, un parent en colère, ne cache pas son indignation : « Ces enfants, âgés de 6 à 12 ans, partent seuls en forêt, sans accompagnement, pour chercher du bois. C’est inadmissible ! », s’exclame-t-il.
Dans plusieurs écoles de la sous-division de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté(EDU-NC) Budjala 1, les élèves sont tenus d’apporter du bois pour répondre aux besoins des enseignants. Pourtant, ni les autorités éducatives ni les organisations non gouvernementales(ONG) chargées de la protection des enfants ne semblent réagir face à cette situation alarmante.
Malgré l’existence de lois nationales et internationales interdisant l’exploitation des enfants, le phénomène perdure. Les associations locales de défense des droits de l’enfant restent silencieuses, tandis que les services de l’éducation nationale et de la nouvelle citoyenneté ne prennent aucune mesure pour mettre fin à cette pratique.
Certains parents et enseignants justifient cette obligation par le manque de ressources des écoles rurales. « Il n’y a pas de moyens pour acheter du bois de chauffage, alors on demande aux élèves d’en apporter », explique un enseignant sous couvert d’anonymat.
Face à cette réalité, de nombreuses voix s’élèvent pour interpeller les autorités. « Nous demandons aux responsables de l’éducation de Budjala d’agir immédiatement. Nos enfants ne doivent plus être traités comme des travailleurs forcés », insiste Henry Manzi.
Les ONG et les services compétents sont également appelés à intervenir pour assurer la protection de ces élèves et veiller à ce que leur droit à l’éducation ne soit pas entravé par des obligations abusives.
Le silence des autorités face à cette situation pose une question cruciale : combien de temps encore ces enfants devront-ils sacrifier leur innocence pour un système éducatif qui semble les oublier ?
Correspondance de Honoré Eyenga






















































