Dans une sortie médiatique visiblement préenregistrée et diffusée vendredi soir sur youtube, l’ex président de la République Démocratique du Congo et sénateur à vie dont les immunités ont été levées jeudi par ses collègues sénateurs, après examen du réquisitoire de l’Auditeur général près la Haute Cour militaire, s’est affiché en opposant farouche contre le régime du président Félix Antoine Tshisekedi.
« Le Congo vaut mieux que la caricature qu’en donnent ses dirigeants actuels », a-t-il lancé.
Tout en énumérant les quelques maux lesquels, selon lui, traduisent la mauvaise gouvernance actuelle, Joseph Kabila s’est voulu un donneur de leçon, se permettant au passage, de glisser quelques phrases qui ne trompent sur ses réelles intentions. À en croire de certaines réactions glanées ça et là , certains passages de son discours laissent penser que l’homme voudrait rééditer le scénario de 1997 avec l’AFDL pour tenter de « sauver le pays contre la dictature ».
« Militaire,
j’ai juré de défendre la patrie jusqu’au sacrifice suprême. Hier au pouvoir, aujourd’hui en dehors du pouvoir, je demeure plus que jamais fidèle à ce serment », c’est le bout de phrase lâché par l’ancien chef d’État.
« En ce moment où le pays est de nouveau divisé, appelé par le destin, j’ai le devoir d’œuvrer à la recherche de la paix … », a-t-il ajouté.
Ce bout de phrase témoigne effectivement de « l’engagement de M. Kabila de déstabiliser les institutions légalement établies en RDC », estiment les analystes.
C’est une façon claire de passer aux aveux des faits ayant justifié la levée de ses immunités. Il promet de se rendre prochainement à Goma. Il a jeté vendredi soir le masque et ses partisans auront du mal à nier ses intentions belliqueuses.
Comme un hôpital qui se moque de la charité, l’homme au palmarès macabre sans pareil verse les larmes de crocodile en parlant de violation des droits humains pour s’octroyer un certificat de virginité dans ce registre. Qui oubliera les meurtres de masse de Kamwena Sapu et l’assassinat des deux experts de l’ONU, ceux de partisans de Bundu dia Kongo et de Floribert Chebeya ainsi que Fidèle Banzana, les fosses communes de Maluku, la répression sanglante des manifestations pacifiques de 2016 ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes, notamment à Rossy Tshimanga Mukendi et de Thérèse Kapangala, pour ne citer que ces cas.
Sur le plan économique, Joseph Kabila s’est vanté d’un bilan satisfaisant au moment de quitter le pouvoir, mais il est amnésique pour ne pas ajouter qu’arrivé en bottes de caoutchouc une dizaine d’années auparavant, il est aujourd’hui multimilliardaire, propriétaire de plusieurs et vastes domaines, rappellent certains observateurs de la société. Kingakati est le symbole de cet insolent et rapide enrichissement, sans cause.
Pour des analystes avertis, sur le plan politique, Kabila est mal placé pour parler d’élections truquées, car tous les Congolais le savent, il a piétiné aussi bien en 2006 qu’en 2011, la volonté populaire. En 2006 par exemple , il s’est fait proclamer vainqueur de ces scrutins dans un char de combat. La RDC est devenue la risée du monde entier à cause de l’usage de la fraude électorale comme mode d’accession « démocratique » au pouvoir.
Quant à l’armée prétendument républicaine, Kabila ne doit pas prendre les congolais pour des nigauds ou des amnésiques. C’est lui qui a injecté le venin de la désorganisation des FARDC, en imposant disproportionnellement un nombre impressionnant d’officiers rwandais au sein de l’armée nationale par des opérations de brassage et de mixage. L’administration et d’autres segments de la vie sociale n’ont pas été épargnés.
En un mot comme en mille, tous ces prétextes sont insusceptibles de justifier l’invasion de la RDC par le Rwanda, masqué derrière le M23 autrefois CNDP, descendant du RCD dont l’ancêtre n’était autre que L’AFDL dans les valises de laquelle Joseph Kabila est arrivé au Zaïre.
Rédaction






















































