Le gouvernement de la République démocratique du Congo rejette la proposition d’une éventuelle rencontre entre les acteurs politiques et le mouvement terroriste M23-AFC, proposée par l’ancien Président Sud-africain, Thabo Mbeki, en rapport à un possible retour de la paix dans l’est du pays. C’est le Ministre de la communication et médias, porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui l’a fait savoir, lors d’une interview accordée jeudi à l’Agence congolaise de presse. En effet, le gouvernement congolais reproche au successeur du president Mandela ses déclarations et ses prises de position favorables aux forces négatives, responsables de massacres de masse et pillages dans la partie orientale du pays.
«D’abord, c’est une main mal placée, connaissant ses positions qu’il a clairement exprimées, je ne voudrais pas le rappeler ici. Et cette attitude n’est pas de nature à contribuer pour le retour de la paix, parce que, lorsque déjà on fait mal le diagnostic, ou on prend faits et causes pour ceux qui ont tué par milliers, pour penser vouloir occuper Goma, et continuer d’ailleurs jusqu’à aujourd’hui de faire une gouvernance par crimes. Vous voyez tous les jours les crimes que nous recensons, les congolais qui sont massivement en train de quitter Goma parce qu’ils n’en peuvent plus d’être étouffés dans leur liberté fondamentale. Et nous pensons véritablement que, quelles que soient ses intentions, ça ne nous intéresse pas. Il n’y a aucune personnalité dans les institutions actuelles ni le conseiller spécial du Président de la République ni le Président de l’Assemblée nationale qui pourra participer à ces discussions», a déclaré le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
Par la même occasion, M. Muyaya a éclairé l’opinion sur plusieurs sujets d’actualité, notamment le dialogue inclusif proposé par les confessions religieuses, les tensions autour des obsèques d’un colonel des forces armées de la RDC à Uvira, chef-lieu provisoire de la Province du Sud-Kivu.
Concernant justement les tensions à Uvira autour des obsèques d’un colonel appartenant à un groupe ethnique de Banyamulenge, le porte-parole du gouvernement a lancé un appel au calme et au vivre-ensemble.
« C’est une invitation que nous faisons aux uns et aux autres, de considérer que nous devons vivre ensemble, en communauté, quelles que soient les origines des uns et des autres. Je dois rappeler que le colonel Munyamulenge, si je dois l’appeler ainsi, est un colonel des Fardc (Forces armées de la RDC). Et donc, il n’y a pas de besoin qu’autour de ses obsèques, qu’il y ait des situations de cette nature-là. C’est ici l’occasion d’inviter les uns et les autres à l’apaisement», a-t-il exhorté.
Quant au dialogue inclusif proposé par les confessions religieuses, le ministre de la communication a rappelé « l’importance de deux processus » déjà en cours, notamment l’accord signé à Washington avec le Rwanda, et la déclaration de principe signée à Doha, où les pourparlers doivent se poursuivre avec le mouvement rebelle AFC/M23.
« Aujourd’hui, le Président de la République, dans son rôle de garant du bon fonctionnement des institutions à travers l’article 69, pourra examiner dans quelle mesure ceux-ci peuvent venir en appui à ce qui se fait à Washington et à Doha. Je rappelle que l’origine de la crise est d’abord sécuritaire du fait de l’agression du Rwanda. Et les questions principales liées à cette situation d’agression ont déjà plus au moins trouvé la solution sur papier, en parlant de l’accord de Washington, et nous aurons une solution sur papier bientôt, par rapport au processus de Doha. Ce n’est qu’après qu’on pourra voir éventuellement, sur la base de ce qu’on aura obtenu comme solution de ce côté, comment, en interne, à la suite des consultations qui ont été initiées par le Président de la République, intégrer les propositions qui émanent des confessions religieuses notamment, l’implémentation de la feuille de route qu’ils ont proposé il y a quelques jours», a-t-il indiqué
Avec l’ACP






















































